Un contexte complexe pour l’industrie automobile préside au vingtième anniversaire du Pôle Véhicule du Futur que celui-ci célèbre en ce mois de juillet. Le pôle de compétitivité poursuit toutefois ses actions d’accompagnement des entreprises du secteur, pour les aider à prendre le virage de l’électrification ou encore à diversifier leurs activités.

En 2005, le Pôle Véhicule du Futur était créé : une structure labellisée « pôle de compétitivité », au service de la filière automobile et mobilités, en Alsace et Franche-Comté. Vingt ans plus tard, il s’est étendu aux deux nouvelles régions Bourgogne Franche-Comté et Grand Est, et compte environ 500 adhérents : entreprises de la filière, mais aussi collectivités, organismes de formation, structures de la recherche publique.

Il les accompagne à travers différentes actions : « Nous mettons en relation les acteurs industriels, académiques et de la recherche afin que puissent émerger des projets d’innovation, détaille Thierry Tournier, président du Pôle Véhicule du Futur (PVF), et à travers différents programmes  et rencontres, nous accompagnons la filière dans sa transformation. »

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En deux décennies, les enjeux auxquels cette filière est confrontée ont largement évolué : la question des filtres à particulesdes moteurs diesel a laissé place à celles de l'électrification, de la digitalisation, de l’intelligence artificielle… Des thématiques transversales demeurent cependant : gestion des compétences, formation, recrutements…   « La filière est aujourd’hui fortement chahutée », reconnaît Thierry Tournier.

« Au cours des cinq premiers mois de 2025, le marché de l’automobile a connu une baisse de 8 % », confirme Bruno Jamet, directeur innovation et projets au sein du PVF. Les véhicules électriques sont à peine moins affectés par cette diminution (- 7 %) : leur part de marché continue de croître, mais très doucement, ave un point gagné en un an, à 18 % en  2025. Dans ce contexte, le PVF souhaite jouer un rôle-clé pour accompagner les différents acteurs dans ce « virage de l’électrification » : « Ils doivent le prendre à marche forcée, car la réglementation européenne ne laisse pas d’autres perspectives », constate Thierry Tournier. En effet, l’Union européenne a acté l’interdiction de la vente de véhicules à moteurs thermiques d’ici 2035.

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Ligne de montage chez Stellantis à Sochaux (Doubs), l'incontestable poumon de la filière dans la région. © Traces Ecrites


Pour Ludovic Party, directeur filière et excellence opérationnelle du pôle, plusieurs leviers pourraient permettre à l’industrie européenne de tirer son épingle du jeu dans cette course à l’électrification, notamment face à la concurrence asiatique : la production et la vente de véhicules abordables pour un maximum de foyers, à des prix compétitifs, mais aussi des réglementations favorisant la production locale, y compris par des constructeurs non européens.   

Alternatives à l’électrique et diversification  

Une clause de revoyure de la directive européenne est cependant en discussion. En ce sens, le Pôle Véhicule du Futur étudie d’ores et déjà des solutions innovantes qui « ne font aujourd’hui pas partie de ces textes », remarque Thierry Tournier, parmi lesquels les carburants décarbonés ou l’hydrogène. En outre, le président du pôle préconise de « ne pas se focaliser sur le marché européen : il y a d’autres continents, au sein desquels les directives européennes ne s’appliquent pas. Ce n’est pas la fin du thermique », assure-t-il.

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Lisi adapte ses usines de fixation du Nord-Franche-Comté à l'électrification des véhicules. © Lisi Group


Que la voiture soit 100 % électrique ou non, l’équipe du PVF croit ainsi en l’avenir de l’industrie automobile européenne. Mais elle est lucide quant aux risques de dépendance de l’automobile, et se montre proactive pour l’empêcher. Tel est le sens de ses offres d’accompagnement des adhérents dans des stratégies de diversification, y compris moins immédiates en terme de champ  : « On s’autorise à regarder au-delà des filières automobiles, mentionne Thierry Tournier, comme la filière hydrogène, ou les mobilités en général, ou encore vers la défense ou l’aéronautique. » Autant de secteurs qui requièrent des compétences parfois proches de celles mobilisées dans l’industrie automobile.  

Malgré le contexte politique et budgétaire lui aussi chahuté, l’Etat, les régions Bourgogne Franche-Comté et Grand Est, principaux financeurs du Pôle, rejoints par les collectivités et les adhérents, lui maintiennent leur soutien. « Les collectivités sont au fait de l’importance de la filière dans nos régions », souligne Bruno Grandjean, le directeur du PVF. 

BF

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