L’aciérie de Kehl va chauffer Strasbourg par-dessous le Rhin. Le service de télémédecine TokTokDoc lève 2 millions d’€. PSA Mulhouse va fortement réduire son intérim. Weber Transports passe du fond au début de vallée de la Thur. L’électronicien Thurmelec grandit dans le câblage. La Banque Populaire Alsace Lorraine Champagne mute en accéléré. Le Technoport dessine son visage à Saint-Louis. La filiale informatique du Crédit Mutuel créé une plate-forme logistique à Wittelsheim

• L’aciérie de Kehl va chauffer Strasbourg par-dessous le Rhin

En 2021, environ 4.500 logements de Strasbourg se chaufferont grâce… à une usine sidérurgique allemande. L’aciérie BSW (Badische Stahlwerke) installée à Kehl va revendre à la capitale alsacienne une partie de la quantité de chaleur excédentaire (dite fatale) par rapport aux besoins liés à son process de production. Un protocole d’accord a été signé le 13 mai en vue du raccordement au réseau de chaleur de l’Esplanade-Elsau qui alimente plusieurs quartiers de Strasbourg. 
Les deux sites ne sont séparés que de quelques kilomètres à vol d’oiseau… mais le Rhin coule entre eux. La liaison s’opèrera donc via une conduite de 8,5 km qui passera sous le lit du fleuve, la solution de poser les tuyaux sur l’un des ponts de franchissement s’avérant impossible, pour une question de poids à supporter.
L’investissement prévisionnel s’élève à 25 millions d’€, soit 10 millions à la charge de BSW pour installer le système d’extraction de la chaleur et 15 millions pour le « caloduc ». Il sera financé par une société de projet, probablement une société publique locale (SPL) entre l’Eurométropole de Strasbourg, la Ville de Kehl, la Région Grand Est et le Land de Bade-Wurtemberg qui vont solliciter des aides de l’Union européenne, de l’Ademe et de son homologue allemande. M.N.

 

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• Le service de télémédecine TokTokDoc lève 2 millions d’€

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Un stéthoscope connecté et une tablette pour voir le médecin à distance : c'est le concept de la plateforme TokTokDoc de NeMo Health.

La  plateforme de télémédecine vient de lever 2 millions d’€ auprès du fonds d’innovation We Positive invest d’Arkea Capital (Crédit Mutuel Bretagne, Sud ouest et Massif central) associé à des investisseurs privés, pour accélérer son développement commercial. NeMo Health à Strasbourg qui a développé cette plateforme pour les Ehpad (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) veut l'élargir au marché de l’ambulatoire (infirmiers à domicile) et aux établissements de soins de suite. Créée en 2017 par le docteur Laurent Schmoll, la start-up prévoit de doubler ses effectifs dans les douze prochains mois pour atteindre 40 personnes. 
Grâce à un stéthoscope connecté, le patient peut, sans se déplacer, voir  son médecin sur l’écran d’une tablette ou de télévision de sa chambre et converser avec lui. Cette solution connecte est une réponse aux déserts médicaux. Plus de 150 établissements ont aujourd’hui équipés et 12.000 patients utilisent le service. C.P.

 

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• PSA Mulhouse va fortement réduire son intérim

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Sur les chaînes de PSA à Mulhouse. © Traces Ecrites.

Annoncé depuis plusieurs mois, l’arrêt de la fabrication de la Peugeot 2008 sur le site PSA de Mulhouse (Haut-Rhin) a été confirmé fin avril, avec prise d’effet à l’automne prochain. Elle entraînera la suppression complète de l’équipe de nuit et la conséquence sera lourde sur les effectifs intérimaires : un millier d’entre eux, selon les estimations concordantes des syndicats, verront leur contrat non-renouvelé durant le dernier trimestre, à comparer à leur effectif actuel de 1.350.
FO y voir un « coup de massue », certes prévisible, et la CFE-CGC une « mesure terrible pour le bassin d’emploi », quelque peu contrebalancée par l’annonce de 50 embauches en CDI. De plus, une partie de salariés permanents, potentiellement quelques centaines sur les 5.300 du site, connaîtront une mobilité volontaire temporaire : ils se verront proposer des postes dans les entreprises extérieures de la région, dans d’autres sites PSA (l’option la plus naturelle étant Sochaux en pleine bourre), ou à l’intérieur de l’usine, au sein des unités de forge, fonderie et mécanique qui connaissent une activité régulière et dynamique du fait qu’elles travaillent pour tout le groupe.
La fin de la 2008 à Mulhouse est la conséquence de la politique de plates-formes par familles de modèles : sa remplaçante sera produite à Vigo (Espagne) tandis que l’usine alsacienne se concentre sur des modèles du segment suivant milieu-haut de gamme : DS 7, X et un nouveau véhicule promis en 2021. M.N.

