En prévision de l’édition 2025 du salon Euro Supply Chain qui se tiendra le 12 juin, nous vous proposons, avec la complicité de son organisateur le Parc Expo de Mulhouse, un rendez-vous mensuel sur les nouvelles facettes de la logistique et de la supply chain, telles qu’elles sont mises en œuvre par des entreprises et acteurs du Grand Est et de la Bourgogne-Franche-Comté. Gros plan ici sur la réorganisation de 3ma group. La PME alsacienne spécialisée dans les documents et outils de communication multicanal a consacré 6 millions d’euros à la construction d’une plateforme située dans le prolongement de son bâtiment de production à Rouffach, près de Colmar. Ce nouveau bâtiment de 4.000 m2 permet à 3ma group d’augmenter ses capacités de stockage et de réorganiser ses flux. Avec l’objectif à court terme de séduire de nouveaux clients.
La mise en service du nouveau hall logistique ce début d’année marque l’accomplissement d’un processus entamé par 3ma group depuis bien plus longtemps : huit ans. Le spécialiste de la gestion documentaire et de la communication multicanal, qui a grandi au fil d'opérations de croissance externe, possédaient des entrepôts à Paris, Limoges (Haute-Vienne) et Erstein (Bas-Rhin), mais il caressait de longue date l’idée de rassembler toutes ces surfaces en un seul lieu.
Le dernier des trois précédents sites à fermer ses portes a été celui d’Erstein, en 2024, à 70 km du siège de Rouffach (Haut-Rhin), où le recentrage a été décidé. Ce choix permet en effet d’optimiser les coûts en réduisant les transports et de mieux coordonner la production avec la logistique. Le nouveau bâtiment abrite une plateforme de 12 mètres de haut, qui porte la capacité de stockage à plus de 5.000 palettes, contre 3.000 au cumul auparavant.
3ma group a également investi dans un robot guidé par un sillon creusé dans la dalle, qui scanne les marchandises et se déplace automatiquement vers la zone de stockage. « Cette solution nous permet d’obtenir une traçabilité complète des marchandises », assure Marion Feltzinger, responsable marketing de l’entreprise. Le dispositif est semi-automatisé car il reste piloté par un humain, mais il permet une gestion plus fluide des flux entrants et sortants.

La nouvelle plateforme a été équipée de trois quais de réception et de quatre autres pour l'expédition. Un système de sprinklage reposant sur des conduites dédiées a été installé, ainsi qu’une citerne de grande capacité implantée à l’arrière du site. De tels équipements doivent permettre d’isoler les départs de feu et de protéger les marchandises stockées. Les flux ont également été réorganisés entre le hall de stockage et l’atelier de picking. Une coursive sépare désormais les deux espaces. Des robots achemineront bientôt les marchandises automatiquement, au moyen d’un investissement d’environ 100.000 euros, programmé pour 2026.
Externalisation de la logistique documentaire

« Nous gagnons en productivité. C’est un de nos axes de développement car dans le futur, les clients voudront de plus en plus confier leur logistique documentaire à un tiers, il s’agit un domaine où on se doit d’être très efficient », explique Olivier Tschirhart, le directeur général de 3ma group. Pour ses clients, le groupe propose une gestion complète de la supply chain des supports de communication : réception, conditionnement (mise sous pli, encartage, encollage, étiquetage, etc.), stockage, expédition. Il traite environ 60.000 commandes annuellement.
En améliorant ses services et ses performances, il espère séduire de nouveaux clients parmi ses cibles : les PME-PMI et ETI. « Notre objectif est d’augmenter notre chiffre d’affaires de 20 % dans les deux ans qui viennent. Nous avons réalisé un investissement de 6 millions d’euros, maintenant nous devons le rentabiliser », prévient Olivier Tschirhart.
Depuis 2020, le chiffre d’affaires de 3ma group est stable, à 25 millions d’euros, il ne parvient pas à décoller davantage. L’activité en marketing direct a diminué, à l’inverse des flux sur le digital, un domaine où la concurrence s’est toutefois accentuée.
Pour se distinguer et améliorer sa compétitivité, la PME haut-rhinoise a pris le parti de miser sur l’intelligence artificielle. Elle bénéficie de l’aide « Diagnostic intelligence artificielle » proposée par la Région Grand Est. « Ces outils vont nous faire gagner du temps sur la création et la production. Les clients sont de plus en plus pressés. Grâce à l’IA, nous pourrons même anticiper leurs besoins logistiques. Mais avant de nous lancer, nous devons démystifier la technologie auprès de nos collaborateurs », précise Olivier Tschirhart.
Le groupe qui possède des agences commerciales à Paris et à Besançon emploie 180 salariés. Le site de Rouffach, qui s’étend désormais sur 15.000 m2, en regroupe 165 à lui seul.


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