Constructeur, installateur et exploitant d’infrastructures d’énergies renouvelables, Boralex a déjà tissé sa toile dans le Grand Est et plus minoritairement en Bourgogne-Franche-Comté dans le domaine de l'éolien, avec 14 parcs en fonction. Il accélère à présent dans les installations photovoltaïques, en particulier dans l’Yonne où il est engagé dans cinq projets.
Le soleil en plus du vent. Les éoliennes de Boralex ont déjà bien poussé dans l’Est, or voici que cet opérateur d’énergies renouvelables d’origine canadienne veut avancer localement ses pions pour le second pilier de son offre : le photovoltaïque. « Centrales au sol, centrales flottantes, agriphotovoltaïsme, nous sommes ouverts à toutes les options et dotés des expertises pour les mener à bien », assure Arthur Saltier, responsable développement Est.
Ce groupe coté (*) s’affiche comme un opérateur intégré des énergies renouvelables : il pilote « toute la chaîne », à savoir le portage des projets, leur dossier administratif, la construction, l’exploitation et la maintenance.
Plusieurs projets photovoltaïques en Bourgogne, plus précisément dans l’Yonne, le mobilisent. Celui dénommé « Plaine de Nange » doit prendre place entre les communes de Rosoy et Etigny, dans l’ancienne gravière arrêtée en 2009. S’il est mis en service au début de l’année 2026 comme le projette Boralex, il proposera une première dans l’Est et presque en France où de tels cas sont rares : la combinaison « au sol » et « flottant ».
En effet, le parc s’étendra à la fois sur un terrain ferme de 10 hectares et sur le plan d’eau attenant de 40 ha. Selon l'opérateur, le flottant présente le double avantage de ne pas consommer d’espace terrestre et d’accélérer le refroidissement des panneaux. La puissance visée pour Plaine de Nange atteint 27 mégawattscrête (MWc), pour un investissement d’un peu plus de 20 millions d’euros.

Une enveloppe financière comparable est prévue à Piney (Yonne) en mode au sol exclusivement vcette fois-ci, pour une mise en exploitation de 33 MWc, fin 2027 sur 45 hectares. « Nous allons en déposer la demande de permis de construire en mars prochain », précise Arthur Saltier. L’opérateur porte un autre dossier (dépôt de demande cet été) entre Escamps et Diges qui devrait s’étendre sur un peu moins de 40 ha, ainsi qu’un projet à Villemanoche pour 22MWc en 2028, sur le site de la carrière du cimentier Cemex.
Agriphotovoltaïsme

Quant à l’agriphotovoltaïsme, Boralex le met en oeuvre sur la commune de Dixmont (Yonne), à la ferme de Champbalay, auprès d’un couple d’éleveurs ovins. Les quelque 15.000 panneaux d’une puissance de 11 MW louvoieront sur 15 hectares au milieu des pâturages. La disposition est présentée comme ayant été étudiée dans ses moindres détails de sorte à ne pas déstabiliser les moutons et de les protéger du contact par une clôture de 2 mètres de haut, tandis que l’ombre des panneaux doit stimuler la pousse de l’herbe. Le dossier en a été déposé au printemps dernier à l’Etat.
Ainsi, la partie nord de la France est gagnée à son tour par les ambitions photovoltaïques de Boralex qui s’étaient d’abord exprimées dans le Sud. Son représentant régional assure que la focalisation plus marquée dans la région sur le solaire n’a pas de rapport avec une contestation de projets éoliens, dans un contexte où le « vent » tourne dans un sens moins favorable aux grandes pales dans l’opinion, parmi les riverains et parfois aussi auprès des préfectures.
En matière d’énergie éolienne, le groupe estime avoir déjà atteint un palier significatif dans l’Est, « territoire qui représente un cinquième de notre puissance installée en France, avec un total de 220 gigawatts », relate Arthur Saltier.
Les installations se concentrent en particulier dans l’Aube et la Haute-Marne. Boralex comptabilise 14 parcs installés depuis le début des années 2010 dans l’Est, soit 12 dans le Grand Est et deux en Bourgogne : celui du Pays d’Othe et celui des Clerimois, toujours dans l'Yonne. Ils déploient chacun 8 MW mais le second va faire l’objet d’une autre opération encore rare : son « repowering », un doublement de la puissance et triplement de la production à 47 Gwh/an (contre 15) sans ajoute de nouvelle éolienne. Boralex vise l’autorisation d’extension pour 2026, dans le but de la mettre en service deux ans plus tard.

Photos fournies par l'entreprise.
(*) il a réalisé en 2023 un chiffre d’affaires légèrement supérieur à 1 milliard de dollars canadiens (670 millions d'euros) et un bénéfice d’exploitation de 226 millions de dollars canadiens (151 millions d'euros).























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