Organisée depuis juillet autour d’un trio dirigeant qui applique la promotion interne, l’entreprise se base plus que jamais sur la mise en œuvre harmonieuse de son réseau d’adhérents et autres PME du BTP, en endossant le costume de chef d’orchestre. Pour susciter aussi l’innovation et concilier rapidité et efficacité, autant de caractéristiques incarnées dans sa livraison-phare du moment, le centre d’enseignement en soins dentaires à Besançon sur le plateau du CHU.
Le principe du changement dans la continuité s’applique à Groupe 1000. Fidèles collaborateurs depuis une vingtaine d’années chacun de l’entreprise de construction de Besançon (Doubs), Vincent Detroye et Pierre Favre accèdent respectivement aux rangs de directeur général et de directeur de travaux. Ces prises de fonctions au 1er juillet dernier les font constituer un nouveau trio dirigeant avec Dominique Viprey qui repart pour un nouveau mandat de six ans de président (*). Lionel De Vettor, précédent directeur général, a pris sa retraite.
La trajectoire fixée à l'occasion de cette évolution de la gouvernance est celle d’ « un chiffre d’affaires qui puisse s’installer durablement dans la fourchette des 30 à 40 millions d’euros », souligne Dominique Viprey. Soit le niveau atteint en 2023 (35,2 millions d’euros) en croissancepar rapport aux 26,2 millions de 2022 et aux 18,9 millions de 2021 chiffre de point bas dans le contexte de la crise du Covid.
Ces évolutions accréditent la conviction des dirigeants que Groupe 1000 a bien installé son profil atypique dans le paysage régional (essentiellement franc-comtois) du BTP : celui d’un pilote et d’un fédérateur. Le chiffre d’affaires annuel n’est guère en rapport avec l’effectif direct, limité à 20 salariés. Constitué de conducteurs de travaux, d’ingénieurs et de techniciens de bureau d’études, ce personnel assure en fait la conduite et la coordination de chantiers dont la réalisation effective est confiée à un ample réseau d’entreprises : les 25 adhérentes à Groupe 1000, et d’autres. « La règle d’origine en 1986, à la fondation par Gérard Moyse, consistait à réserver au moins 50 % des commandes aux adhérents. Elle s’est assouplie, mais son esprit demeure », souligne Dominique Viprey.
A la création, ces membres au nombre de 35 cumulaient un millier de collaborateurs, chiffre qui a inspiré son nom à la société. Depuis, ils ont un peu diminué en quantité, mais fortement crû en effectifs.
C’est ainsi une force de frappe importante « et variée en prestations de gros œuvre, second œuvre et lots techniques » qui se déploie face à la concurrence de majors régionaux et nationaux. « Selon le chantier concerné et la façon dont il est monté par le donneur d’ordre, nous endossons nous-mêmes un rôle de contractant général, d’entreprise générale, d’ingénieriste ou encore de coordinateur (OPC ordonnancement-pilotage-coordination). Nous nous organisons en fait à la carte », expose Vincent Detroye.
Ecoles, Ehpad, gendarmerie, usines…

Le mélange de souplesse et d’effet d’échelle porte ses fruits. Ces dernières années, il a permis à Groupe 1000 d’entrer dans des marchés complémentaires à ses piliers historiques constitués notamment des établissements d’enseignement : collèges et lycées dont l’essor à l’aube de la décentralisation avait suscité la fondation en 1986, groupes scolaires publics et privés comme les sites Saint-Joseph à Maîche dans le haut-Doubs, Héricourt en Haute-Saône et Belfort.
Son « tableau de chasse » récent comprend l’Ehpad de Montferrand-le-Château (Doubs) en travaux jusqu’en 2026, la rénovation en 2022-23 de la caserne Bigueur de l’escadron de gendarmerie mobile de Dole (Jura) avec ses 154 logements comprenant un contrat de performance énergétique aux engagements mieux que tenus pour la première saison de chauffe l’hiver dernier (- 42 % d’économies d’énergie), ainsi que le marché de conception-réalisation de la réhabilitation de 438 logements du bailleur Habitat 70 à Vesoul, dont les troisième et quatrième tranche sont en travaux jusqu’à l’an prochain. Groupe 1000 pilote également de nombreux projets pour les industriels et entreprises technologiques, comme RD Biotech sur la zone Temis à Besançon ou Silvant à Damprichard (Besançon) pour son nouveau bâtiment livré cette année.
Délais ambitieux, mais tenus

Mais la grosse référence 2024 nous mène sur les hauteurs de Besançon, juste à côté de l’hôpital Jean-Minjoz : la construction du Centre d’enseignements en soins dentaires (CESD), livrée en juin et qui va entrer en activité ce début septembre. Elle regroupe 40 fauteuils qui permettront aux futurs professionnels de se former, mais « en vrai », auprès de patients en chair et en os..et toutes leurs dents, ou presque.
L’objectif d’édification en douze mois, trois d’études et neuf de chantier, a été tenu. « Il était tellement ambitieux que plus d’un avait prédit que nous allions nous planter. A tort », relève Vincent Detroye. La « matière grise » a œuvré de sorte à installer un mode opératoire ingénieux, sur deux-tiers des 3.300 m2 du nouveau bâtiment. Des modules en bois ont été fabriqués, par l’entreprise Ossabois, pendant que le chantier progressait sur place. Pré-équipées à 95 % avec leurs fenêtres, cloisons, revêtements de sols incorporés et leurs branchements pour les fluides, la ventilation et l’électricité, ces caisses sont venues s’imbriquer au fur et à mesure sans interruption des autres travaux dans l'attente de leur arrivée. Et tandis qu’un module s’installait sur place, un autre était pré-fabriqué en atelier. Cette progression au fil de l’eau a rendu possible le respect du calendrier.
Représentant un contrat de 13 millions d’euros HT (ce qui occasionnera un bond exceptionnel, et a priori temporaire, du chiffre d’affaires de Groupe 1000 vers 50 millions d’euros en 2024), le nouveau CESD souligne son lien avec l’hôpital - le CHU en est maître d’ouvrage - par la pose d’une passerelle entre les deux bâtiments. Et avec sa taille et son organisation, elle devrait aussi détendre significativement la situation tendue des soins dentaires à l’échelle de l’agglomération : à terme, 240 consultations pourront y être assurées chaque jour.
(*) Dominique Viprey est également le directeur de l’agence EIMI Elec de Besançon. Il préside la FFB (Fédération française du bâtiment) du Doubs depuis 2018 ainsi que les structures d’insertion Indibat et Geiq Pro (groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification) au niveau de la Franche-Comté.


















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