Le Sytevom envoie en filières de valorisation deux fois plus de plastiques à l’habitant que la moyenne française. Il a su miser avec succès sur le civisme de la population pour qu'elle dépose correctement des objets usagés en déchèterie et il prolonge les bons niveaux de collecte au pied des habitations par le développement de son centre de tri et préparation dédié, Symetri à Luxeuil-les-Bains. Celui-ci résulte depuis 2019 d'un investissement de 2,5 millions d’euros.
Le syndicat de valorisation des déchets ménagers de Haute-Saône se sent pousser des ailes. Le Sytevom (*), ainsi qu’il se dénomme, met à l’étude l’extension de « Symetri », le site qui lui donne son originalité à l’échelle de la Bourgogne-Franche-Comté et au-delà.
Sur la friche de la société Dumestre à Luxeuil-les-Bains, ce centre regroupe des plastiques en dehors des emballages ménagers. Dans la pluaprt des autres territoires, ils échappent au recyclage car jetés dans la poubelle des ordures ménagères ou dans le tout-venant des déchèteries : des seaux, des jouets, des films d’emballages, etc. Symetri, lui, parvient à leur faire prendre un chemin vertueux grâce aux gestes eux-mêmes « verts » des habitants.
Bons élèves des campagnes de communication du Sytevom, les 261.000 habitants de son territoire (**) placent leurs objets et autres matières usagées dans le bac jaune par ailleurs dédié aux autres emballages (bouteilles, barquettes…). Et dans les déchèteries, ils respectent la signalisation des panneaux qui les dirigent vers la benne appropriée de plastiques, respectivement pour leurs versions souples et rigides.

De la sorte, Symetri traite chaque année 5.000 tonnes, dont 4.000 tonnes de ces catégories de plastiques, un score sans équivalent en France d’après les données en possession de Valorplast, l’organisme chargé de stimuler le recyclage des matières plastiques. « En termes de collecte sélective, la performance du territoire est la double de la moyenne française et elle lui fait atteindre les objectifs européens, qui sont élevés », précise Catherine Klein, directrice générale de Valorplast.
Presque autant de collecte sélective que d’ordures ménagères

Le Sytevom a créé Symetri en 2019. Il a recruté dans ce but 15 agents, sans compter l’intervention des personnels de l’entreprise d’insertion locale Mon Tri à la Source. Il a investi dans le projet 2,5 millions d’euros, subventionnés à 50 % (l'Etat notamment via le contrat de redynamisation de site de défense lié à la restructuration à l’époque de la base aérienne 116, l'Ademe, la région Bourgogne-Franche-Comté).
Sur 1,8 ha de terrain et à l’intérieur de 8.000 m2 couverts, il s’est ainsi doté d’équipements de type industriels (comme des lignes de pressage) et il s’y fait lui-même développeur de prototype, par start'up interposée : Symetri abrite le broyeur pilote de Purple Alternative Surface grâce auquel la société belfortaine innovante de dalles en plastique recyclé souhaite compléter sa filière d’approvisionnement, par réutilisation de paillettes. Cette ligne, au démarrage d’abord annoncé pour le début de l’été, va finalement commencer à produire ses premiers échantillons cette fin septembre.
« Nous avions beaucoup travaillé pour améliorer les performances de collecte et de tri de tels déchets, en amont. Mais la création d’un outil de tri, préparation et conditionnement qui prenne la suite en aval était nécessaire pour ne pas l’annihiler et de sorte à pouvoir envoyer en valorisation chez des industriels », rappelle Joël Brice, président du syndicat. Ces régénérateurs et recycleurs se recrutent dans l’Est de la France et bien au-delà, jusqu’en Europe occidentale, dans le réseau de 17 acteurs en 22 sites qui s’est constitué autour de Valorplast.
Grâce aux efforts ciblés notamment sur le plastique, le territoire du Sytevom s’est propulsé dans les sommets français de la récupération vertueuse : 284 kilos par habitant déposés dans l’une des 35 déchèteries tissant un réseau remarquablement dense en milieu rural ; et 119 kilos de collecte sélective (dont 12 kg de plastique). Ce chiffre permet à ce bassin d’approcher un équilibre inimaginable dans de nombreux endroits de France : presque autant de déchets sont déposés dans le bac jaune (et dans les points d’apport volontaires pour le verre) que les volumes envoyés en incinération, les ordures ménagères résiduelles (OMR), dont les quantités se limitent à 123 kilos, moitié moins que la moyenne nationale.
La collecte sélective est réalisée en porte-à-porte au pied des habitations, hors le verre et des bennes de réception de papiers de qualité comme celui pour la bureautique. « Elle a plus que doublé depuis 2007, alors que dans le même temps, celle des OMR a diminué de moitié », rappelle Joël Brice.

La date de référence retenue par l'élue pour la comparaison fait sens : il y a 17 ans, le syndicat mixte a mis en route à son siège de Noidans-le-Ferreux une nouvelle unité de valorisation énergétique d’une capacité - 41.000 tonnes - substantiellement inférieure à la production d’alors du territoire de 65.000 tonnes, « pour bien signifier que l’on ne pouvait plus continuer comme avant », insiste le président. L’objectif consistait à ramener les quantités d’OMR à environ 30.000 tonnes annuelles et désormais, ce seuil bas est pratiquement atteint. Le territoire avait été également pionnier de l’extension des consignes de tri à tous les emballages plastiques en 2012, ainsi que de l’instauration de la tarification variable, la redevance incitative, instaurée progressivement à partir du début des années 2000.
L’appel à Valorplast pour garantir le recyclage

Il restait un maillon suivant essentiel à garantir : « Nous ne pouvions pas nous lancer dans une valorisation des plastiques d’une telle finesse sans s’assurer de l’existence d’une solution de reprise et d’une filière de recyclage pérenne », rappelle Christophe Tary, directeur général du Sytevom. Celui-ci s’est tourné « de façon naturelle » vers Valorplast, son partenaire de longue date. « Les flux venus des déchèteries présentent un profil moi,ns homogène que celles provenant d’autres sources, industrielles notamment », observe Eileen Marchall, responsable recyclage chez Valorplast. « Ce constat doit inciter à pousser autant que possible la qualité du tri en déchèterie, et/ou à faire prendre le relais par l’industriel recycleur, au moyen d’investissements spécifiques. »
La question de la capacité de la filière recyclage à suivre le rythme rend d’ailleurs le Sytevom prudent quant la concrétisation de son extension, qui porterait sur 1 ha, rappelle son président Joël Brice. « La demande est là et nous observons que la filière fonctionne sur de petits gisements, mais il faudra qu’il en soit de même avec l’augmentation de nos volumes…et celle des toutes les autres collectivités en France que nous comptons bien inspirer. »
(*) Syndicat Mixte pour le Transfert, l'Elimination et la Valorisation des déchets ménagers
(**) formé de l’ensemble de la Haute-Saône à l’exception de la communauté de communes de Rahin et Chérimont, complété des deux communautés de communes limitrophes du Doubs, celles des Deux Vallées Vertes et du Doubs Baumois.














































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