Devenu un acteur principal du génie climatique et électrique en France à la faveur notamment de la reprise de son confrère Lansard en Rhône-Alpes l'an dernier, EIMI entend rester prudent dans sa stratégie de développement, dans le contexte de hausse des prix de l'énergie. Le groupe familial de plus de mille salariés trouve de nouveaux vecteurs de croissance, parmi lesquels les réseaux de chaleur.
Depuis le Pays de Montbéliard, EIMI déploie sa « croissance raisonnée ». Croissances interne et externes se sont conjuguées depuis son origine en 1979 pour faire franchir au groupe la barre symbolique du millier de collaborateurs. Le « compteur » des effectifs de l’entreprise de génie climatique et électrique (*) basée à Etupes (Doubs) s'arrête désormais - et provisoirement - à 1.050 salariés.
Il a grimpé notamment par l’effet de l’intégration du personnel de la société ayant été l’objet, il y a un an, de la plus importante acquisition de l’histoire de EIMI : le groupe Lansard, ses 250 salariés et ses 40 millions d’€ de chiffre d’affaires annuel en Rhône-Alpes. Cette entreprise présente des similitudes avec son nouveau propriétaire : familiale, active principalement en génie climatique (chauffage-ventilation-climatisation) pour l’installation et la maintenance au service d’une clientèle de professionnels, et présente sur ses marchés par une organisation de proximité, en six agences.
« Ce dernier point est fondamental pour nous à l’échelle de l’ensemble du groupe : nous veillons à ce que notre taille grandissante n’affecte pas notre réactivité qui fait l’une de nos forces. Nos 28 implantations fonctionnent de manière autonome, de sorte à prendre les décisions seules ou, en cas de besoin, à nous rapporter directement auprès de la direction générale pour une réponse rapide », expose Sandro Nardis, le président du groupe EIMI depuis 2012, ayant succédé à son père Bartolino fondateur de la société en 1979.

Pour autant, EIMI ne prétend pas faire la course au gigantisme. Ce serait méconnaître le souci d’une « croissance raisonnée » dont la famille Nardis souhaite faire preuve, une attitude renforcée par les multiples incertitudes qui touchent en ce moment le monde économique en général et le secteur de l’énergie en particulier. Pas donc de plan à trois ou cinq ans pour atteindre coûte que coûte un montant de chiffre d’affaires déterminé – celui de 2022 devrait se situer à 220 millions d’€. Ni de liste de confrères à racheter, même si Sandro Nardis convient que la dimension désormais prise par EIMI la place pour participer à la consolidation de son secteur d’activité.
« Au fil des dernières années, nous avons tissé un réseau qui couvre déjà un très grand quart nord-est de la France, délimité par une ligne Lille-Grenoble passant par Paris, avec des excroissances vers la Suisse romande suite à l’acquisition sur place de Mino en 2018, et vers Rennes pour l’accompagnement de PSA, notre client historique », expose Sandro Nardis.
Son évolution, l’opérateur du nord-Franche-Comté l’oriente plutôt en priorité vers l’élargissement de son offre, de manière à se positionner comme « prestataire de services en efficacité énergétique et environnementale », selon l’expression de son président : renforcer le pôle d’études préalables sur la performance énergétique ; et investir plus résolument encore le créneau des réseaux de chaleur urbains, dans le prolongement de quelques références phares comme Amnéville (Moselle) ou Montbéliard. « Un développement fort est attendu dans ce domaine dans le segment des collectivités de moins de 50.000 habitants », souligne Sandro Nardis. EIMI s’y estime légitime pour apporter des solutions, « en conception-réalisation de la centrale énergétique, création-installation du réseau et des sous-stations ».
L’industrie, toujours pilier

Ce potentiel de croissance auprès des collectivités locales ne doit pas occulter la place prépondérante que l’industrie et le tertiaire continuent d’occuper dans le portefeuille de clientèle de l’entreprise familiale. Le tremplin qu’a constitué pour elle le groupe PSA (aujourd’hui Stellantis) l’a fait « rebondir » dans de multiples secteurs : l’agro-alimentaire (Mars en Alsace, Roquette et Leroux dans le Nord…), l’aéronautique, l’industrie pharmaceutique (Vétoquinol en Haute-Saône, Lilly et Merck en Alsace…), et dans le tertiaire, le commerce avec l’équipement de nombreux magasins Ikea ou des data-centers. Dans l’automobile toujours, les références autres que Stellantis se nomment par exemple Faurecia (devenu Forvia) et Renault.
Ce secteur procure aussi à EIMI le plus gros contrat de son histoire, décroché ce printemps : les « utilités » (production de froid, chaud, air comprimé...) de la future usine de production de cellules de batteries électriques ACC (joint-venture Stellantis-Saft-Mercedes) à Douvrin (Pas-de-Calais), représentant 28 mégawatts de froid et 10 MW de chaleur à produire chaque année.
En réponse aux demandes de plus en plus exigeantes des clientèles, EIMI a récemment conçu un « outil de monitoring de la performance énergétique », baptisé EIMI Perf, qui va permettre à ses clients de suivre et d’optimiser leurs consommations énergétiques. Toujours pour rester le plus réactif possible.

Pour ne pas diluer ses valeurs familiales et indépendantes dans sa croissance des dernières années, EIMI a forgé un projet d’entreprise sur la période 2019-2024, autour de trois axes : « métiers » en capitalisant sur son savoir-faire et en anticipant les besoins de demain, « clients » en développant toujours plus de services et de solutions différenciantes créatrices de valeur pour sa clientèle, et enfin « collaborateurs » en proposant et en mettant en œuvre des conditions de travail améliorées pour ses équipes.
Sur ce dernier sujet, le groupe EIMI a notamment déployé un programme de prévention des accidents commun à toutes les agences, qu'il a bâti avec l’organisme OPPBTP. Il recourt massivement à l’apprentissage (70 apprentis actuellement) et mène un plan de formation ambitieux, représentant 10.000 heures par an. Avec comme résultante, « un faible turn-over », selon le dirigeant. Une centaine de collaborateurs s’impliquent dans l’actualisation et l’enrichissement de ce projet interne baptisé Pacte Energies 2024, jusqu’à son terme.
(*) Également active dans les cuisines professionnelles via sa filiale Kuthe acquise en 2018
Photos fournies par l'entreprise.










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