Trois évolutions majeures caractérisent le monde de la logistique depuis quelques années, selon la vision de Benoît Cudel (Simco Consulting à Chalon sur-Saône) forgée par son expérience de plusieurs décennies d’expérience dans le métier : essor de l'e-commerce, digitalisation, et non-artificialisation des sols. Ce dernier défi n'est pas le moindre pour une filière traditionnellement gourmande en foncier.
« Le développement de l’e-commerce, d’abord, a rebattu les cartes du secteur logistique et posé un défi de réponses dans l’urgence. Ce phénomène se tasse toutefois en ce moment, mais pas au point de provoquer un retour à la situation d’avant-Covid : on ne fait pas machine arrière. Ensuite, la digitalisation des flux est devenue la norme. Enfin, le besoin augmente d’optimiser les surfaces dédiées à la logistique. C’est la conséquence d’une certaine recentralisation de la production depuis l’étranger, fonction qui consomme à son tour des mètres carrés, et de l’impact des règles de limitation de la consommation foncière, le ZAN (zéro artificialisation des sols) », décrit Benoît Cudel.
En somme, expose le spécialiste, « il faut densifier, savoir faire plus - ou mieux - avec moins de mètres carrés. » Ce troisième défi est sans doute le plus complexe pour un domaine d’activité habitué à tirer parti de l’étalement urbain et à consommer le terrain sans modération.
« Il peut se gérer d’un point de vue physique, poursuit Benoît Cudel : à l’instar de la construction de logements et de bureaux qui misent sur la surélévation, on peut travailler à réaménager les entrepôts de sorte à augmenter les niveaux et hauteurs de stockage et ainsi à regrouper les volumes, par exemple par trois cellules plutôt que quatre. C’est une réponse qui semble logique et basique, mais il y a encore du travail à faire pour qu’elle s’installe dans les esprits. La majorité des bâtiments logistiques montent à 12 mètres, il est possible d’atteindre 18 mètres et même au-delà avec une bonne conception, dès lors toutefois que les PLU (plans locaux d’urbanisme) l’autorisent : une partie de la réponse dépend donc aussi des élus et de leur pré-disposition à tirer les conséquences de la quête de la sobriété foncière, du point de vue de l’immobilier logistique. »
Choisir où concentrer la ressource humaine

A cet enjeu de la modération dans la consommation de surface, l’automatisation des préparations de commandes puis de leur acheminement peut apporter beaucoup, assure Benoît Cudel. Par une optimisation des flux, par l’introduction des véhicules de conduite automatisée, « il est possible de gagner de la place « vide », celle notamment qui est laissée au sol pour le croisement de marchandises. On peut les faire circuler sur des voies intérieures de moindre largeur que les dimensions imaginées pour des engins de type Fenwick, sans augmenter les risques sécurité. »
Cette automatisation aide, de surcroît, à résoudre d’autres problématiques fortes du secteur de la logistique, poursuit le spécialiste : « la pénurie de main d’œuvre et la lutte contre la pénibilité. Ces contraintes doivent aboutir à bien cibler quels gestes, quelles fonctions gardent à l’humain sa vraie valeur ajoutée et là où il faut concentrer les ressources humaines en conséquence. »
« Enfin, la logistique a tout lieu d’investir à son tour les friches, ce qui implique pour elle un changement de paradigme par rapport à ses habitudes de raisonnement en construction neuve », ajoute le dirigeant de Simco Consulting. La solution la plus radicale ne consisterait-elle pas à se passer complètement de la logistique ? Inconcevable et économiquement insensé, répond Benoît Cudel, au regard du nouveau statut qu’elle a pris ces dernières années : non un objet planté au milieu de nulle part et « internationalement mobile » comme l’ont pu l’être des plateformes de multinationales – même si le phénomène existe toujours – mais une fonction intimement liée à une production sur le même site ou à sa proximité immédiate.
« La réindustrialisation émergente change la donne. Renoncer à la logistique, c’est aujourd’hui priver la production de son bras armé et on imagine mal des élus adopter cette posture destructrice d’emploi. On a coutume d’évaluer qu’un m2 de production génère 2 à 3 m2 de logistique. Si l’on parvient déjà à se rapprocher du bas de cette fourchette, un pas intéressant aura été franchi. »
Simco Consulting, un conseil en organisation logistique venu d’Italie

Simco Consulting s’est focalisée sur le conseil aux entreprises pour leur organisation logistique et leur supply chain, qu’il s’agisse des chargeurs ou des prestataires logistiques. Elle aide les premiers à monter leurs appels d’offres de fournisseurs, et les seconds à y répondre. Pour la recherche de l’optimisation des schémas de circulation des flux, elle s’appuie sur un logiciel de simulation 3D d’origine américaine.
Elle a ajouté la prestation de formation, consacrée et reconnue l’an dernier par la certification ad hoc, Qualiopi. Simco Consulting, basée à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) dans le Bâtiment K résultant de la reconversion du site Kodak, effectue ses prestations « en totale indépendance des fournisseurs de solutions pour la logistique », insiste son dirigeant Benoît Cudel. Sa société locale d’origine en 2015 a rejoint depuis 2021 le groupe italien Simco Consulting fondé en 1981 et qui réalise un chiffre d’affaires annuel de 2,5 millions d'€.



















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