 

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• Weber Transports passe du fond au début de vallée de la Thur

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Sophie Weber, gérante de Weber Transports présente le futur siège et entrepôts de Cernay. © Traces Ecrites.

Le transporteur et logisticien Weber a entamé le mois dernier la construction de son nouveau site à Cernay (Haut-Rhin), au pied de la vallée sous-vosgienne de la Thur. Cet investissement de 3,5 millions d’€ signifie qu’il déménagera, début 2020, du fond de cette même vallée qui l’a vu naître et grandir depuis 45 ans. 
« Cette localisation d’origine, à Urbès puis Oderen, faisait de nous des riverains du col vosgien du Bussang. Elle nous accordait de ce fait une dérogation pour le franchir à toute heure, ce qui constituait un atout concurrentiel pour servir notre clientèle, alors très majoritaire, de sous-traitants automobiles localisés sur les deux versants du massif. Or suite à la crise de ce secteur en 2008/2009, nous avons été amenés à nous diversifier complètement : l’automobile ne représente plus que 4 % de l’activité et nos clients, ou leurs hubs, se situent désormais dans le piémont alsacien des Vosges », explique la gérante Sophie Weber, fille du fondateur Gérard. Cette solution est « la plus pratique » pour les 50 salariés, estime-t-elle.
L’entreprise familiale s’est en effet muée en transporteur, grâce à 35 véhicules, de produits secs à usages multiples : alimentaire, industriel, matières dangereuses conditionnées, ainsi que de déchets industriels (dangereux et non-dangereux) avec une spécificité, l’agrément pour leur flux transfrontalier, en Allemagne et au-delà.
Le transport représente la grande majorité du chiffre d’affaires situé à 6 millions d’€ l’an dernier. Toutefois, Weber entend s’afficher aussi de plus en plus comme logisticien, à travers sa société-sœur Solog. Le nouveau site de Cernay le dotera d’ailleurs d’une capacité de 4.000 à 5.000 palettes, sur 3.000 m2 couverts. M.N.

 
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• L’électronicien Thurmelec grandit dans le câblage

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Thurmelec  a racheté coup sur coup Alsatronic et Emilis, dans le Haut-Rhin. © Thurmelec.

L’entreprise électronique Thurmelec de Pulversheim (Haut-Rhin) annonce la reprise, au 1er mars dernier, de sa consoeur Emilis à Colmar. Cette petite société de 7 salariés était en recherche d’un repreneur, son dirigeant partant en retraite. « Elle nous apporte la compétence complémentaire du câblage industriel », explique Guillaume Maurer, le directeur stratégie de Thurmelec et fils du fondateur Michel. Le site colmarien sera conservé. 

Le rachat s’inscrit pour Thurmelec dans un mouvement de croissance externe locale qui s’est traduit également l’an dernier par l’acquisition d’Alsatronic, un concurrent direct de trois personnes qui était basé à Burnhaupt-le-Haut. La PME familiale compte désormais 62 salariés pour un chiffre d’affaires de 7 millions d’€, principalement réalisé auprès du secteur médical, de celui de la sécurité et de l’énergie. M.N.
 

• La Banque Populaire Alsace Lorraine Champagne mute en accéléré

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Thierry Cahn, président de la Banque Populaire Alsace Lorraine Champagne, à gauche, et Dominique Wein, le directeur général. © BPALC.

