L’édition 2026 du salon Euro Supply Chain au Parc Expo de Mulhouse, le 9 juin, offrira une photographie des évolutions de la logistique et de la supply chain régionale. Pour l’anticiper, nous vous proposerons plusieurs rendez-vous de focus sur des entreprises et prestataires qui pratiquent concrètement ces mutations. Aujourd’hui : Weber. La PME familiale parvient à entraîner la logistique dans la dynamique de croissance des ses principaux métiers, le transport routier et l’affrètement. Cette nouvelle prestation exercée pour l’instant dans 3.000 m2 d’entrepôts à Cernay contribue à la diversification de ses clients.

Weber est désormais bien installée dans ses murs logistiques à Cernay (Haut-Rhin). L’entreprise familiale a pris possession depuis six ans de 3.000 m2 d’entreposages marquant sa volonté de faire de la logistique le troisième pied d’une activité historiquement tournée vers le transport routier et l’affrètement.

En proportion, ce nouveau métier est encore loin de rivaliser avec les deux autres composantes, dans la mesure où il représente 5 % du chiffre d’affaires, contre respectivement 60 % (grâce à un parc de 40 camions tracteurs et 80 semi-remorques) et 35 %. « Mais l’activité a progressé, au même titre que les autres », relève la dirigeante Sophie Weber. En effet, le chiffre d’affaires total de la PME a augmenté d’un peu plus de moitié en cinq ans, pour s’élever à 10,1 millions d’euros en 2025. Il a ainsi franchi un cap symbolique lors de ce dernier exercice clos le 30 juin. « Nous progressons sans brader les prix : nous revalorisons nos tarifs de façon justifiée, lorsqu’il s’agit de couvrir les hausses de coûts », souligne la dirigeante, qui a succédé à son père Gérard fondateur dans les années 1970 dans la vallée sous-vosgienne de Saint-Amarin.

 

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Dans ce contexte, la logistique remplit le rôle que SophieWeber attendait d’elle, dans un premier temps : procurer un complément de solution au client capté via le transport. « Nous sommes en mesure de stocker des palettes entières puis de descendre progressivement, jusqu’à l’échelle du petit colis unique caractéristique de l’e-commerce. Nous possédons les compétences requises de picking et copacking grâce à nos outils informatiques », expose-t-elle.

Extension en suspens 

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Sophie Weber, la dirigeante de la PME familiale, souligne s'attacher à créer des conditions et une ambiance de travail favorables. © Mathieu Noyer

A Cernay, dans la zone industrielle, la hauteur du bâtiment construit – pour un investissement de 4 millions d’euros incluant 700 m2 de bureaux – permet le stockage jusqu’à 10 mètres, sur cinq niveaux (le sol et quatre étages). Le terrain de 28.500 m2 accorde la place nécessaire à la création de 6.000 m2 supplémentaires de bâtiments. Synonyme d’un nouvel investissement de l’ordre de 5 millions d’euros, cette perspective évoquée dès le déménagement en 2020 demeure, mais prudence oblige avec la conjoncture, elle est mise en suspens pour un temps indéterminé. Et le jour où, les surfaces seraient probablement divisées en deux cellules.

Dans un climat économique secoué, Weber fait mieux que résister. En particulier par le fait que la PME est parvenue à s’appliquer à elle-même la maxime « mieux vaut ne pas mettre ses œufs dans le même papier. » La diversification des secteurs et du portefeuille clients s’est bel et bien concrétisée. Une sacrée performance pour une société qui tirait il y a une dizaine d’années 80 % de ses revenus de l’automobile, une dépendance ayant failli causer sa perte.

Elle s’est retirée de cette industrie pour atteindre un équilibre entre la grande distribution et l’agroalimentaire – toujours en température ambiante – qui représente environ 30 % du chiffre d’affaires, le transport spécialisé de matières dangereuses (20 %) et un panel large d’industries. « La part du plus gros client individuel ne dépasse pas 12 % », évalue Sophie Weber.

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Le bâtiment logistique de Weber permet un stockage en cinq niveaux de hauteur jusqu'à 10 mètres. © Mathieu Noyer

La digitalisation a fortement progressé, jusqu’à la création désormais d’un portail en ligne conçu pour faciliter la vie au client. Un nouveau système informatique de gestion du transport (TMS – Transport Management System) sera installé de surcroît en avril.

La logistique apporte sa contribution à la diversification.  Pour affirmer sa présence dans l’alimentaire, l’entreprise alsacienne s’est engagée dans la certification IFS, un standard international qui doit valider sa capacité à assurer une prestation fiable : traçabilité, mesures de protection...

Déjà labellisé Ecocert pour la manipulation de produits bio, Weber postule en parallèle à l’Ecovadis pour la RSE. Sophie Weber déclare attacher à celle-ci une grande importance et veiller à la traduire en conditions et en ambiance de travail. « Notre notoriété sur ce plan aussi est bien établie, nous ne rencontrons pas de difficulté à attirer des candidats ». Le turn-over étant « quasi-nul », ces postulants peuvent espérer rejoindre la PME à l’occasion de ses nouvelles embauches. Elles ont été régulières, certes modérées depuis l’installation à Cernay. En cinq ans, les effectifs sont passés de 48 à 56 salariés.  

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