La Caisse d’épargne Bourgogne-Franche-Comté maintient sa stratégie d'ancrage local. Elle ne ferme pas ses agences, renforce sa proximité auprès des particuliers comme des acteurs publics et privés, affirme son intention de continuer de prêter et de s’engager davantage encore dans le financement de la transition écologique. Sans sacrifier à l'obligation de résultat financier, certes moins élevé par l'effet de la conjoncture.


On peut appartenir au numéro deux français et au numéro quatre européen de la banque (le groupe BPCE) tout en restant proche du local. Voilà en substance le message porté par Jérôme Ballet, président du directoire, et Éric Fougère, président du conseil d’orientation et de surveillance (COS), à l’heure de la traditionnelle présentation annuelle du bilan de la Caisse d’épargne Bourgogne-Franche-Comté. « Certaines banques font le choix de réduire la voilure sur leur présence territoriale, ce n’est pas notre cas », a assuré ce 13 mai Éric Fougère, faisant allusion à la décision récente de certaines consoeurs comme BNP Paribas de supprimer des centaines d’agences.

« À la différence de ce qui se passe ailleurs en Europe, la culture française veut que les banques proposent des prêts à taux fixe sur de longues périodes en se finançant par de l’argent emprunté à taux variable sur des périodes courtes, analyse le président du COS. Si les taux remontent brutalement, les banques voient leur rentabilité baisser. C’est ce qui s’est produit depuis 2023. Résultat : celles qui travaillent à l’international ont affiché de très beaux résultats, alors de celles qui travaillent en France ont vu leur profitabilité se réduire. »

 

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Pas de péril en la demeure pour autant pour la Caisse d’épargne régionale, loin de là. Son bénéfice atteint 42 millions d’euros pour un produit net bancaire de 269 millions d’euros. Ces deux montants se situaient cependant plutôt, respectivement, à 60 millions d’euros et au-delà de 300 millions en 2021 et 2022.

Toutefois, le contexte international est pour le moins « sous tension et plus que jamais instable, avec une volatilité des marchés financiers due à la guerre commerciale déclenchée par Donald Trump », rappelle Ludivine Martin, membre du directoire en charge du pôle financier, qui prévoit un impact en France, où « la croissance est déjà molle. », dit-elle. Mais la Caisse d’épargne confirme, dans le nouveau plan stratégique à cinq ans qu’elle vient d’engager, sa ferme intention de ne pas renoncer à sa vocation historique. « Nous serons, pour le territoire régional, un partenaire toujours responsable, un partenaire du développement local et un partenaire de l’habitat durable », affirme Jérôme Ballet.

 

« Pas de désert financier ! »

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De gauche à droite. Fabien Chauve, membre du directoire pôle ressources, Jérôme Ballet, président du directoire, Ludivine Martin, membre du directoire pôle finances, Éric Fougère, président du conseil d’orientation et de surveillance, Frédérique Baledent, membre du directoire pôle banque de développement régional, et Yann Le Guilloux, membre du directoire, pôle banque de détail. © CEBFC


Concrètement, l’Écureuil ne touchera  - pratiquement - pas à son tissu d’agences dnas la région. « Nous ne voulons pas en fermer », martèle Éric Fougère. Le réseau compte 169 implantations hors les centres d’affaires (contre 182 il y a trois ans). ’Une nouvelle adresse a été ouverte à Rioz (Haute-Saône). Cependant, la préoccupation va d'abord à l’optimisation et à la rénovation, avec cinq millions d’euros engagés à ce titre chaque année.

« Nous savons que les jeunes générations ne vont plus en agence, mais tel n’est pas le cas des plus anciennes. Maintenir le réseau, c’est se permettre de toucher toutes les couches de la population », explique le président du COS. Et travailler sur « les nouvelles proximités » – la possibilité de contacter son conseiller par WhatsApp ou de s’entretenir avec un expert en visio –, permet de répondre aux attentes de l’ensemble de la clientèle. « Évitons de créer des déserts financiers alors qu’on déplore les déserts médicaux ! », assène Éric Fougère.

Le mot d’ordre de proximité se traduit aussi, selon la direction, par le fait de maintenir le pouvoir de décision à Dijon, de continuer à recruter – 166 nouveaux collaborateurs en 2024, pour un effectif total de 1.625 personnes –, de jouer la carte du partenariat avec les acteurs économiques, d’engager 50 millions d’euros par an pour soutenir les projets des collectivités… et de miser sur l'appui à la transition écologique. « Nous disposons de tous les outils nécessaires pour accompagner nos clients vers le financement de leurs solutions en la matière », souligne Frédérique Baledent, membre du directoire en charge de la banque de développement régional, en évoquant le partenariat avec Cozynergy,société d'accompagnement aux travaux de rénovation énergétique, ou l’appel à projets (jusqu’au 27 juin) en faveur des initiatives locales pour la biodiversité doté de 50.000 euros.

Parmi d’autres exemples, la banque régionale s’est engagée sur 25 ans auprès d’Akuo Energy, porteur notamment de projets agri-photovoltaïques, entre autres à Sombernon et à Saulieu (Côte-d’Or).

 

Entreprises en difficulté : « Nous serons là »

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Le terme de proximité, selon son acception par la Caisse d'épargne de Bourgogne-Franche-Comté, désigne aussi le fait de maintenir le pouvoir de décision à Dijon, dans le nouveau siège dans le parc Valmy. © Alexandre Niquet – Pixeyes


Un chiffre résume l’engagement territorial de l'établissement bancaire : 16 milliards d’euros d’encours de crédits à date en Bourgogne-Franche-Comté. Dont 5 milliards dans l’immobilier, avec des taux qui ont baissé, laissant espérer la reprise de ce marché. Reste un sujet sur lequel la Caisse d’épargne, comme toutes les autres banques, est attendu : sa réaction à la dégradation de l’état de santé des entreprises. Sur le papier, la Bourgogne-Franche-Comté semble pour l’instant… épargnée, avec une baisse de 4 % du nombre de défaillances en 2024, une performance exactement inverse de ce que l’on constate en France, indique Ludivine Martin.

Mais la conjoncture se complique. Face à elle, le groupe BPCE se dote d’une « banque judiciaire », la Banque de l’Orme : « Nous n’abandonnerons pas les entreprises en difficulté », assure Frédérique Baledent. « Nous serons là en défensif mais aussi en offensif, complète Éric Fougère : dans un contexte d’inquiétude réelle, l’attentisme ne doit pas être de mise, il existe de beaux projets de développement et nous répondrons présents pour les financer. » Un discours de bon augure, a priori, pour les entreprises.

 

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