Constructeur près de Nancy de matériels d’entretien des espaces verts et des bords de route, Noremat lance sur le marché sa nouvelle « Rolls » : une faucheuse-débroussailleuse de grande dimension mais conçue pour se faufiler aussi dans les petites zones de travail. Cette nouveauté, la plus significative pour l’entreprise depuis des années, s’inscrit dans le plan de développement qui a fait passer le cap de l’ETI à la PME familiale créée par la famille Bachmann au début des années 1980.
Dans l’univers des machines d’entretien des espaces verts, des paysages et des accotements qui est celui de Noremat, les « vraies nouveautés » ne sortent pas tous les jours, ni même toutes les années. C’est dire que pour le constructeur lorrain, l’arrivée dans sa gamme d’une faucheuse-débroussailleuse d’un type inédit compte, dans une histoire de plus de 40 ans.
Ce modèle portant le nom de Delta 97T a été dévoilé le 3 avril, lors d’une cérémonie d’une certaine envergure dans les locaux de l’entreprise à Ludres en périphérie de Nancy (Meurthe-et-Moselle), auprès de ses futurs utilisateurs, les agents d’entretien de collectivités et les entrepreneurs de travaux agricoles et forestiers, un métier regroupé sous le terme d’entrepreneurs des territoires (EDT). « C’est un grand jour pour nous », n’a pas caché Olivier Abgrall, le directeur général de l’entreprise de 315 salariés fondée en 1981 par Jacques Bachmann et présidée par son fils Christophe. La dernière sortie de gamme d’importance remontait à 2021.
Sans qu’un chiffre précis soit communiqué, le nouvel outil a mobilisé depuis quelques années une bonne part du budget d’investissement en R&D du concepteur-fabricant qui est situé d’un exercice à l’autre « entre 3 et 4 % » d’un chiffre d’affaires porté l’an dernier à 89 millions d’euros. Sur le plan technique, il se distingue par ses dimensions agrandies avec ses bras qui peuvent se déployer à près de 10 mètres (9,70 m précisément) en longueur et à 11,80 m en hauteur, de sorte à atteindre la cime d’arbres majestueux ou d’aller « chercher » loin tel élément à élaguer.
Mais son ingéniosité, contenue dans sa « cinématique », le rend polyvalent selon Noremat, « avec une manipulation des bras tout aussi aisée dans des chemins étroits, par-delà une clôture, et en proximité de travail de quelques mètres », détaille Maxime Gauthier, chef de projet. Sa mise en œuvre bénéficie de plusieurs systèmes d’aides à la conduite. Fondés notamment sur la mémorisation de données comme les angles de travail, ceux-ci permettent au conducteur de piloter l’outil au moyen d’un joystick.
Malgré son concentré de technologie, « nous avons veillé à maintenir la Delta 97T sous le seuil des 100.000 euros en version de base », relève Olivier Abgrall. Elle est proposée « à partir » de 95.000 euros hors taxes, son châssis d’attelage compris.
Dix agences pour la vente en direct en France

La faucheuse-débroussailleuse XXL est donc destinée aux collectivités et aux EDT, qui composent à parité la clientèle de Noremat. L’équilibre est précieux à la désormais entreprise de taille intermédiaire (*) afin de se prémunir d’un coup de frein d’un côté ou de l’autre. La diète budgétaire des conseils départementaux, clientèle-clé par sa compétence routière, pourrait à ce titre constituer un motif d’inquiétude. Elle en reste, pour l’heure à un « point de vigilance » pour le dirigeant de Noremat, qui constate des « temporisations » dans les programmes publics d’entretien des routes mais pas une remise en question de fond ou une réduction de voilure trop marquée.
L’entreprise de Ludres affiche en tout cas une présence nationale complète, qu’elle fait reposer sur un réseau d’agences régionales ou interrégionales régulièrement renforcé. La dernière implantation remonte à 2021 à Bapaume (Pas-de-Calais) pour les Hauts-de-France. Elle a amené à 10 le total de telles implantations, un chiffre non définitif : « Nous réfléchissons à une nouvelle création, en application de notre objectif de pouvoir servir les clients dans un rayon de 2 heures de route », énonce Olivier Abgrall.
Ces agences sont au nom de Noremat, qui en tire une originalité et, selon elle, une force particulière face à une concurrence internationale, l’autre résidant dans le fait de fabriquer aussi les véhicules porteurs qui vont tracter les outils d’entretien. « Nous sommes seuls en France à opérer la vente en direct, par notre propre réseau, sans concessionnaires. Il en résulte une relation forte avec les clients », souligne le dirigeant, arrivé en 2021 au pilotage opérationnel de l'entreprise Les faucheuses, broyeuses et autres déchiqueteuses Noremat s’écoulent aussi dans une quarantaine d’autres pays en Europe, cette fois-ci via des distributeurs, et la société lorraine a constitué une filiale au Brésil.
Du matériel vert pour des espaces de même couleur

Les 11.000 m2 de halls couverts qu’elle occupe dans la zone industrielle de Ludres-Fléville – elle a poussé ses murs à plusieurs reprises depuis ses débuts modestes sur place – abritent les lignes d’assemblage. « Il faut compter trois jours pour monter une faucheuse-débroussailleuse, dont une demi-journée de finition (mise à l’huile, chauffage…). Nous fabriquons tous nos modèles à la commande », explique Guillaume Laurent, responsable marketing.
Les enjeux environnementaux façonnent aujourd’hui la stratégie du fabricant. Ils lui fournissent l’occasion de s’ouvrir à des partenaires. En « interne » d’abord. Deux sociétés ont été constituées ces dernières années afin d’ y loger spécifiquement des fonctions pouvant aussi trouver d’autres clients : Maneko pour la réparation et le reconditionnement de pièces détachées, et Accopilot, du nom d’un logiciel de gestion des travaux d’accotements (planification, suivi, rapport de compte-rendu…) pour la traçabilité, Ainsi s’est formé un quatuor (en incluant Noremat do Brazil) qui forme le groupe Actibac, en référence aux premières lettres du nom de la famille dirigeante Bachmann.
Olivier Abgrall souligne aussi avec fierté, et une certaine gourmandise, la co-création par Noremat de la chaire « Sagid + » (**) au sein de l’université de Lorraine, porteuse d’un projet de recherche sur la gestion durable des espaces à entretenir. « Ses résultats visent à nous donner ainsi qu'à nos clients un maximum d’informations pour des travaux qui ménagent au mieux la planète, montrant que nos métiers s’en préoccupent contrairement à une image qui leur est parfois associée, et qu'ils s’y investissement pleinement », commente le directeur général. Ce projet vient en quelque sorte rejoindre la finalité même de l’entreprise qui entend contribuer à l’entretien et l’embellissement d’espaces naturels.

(*) le seuil d’entrée dans cette catégorie se situe à 250 salariés selon la définition européenne, et/ou à un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros
(**) pour « Soutien aux métiers d’Accoroutiste à travers une Gestion Intégrale et Durable des dépendances vertes », accoroutiste désignant la profession d’entretien des accotements.





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