L’usine de boulangerie-viennoiserie du groupe espagnol, dont la cérémonie de début de travaux s’est déroulée mardi, représente un investissement de près de 80 millions d’€ et la création de 120 emplois dans un premier temps. Elle parachève la première tranche de la nouvelle phase de la zone SaôneOr, incarnation du renouveau de l’agglomération sur les lieux mêmes du choc que constitua la fermeture de Kodak.


L’Espagnol Vicky Foods a posé mardi la première pierre de son usine de boulangerie-viennoiserie à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire)
. Annoncé par l’investisseur il y a près de deux ans, le projet entre ainsi dans la phase travaux. C’est « le plus ambitieux que notre entreprise familiale ait effectué depuis sa création en 1952 », souligne le président de Vicky Foods, Rafael Juan Fernandez.

L’occasion de cette cérémonie a permis de confirmer et de préciser l’ampleur de l’implantation. Vicky Foods va investir un total de 79,5 millions d’€, avec des aides publiques d’1,8 million d’€ de la région Bourgogne-Franche-Comté (1,4 million d’€) et de l’Etat. Cette quatrième usine pour lui après l’Espagne et l’Algérie s’étendra sur une surface bâtie de 22.900 m2 dans une première phase constituée d’un atelier de production et de deux entrepôts respectivement pour la réception des matières premières et l’expédition des produits finis : du pain de mie pour l’essentiel.

Côté emplois, 120 seront créés durant la première phase et un nombre équivalent est programmé dans le cadre d’une extension ultérieure qui porterait ainsi à plus de 250 le total des embauches. La production doit démarrer à l’automne 2024, un semestre après la livraison du bâtiment.

 

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Accompagné dans son projet par l’AER (Agence Economique Régionale) Bourgogne-Franche-Comté, Vicky Foods (2.700 salariés) a trouvé en son terrain d’implantation, la zone SaôneOr, l’alchimie, selon ses dires, entre disponibilité foncière généreuse (l’entreprise s’installe sur 14 hectares), positionnement géographique aux abords des autoroutes et au cœur de l’Europe, proximité des matières premières et intégration dans un bassin de culture industrielle.  

Il n’est pas le seul : son arrivée marque le parachèvement de la tranche de 50 hectares de la mégazone au nord de l’agglomération répartie entre Fragnes-la-Loyère, Chalon-sur-Saône et Virey-le-Grand et née de la fin de l’aventure Kodak. Ce qui constituait une réserve foncière de 110 hectares pour d’éventuels développements du groupe américain a été racheté en 2009, par la communauté d’agglomération du Grand Chalon après le départ de Kodak. « Il ne reste qu’un hectare de libre sur cette tranche de 50 ha qui aura créé 1.200 emplois, soit l’équivalent arithmétique de la baisse du nombre de chômeurs de notre bassin entre 2017 et 2022 », calcule Sébastien Martin, président du Grand Chalon.

 

La deuxième tranche en route

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La première pierre de l'usine de boulnagerie-viennoiserie a été posée mardi 21 mars par les dirigeants de l'entreprise et les élus autour du président du Grand Châlon, Sébastien Martin (3ème en partant de la droite). © Grand Chalon


Dès lors, la mise en commercialisation, depuis l’été dernier, de la deuxième tranche de 60 hectares arrive à point nommé et connaît une amorce de choix avec l’implantation annoncée pour 2026 d’Iten, acteur des micro-batteries, sur 5 hectares (100 emplois en prévision). De plus, le demi-diffuseur de l’A 6 achèvera le raccordement autoroutier de la zone comme prévu fin 2024, ses travaux menés par APRR pour 14,7 millions d’€ avec la participation financière du Grand Chalon et du conseil départemental de Saône-et-Loire ayant démarré ce mois de mars.

Aux atouts d’un « foncier disponible clé en main et pour des parcelles de toutes tailles, jusqu’à 15 hectares d’un seul tenant », le président de l’agglomération en ajoute un autre, fondamental selon lui : « Les entreprises arrivent dans un environnement de zones industrielles existantes qui créent une culture et une « atmosphère » commune. »

 

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De ce point de vue, la reconversion du site Kodak lui-même, qui a constitué la première étape de SaôneOr, a été décisive, seon Sébastien Martin. « On doit au directeur du site d’avoir défendu avec succès auprès de sa direction mondiale l’idée de laisser au territoire un campus. Plus de mille personnes travaillent aujourd’hui sur l’ex-Kodak. ». L'ancien centre de recherche est par exemple devenu l'Espace entreprises de 12.500 m2 qui vient de se rebaptiser le « K ».

 

Il faut décloisonner

Outre le développement de la friche Nordeon de 7 hectares, le travail va porter sur le qualitatif avec la montée en puissance de la formation en enseignement supérieur. « Dans un territoire de taille intermédiaire comme le nôtre, cette dimension est fondamentale si l’on veut y créer de la valeur ajoutée. Les 11 nouveaux diplômes à la rentrée (*) vont confirmer les quatre filières motrices des sciences et génie des matériaux, du génie industriel et maintenance, des transports-logistique et des carrières juridiques », expose Sébastien Martin, qui identifie un autre créneau à développer en priorité : « les formations d’ingénieurs des solutions digitales pour l’industrie. »

Et comme tout n’est pas parfait…et que l’amélioration continue s’applique aussi au développement économique, le président du Grand Chalon pointe un chantier à engager : « Améliorer le maillage du tissu économique. Les entreprises ne se connaissent pas assez entre elles, il faut les décloisonner ». Sébastien Martin estime que le mouvement est en marche avec des initiatives récentes comme l’Usinerie associant le CNAM (Conservaotire national des arts et méteirs), l’ENSAM (Ecole nationale supérieure d'arts et métiers) et l’UIMM, ou encore la prochaine plate-forme de contrôles non-destructifs CND Lab' pour le nucléaire.

 

(*) 3 licences innovation produits, industrie du futur et lean - 2 BTS gestion des transports et logistique associée et support à l’action managériale - 4 bachelors responsable du développement et du pilotage commercial, communication et création, programmation informatique et chargé de client banques – 2 master ressources humaines et design industriel  

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