L’édition 2026 du salon Euro Supply Chain au Parc Expo de Mulhouse, le 9 juin prochain, offrira une photographie des évolutions de la logistique et de la supply chain régionale. Pour l’anticiper, nous vous proposerons plusieurs rendez-vous de focus sur des entreprises et prestataires qui pratiquent concrètement ces mutations. Aujourd’hui : Savoye. L’offreur dijonnais de solutions pour l’intralogistique transforme son métier en le rendant piloté par la donnée. La solution ainsi tournée vers la gestion et la maintenance d’entrepôts logistiques voire d’ateliers de production résulte d’une construction commune avec le maintenancier Migen et DimoMaint, éditeur-intégrateur de logiciel de GMAO.

La réunion dans une offre de l’intralogistique, de la maintenance et de la gestion de la maintenance assistée par ordinateur (GMAO) : trois acteurs qui se connaissent bien proposent cette solution intégrée depuis quelques semaines, à destination des responsables de supply chain et de maintenance dans les entreprises. Présentée cette semaine aux salons communs Global Industrie et SITL (transport-logistique) à Paris-Villepinte, cette prestation commune réunit respectivement le groupe bourguignon Savoye, la PME Migen et DimoMaint, éditeur-intégrateur lyonnais.

Le trio intensifie ainsi ses relations pour la concrétisation de dossiers conjoints chez un client donné. Chacun de ses membres conserve son autonomie d’action commerciale mais par leur réunion, ils ont mis au point un « écosystème » qui  veut se donner toutes les chances de percer au mieux auprès des entreprises industrielles et des prestataires logistiques. « Les PME constituent une cible prioritaire, ainsi que certaines ETI », précise Jean-Luc Sanjosé, directeur commercial de DimoMaint. Cette société emploie 120 salariés pour un chiffre d’affaires annuel de 15 millions d’euros.

 

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Dans la pratique, Savoye assure la conception et l’intégration des solutions d’automatisation pour la gestion des flux internes, ceux d'un entrepôt logistique en premier lieu ou ceux des ateliers de production. Les solutions sont pilotées par ses propres logiciels de WMS (Warehouse Management System) et de TMS (Transport Management System). Sur le terrain, elles comprennent notamment des systèmes automatisés de préparation de commandes et des robots mobiles.

A partir de l’entrée en exploitation, Migen déploie ses équipes afin d’assurer la maintenance et de garantir la disponibilité des équipements. Et par l’implantation de son logiciel de GMAO, DimoMaint vient « couronner le tout » avec une plateforme de gestion des données. « Le déploiement de notre solution de GMAO permet ainsi de centraliser les données et de couvrir l’ensemble des étapes du processus de production, de la conception jusqu’aux portes de l’expédition », poursuit Jean-Luc Sanjosé.

Les trois acteurs identifient plusieurs avantages à cette combinaison. En mode « réaction », elle doit assurer « une meilleure disponibilité des équipements », la « réduction des arrêts non planifiés » et des occurrences de recours au service après-vente, un gain de temps dans les interventions, en somme un recentrage du client sur sa valeur ajoutéeL’automatisation de la supply chain ainsi mise en place répond aussi à la problématique d’une pénurie croissante de techniciens qualifiés pour ces prestations au sein des entreprises clientes.

Les événements passés mis en mémoire

Savoye DimoMaint
Le Lyonnais DimoMaint déploie, quant à lui, ses logiciels de GMAO (gestion de la maintenance assistée par ordinateur). © DimoMaint

Mais l'offre mutualisée permet aussi de passer résolument à une maintenance « prédictive », intégrant davantage l’adaptation-évolution des équipements à programmer et anticipant mieux les événements prévisibles : liste de pièces à changer, à quel moment, etc. « La gestion des données permettra de mieux préparer les contrôles règlementaires sur les équipements et de constituer une sorte de « bibliothèque » de mémoire des informations passées, chez le client et plus largement sur d’autres installations similaires », souligne Jean-Luc Sanjosé.

« Le métier connaît ainsi une évolution importante : l’intralogistique devient un système piloté par la donnée, avec des enjeux de prédicité, de disponibilité et d’optimisation », ajoute Christophe Madoz, responsable opérations et ingénierie maintenance – service client chez Savoye.

En aval du process par exemple, dans la préparation et la délivrance des commandes, la gestion du « cut-off », l’échéance pour le départ des marchandises, en sera optimisée, selon les prévisions de l’intralogisticien  (700 salariés, chiffre d’affaires de 141 millions d’euros en 2024) détenu par le groupe chinois Noblelift. « Il sera plus aisément possible de remonter dans la chaîne des causes si un camion n’est pas rempli au volume qui était prévu, par exemple », cite Christophe Madoz. Le responsable de Savoye l’assure :  « Les synergies ainsi mises en place entre nos trois entreprises font passer d’un modèle classique de maintenance à une logique de pilotage de la performance dans la durée ».

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