Le bilan d’une banque mutualiste régionale ne se résume plus à quelques chiffres égrenés à l’envi (Lire notre encadré). Il est plus sociétal. À l’exemple de celui de la Banque Populaire Alsace Lorraine Champagne (BPALC) qui se réorganise en profondeur. En atteste l’intitulé de son plan stratégique « Accélération 2020. Deux filières d’exploitation ont ainsi vu le jour. Celle des particuliers et des professionnels se conjugue géographiquement à l’échelle des départements, alors que pour les entreprises on raisonne dorénavant à l’aune des anciennes régions. Cela conduit à réduire de 5 à 3, les niveaux hiérarchiques et ainsi fluidifier le processus de décision, expliquent Thierry Cahn, président et Dominique Wein, directeur général.
Autre fait topique au niveau du management : l’accompagnement des collaborateurs à une digitalisation des tâches de plus en plus poussée. La BPALC a en ce sens créé une direction de la transformation et du digital en juillet 2018 et un pôle accompagnement au changement inédit dans le groupe (12 personnes y sont inclusivement affectées). Et cela porte ses fruits. Une étude réalisée par l’institut IPSOS auprès des collaborateurs de la BPALC affiche un score de 71% d’adhésion, d’implication et de loyauté qui positionne la BPALC dans le top 3 de toutes les Banques Populaires.
La robotisation constitue également l’un des aspects innovants de la transformation du modèle de cette banque mutualiste qui s’est dotée l’an dernier de 14 robots Assistants Virtuels (AVI) pour permettent d’automatiser les tâches à faible valeur ajoutée, comme de la saisie répétitive. Et ainsi libérer du temps à ses chargés de clientèle.
Mais qui dit nouvelles technologies dit aussi nouvelle clientèle. Depuis deux ans, six des centres d’affaires bénéficient d’une compétence dans l’analyse des entreprises innovantes et start-up. Il s’agit de ceux de Strasbourg, Mulhouse, Metz, Nancy, Reims et Troyes. Avec succès ! En témoigne le nombre de 120 entreprises accompagnées dans le cadre de la démarche baptisée Next Innov. Ce dispositif, spécialement consacré aux problématiques des start-up et des entreprises innovantes, offre des solutions tant en financement, mise en réseau de partenaires qu'en levée de fonds. D.H.

Les résultats 2018 de BPALC
806 000 clients, dont 340 000 sociétaires
557,2 M€ de chiffre d’affaires consolidé
112,7 M€ de bénéfices (+ 9,8%) avec un ratio de solvabilité de 21,4 % (2 fois supérieur à l’exigence réglementaire)
17,7 milliard d’€ d’encours d’épargne (+ 8,9 %) et 20,4 milliards d’€ d’encours de crédits (+ 7,1 %)
1,8 milliard d’€ de crédits accordés aux entreprises et professionnels (+ 2,7 %)
2 657 collaborateurs dont  293 nouveaux embauchés, comprenant 86 apprentis
226 agences et centres d’affaires avec un parc de 450 guichets automatiques.

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• Euro-Information Services créé une plate-forme logistique à Wittelsheim

Filiale informatique du Crédit Mutuel, Euro-Information Services (EIS) va s’installer dans un centre logistique de 26.000 m2 à Wittelsheim, où il emploiera environ 100 collaborateurs. Le site remplacera, selon des capacités beaucoup plus importants, celui de Mulhouse dans la zone de la Mer Rouge. Il centralisera des matériels destinés à des interventions de maintenance en France, dans les activités que gère EIS : automates bancaires, terminaux de paiement, alarmes, téléphonie, réseaux informatiques… M.N.

• Le Technoport dessine son visage à Saint-Louis

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Esquisse du pôle de loisirs et commerces du Technoport de Saint-Louis. © Urban Act

Projet majeur de développement local dans le secteur des Trois Frontières, le Technoport à Saint-Louis (Haut-Rhin) précise sa physionomie à l’issue, le 7 mai, de la concertation publique préalable à la création d’une Zac (zone d’aménagement concertée) attendue en février 2020. Sur 2 km de long et 400 mètres de large représentant une emprise foncière de 89 hectares, cette « opportunité exceptionnelle » selon la communauté d’agglomération de Saint-Louis, développera 100.000 m2 de surfaces de bureaux et tertiaires, 65.000 m2 d’hôtellerie et activités de loisirs, et un pôle de loisirs et commerces de 85.000 m2 qui s’articulera à partir de 2024 autour d’un complexe de 60.000 m2 d’Unibail-Rodamco-Westfield (URW), l’un des leaders européens de l’immobilier commercial. Saint-Louis Agglomération manifeste le souci de réaliser un aménagement en rupture avec la densification habituelle. « Nous aurions pu réserver bien plus de mètres carrés au projet d’URW », ajoute Alain Girny, président de Saint-Louis Agglomération.
Situé au point de croisement entre France, Allemagne et Suisse, le projet du Technoport conserve un espace paysager de 20 hectares qui deviendra la colonne vertébrale, le « parc central », alors que deux autres scénarii auraient marginalisé les espaces publics. « C’est aussi celui qui renature le mieux le cours d’eau Liesbach, restaure les corridors écologiques et revalorise les gravières », souligne Alexandre Bouton, dirigeant du cabinet Urban Act, maître d’œuvre urbain. Au niveau des déplacements, tout en militant pour des travaux (maîtrise d’ouvrage du conseil départemental) d’amélioration de la desserte à partir de l’A 35, il repose sur le principe d’une mobilité alternative, grâce notamment au raccordement au tramway de Bâle et au développement du réseau cyclable. M.N.

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