Les trois lettres de son abréviation sont inscrites dans le nom du cluster régional des travaux publics, et ce n’est pas un hasard. La diffusion de la responsabilité sociétale des entreprises constitue un axe directeur d’activité pour Ecorse TP. Une dizaine d’entreprises de la région ont décroché la labellisation dédiée de la profession. Parmi elles, Thivent en Saône-et-Loire, qui a témoigné lors de la récente matinée organisée sur le thème par le cluster, à Ahuy près de Dijon.


« Et vous, quelles sont vos nouveautés en termes de RSE ? » C’est un peu la phrase d’introduction que les chefs d’entreprises se sont passé les uns et les autres en arrivant à la matinée du cluster Ecorse TP intitulée « La RSE dans les travaux publics, transformer les contraintes règlementaires en opportunité. »

La rencontre a débuté par la présentation des nouvelles obligations règlementaires de la directive européenne Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD). Applicable depuis le 1er janvier 2024, elle oblige les entreprises de plus grande taille (*) à répertorier toutes leurs actions en matière de développement durable dans le bilan extra- financier, de façon à être évaluées par rapport à un maximum possible de 1.000 points.
 

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« La RSE dans les TP, transformer les contraintes règlementaires en opportunité », ainsi s'intitulait la matinée dédiée du cluster Ecorse TP. © Claire Paris


Après les témoignages de maîtres d’ouvrage (Grand Besançon Métropole, Région Bourgogne-Franche-Comté, SNCF Réseau et GRDF) sur la place croissante des critères environnementaux et sociaux dans les marchés publics, le parcours d’entreprises a été mis en avant. En Bourgogne-Franche-Comté, une dizaine d’acteurs des travaux publics sont engagés dans le processus, couronné par le label "Parcours RSE TP" orchestré par la fédération nationale des travaux publics.

Thivent en fait partie. La performante société de 170 salariés répartis entre La Chapelle-sous-Dun, au sud de la Saône-et-Loire (120 salariés), Dompierre-sur-Besbre dans l'Allier (20) et Saint-Georges-de-Reneins dans le Rhône, axe une bonne partie de ses actions sur la décarbonation du CO2« Tous nos camions sont géolocalisés, ce qui se traduit par des économies de carburant et d’entretien. A l’horizon 2030, 100% d’entre eux rouleront au biocarburant. Qualité, sécurité, environnement, notre engagement englobe de nombreux paramètres mais la RSE ne se fait pas à n’importe quel prix : elle doit rester adéquation avec nos performances économiques ! », prévient Marc Dumas, directeur général.

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Mais l’une peut aider l’autre : le dirigeant de Thivent relève les avantages qui découlent de la démarche RSE dans les relations avec les banques et les clients. « Les organismes bancaires nous proposent alors des prêts bonifiés et je sais que les collectivités (représentant 60 % du chiffre d’affaires annuel de 30 millions d’euros, Ndlr) nous remarquent aussi grâce à notre label. » Marc Dumas relate comment un important marché public a été remporté, par le fait d’ajouter à l’offre de prix en euros une autre en tonne équivalent CO2.

 

Bientôt le niveau performant 

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« Les organismes bancaires nous proposent des prêts bonifiés quand onous sommes en démarche RSE et je sais que les collectivités nous remarquent aussi grâce à notre label », observe Marc Dumas, directeur général de Thivent. © Thivent


Thivent s’est engagé sur sa décarbonation en augmentant l’utilisation de matériaux recyclés. La PME construit ou rénove désormais des routes au moyen d'enrobés à plus basse température - 120°C contre 160°C auparavant. Elle a décroché en novembre 2021 le label RSE TP au niveau « engagé ».

« Nous avons l’objectif d’atteindre le niveau suivant, RSE performant. Pour moi, c’est un vrai engagement. Il faut montrer ce que l’on fait et afficher un concept vertueux avec l’ensemble de nos parties prenantes. » Il s’agit aussi d’un levier pour attirer des salariés, selon Marc Dumas. « Aujourd’hui le salaire n’est plus le premier critère d’embauche et surtout pour intégrer dans nos entreprises des diplômés bac+5. »

 

Le bon choix d'une RSE précoce 

Et si c’était à refaire ? Marc Dumas pense qu’il a presque commencé un peu trop tôt. « En 2021, le plus difficile a été d’associer nos parties prenantes (fournisseurs, sous-traitants, clients ) à notre démarche. Petit à petit, avec les obligations réglementaires qui arrivent - et notamment sur des critères d’octroi de prêts - je me dis que nous avons fait le bon choix ! » 

(*) pour les entreprises de plus de 500 salariés cette année, puis celle de plus de 250 salariés en 2025 et les PME cotées en bourse de plus de 10 collaborateurs en 2026

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