La banque régionale a conclu l’exercice de l’année passée par un bénéfice en légère hausse en comparaison de 2022 et 2021. Celui-ci ne s’est pas réalisé sur le dos des emprunteurs : la Caisse d’épargne BFC brandit un taux de refus - et donc d’acceptation - des prêts resté constant. Si recul des volumes prêtés il y a eu, il est dû à une moindre demande, s’est attachée à démontrer la direction lors de sa présentation des résultats, ce mercredi 15 mai.
La période est chargée pour les équipes de la Caisse d’épargne de Bourgogne-Franche-Comté, avec une double actualité : d’une part le déménagement du siège vers le site Valmy à Dijon, désormais imminent, d’autre part la mobilisation pour les Jeux olympiques (voir ci-dessous).
Côté changement de lieu, l’heure est aux finitions dans le vaisseau de bois et de verre de 9.500 m2 qui abritera avant l’été l’ensemble des équipes du siège, soit 400 collaborateurs dont certains actuellement basés à Besançon effectueront désormais l’aller-retour à bord d’un bus de 33 places spécialement aménagé pour travailler sur la route.
Ce mercredi 15 mai, le président du directoire, Jérôme Ballet, a présenté « les bons résultats 2023 de la caisse. » L'adjectif fait référence au bénéfice net de l’exercice : celui-ci s'est situé à 67 millions d’euros, contre 63 millions les deux années précédentes). « Il est affecté pour une moitié à la rémunération de nos sociétaires, l’intéressement de nos collaborateurs et l’investissement ; et pour l'autre moitié au renforcement de nos réserves, qui conditionnent notre capacité à prêter davantage demain », souligne Jérôme Ballet.
« L'ADN de notre banque est parfaitement résumé : l’argent collecté dans la région est redistribué dans la région, auprès des particuliers et des acteurs du territoire », ajoute Éric Fougère, président du conseil d’orientation et de surveillance (COS). C'est ainsi que la Caisse d'épargne Bourgogne-Franche-Comté a consacré 8 millions d’euros à la rénovation des agences en 2023 - une quinzaine sont concernées chaque année sur les quelque 180 que compte l’Écureuil dans les huit départements de la région. « Et sur ce point, notre stratégie n’a pas changé : s’il peut arriver que nous optimisions notre présence en ville, nous maintenons notre présence en zone rurale, sans fermer d’agence, car nous privilégions la proximité avec nos clients, précise le président du COS. Nous sommes présents dans 103 des 113 bassins de vie de Bourgogne-Franche-Comté. »
Ce maillage territorial entraîne un maintien des effectifs à 1.600 personnes : près de 200 recrutements ont été concrétisés en 2023 afin de remplacer les départs, dans un contexte où le turn-over chez les conseillers clientèle est de plus en plus important, un phénomène rencontré dans toutes les banques.
Le bon bilan se lit aussi, en 2023, dans un indicateur rarement communiqué par l'établissement bancaire : le taux de refus de prêts. Il se situe à 14 %, soit un niveau similaire au 13 % de l'année précédente. « Nous sommes quelque peu agacés d’entendre un peu partout que les banques ne prêtent plus, expose Jérôme Ballet. C’est faux. Nous n’avons pas fermé les robinets. Ce qui est exact, en revanche, c’est que les demandes ont été nettement moins importantes. »
Des clients attentistes

On peut même parler d'un trou d'air. La Caisse d’épargne Bourgogne-Franche-Comté a prêté 1,2 milliard d’euros en crédits immobiliers en 2023, contre près 1,7 milliard en 2022 - année exceptionnelle il est vrai. La contraction du volume de prêts concerne également le marché des collectivités et des entreprises, de manière peut-être plus marquée encore : - 34 % en 2023. « La hausse des taux et la baisse des prix de l’immobilier, espérée par les acheteurs, expliquent l’attentisme voire la frilosité des clients, analyse Éric Fougère. L’inflation sur le coût des travaux justifie aussi parfois la réticence des acheteurs. »
Dans ce contexte tendu, le directoire ne cache pas sa satisfaction de voir la part de marché de la Caisse progresser de 0,54 % en un an, pour atteindre 15,57 % dans le domaine du crédit immobilier. « Un phénomène de prime aux banques régionales se produit, analyse Yann Le Guilloux, membre du directoire chargé du pôle banque de détail. La proximité et le suivi client paient quand le marché se contracte et que les banques nationales choisissent leurs priorités. »
En outre, la Caisse d’épargne Bourgogne-Franche-Comté peut se prévaloir d’un Net Promoter Score (NPS) flatteur : avec 44 agences qui décrochent le label or signifiant que plus de la moitié de leurs clients se déclarent satisfaits du service rendu, elle grimpe de la neuvième à la troisième place du classement des banques de Bourgogne-Franche-Comté, et s’offre même la première position parmi les établissements régionaux auprès de la clientèle des entreprises.
Que va-t-il se passer en 2024 ? La stabilisation des taux laisse espérer un redémarrage progressif du marché de l’immobilier. Mais les dirigeants de la banque vont aussi surveiller de près un autre indicateur, celui de la sinistralité. « Nous n’avons pas observé d’évolution en 2023, mais nous sentons qu’elle part à la hausse en ce début 2024 », rapporte Jérôme Ballet.
Le groupe Caisse d'épargne est fortement engagé dans le soutien aux Jeux olympiques et paralympiques. C’est avec un large sourire qu’Éric Fougère, président du conseil d’orientation et de surveillance (COS) en Bourgogne-Franche-Comté, évoque l’épisode de l’arrivée de la flamme à Marseille à bord du Belem, le fier trois-mâts de la Fondation Caisse d’épargne. Parmi les 15 équipiers envoyés par chacune des caisses régionales, figure la jeune Noémie, originaire de Saône-et-Loire. La caisse régionale mobilise ses collaborateurs à l'approche de l’ouverture des Jeux : 160 d’entre eux vont s’impliquer, et 500 vont participer à l’opération de communication interne baptisée « Les étincelles du sport ».

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