La société d’innovation Iten annonce avoir choisi la zone SaôneOr pour implanter l’usine qui doit la faire passer, en 2026, à la production de série de micro-batteries à haute densité énergétique. Elle financera son projet au moyen d’une récente levée de fonds de 80 millions d’euros.
La haute technologie est attendue à Chalon-sur-Saône. La société d’innovation lyonnaise Iten a annoncé, ce mercredi, le choix de la zone SaôneOr, l’ex-site Kodak de l’agglomération de Saône-et-Loire, pour démarrer en 2026 (début de chantier au printemps 2024) la production à grande échelle de micro-batteries lithium-ion pour l’électronique, la spécialité qu’elle a développée depuis sa création en 2011.
Cette décision est assortie de la promesse de créer environ 100 emplois. Iten, qui se range dans la catégorie des « deeptech », cherchait une implantation de taille industrielle, en rapport avec le changement d’échelle dans lequel l’entreprise a estimé pouvoir s’engager à présent.
Ses capacités sont aujourd’hui regroupées dans une « usine-pilote » à Dardilly (Rhône) qui montera dans un an à 40 millions de pièces annuelles. Le projet à Chalon, lui, vise à atteindre un premier palier de 100 millions dans trois ans, puis à la démultiplier « par tranches modulaires de cette taille unitaire », précise le président-directeur général d'Iten, Fabien Gaben. Dans une précédente communication, la société évoquait la perspective à terme d’1,5 milliard d’unités , à prendre avec précaution.
À la place des piles bouton

Le moment est venu, en tout cas, selon sa vision, de passer à une cadence de série pour déployer le fruit de « huit ans de recherches et plus de 200 brevets ». Ces travaux ont abouti à concevoir des mini-batteries lithium-ion à base de céramique, produites sous forme de composants montés (soudés) en surface (CMS). Pas plus épaisses que deux cheveux, elles sont présentées par Iten comme la solution « révolutionnaire » appelée à supplanter les très classiques piles bouton, dans l’électronique en premier lieu, voire plus généralement dans toute configuration de « miniaturisation des objets connectés et communicants » et de « mini-stockage d’énergie ».
Selon la société lyonnaise, leur grande finesse ne les empêche pas de pouvoir fournir une « densité de puissance mille fois supérieure aux piles bouton ». De quoi séduire aussi les secteurs des dispositifs médicaux, des télécommunications, de l’horlogerie ou encore de l’aérospatial, entre autres.
Du terrain immédiatement disponible

Pour sa nouvelle usine, Iten cherchait un terrain de 5 hectares, qu’elle a donc trouvé sur SaôneOr. « Nous avons été en concurrence finale avec un site en Rhône-Alpes. Ce qui a fait la différence, c’est l’offre clé en main que nous avons pu proposer, assurant une disponibilité immédiate, sans devoir attendre de franchir l’étape d’un permis de construire », a exposé à Traces Écrites News Sébastien Martin, président du Grand Chalon.
L’élu salue comme « historique » la décision de cet investisseur qui marque un tournant technologique pour l’agglomération, « arrivant juste à point nommé avec l’ouverture de L’Usinerie », le nouveau pôle chalonnais de la transition numérique. Sébastien Martin ne « doute pas » de la capacité du territoire à fournir les emplois qualifiés attendus « grâce à nos offres locales : IUT, CFA de l’industrie... ». Pour sa part, la région Bourgogne-Franche-Comté se déclare prête à financer les formations techniques requises, sa présidente Marie-Guite Dufay ayant salué l’aboutissement avec Iten d’un dossier « qui démontre que lorsque nos collectivités allient leurs forces, notre région est un territoire attractif. »
Fabien Gaben, le dirigeant d’Iten, met également en avant la « puissance électrique » disponible sur place pour un tel projet, et la « facilité d’accès au site » depuis Dardilly. Le projet est d’envergure à l’échelle d’Iten. Pour le financer, l’entreprise puisera en partie, ou plus probablement en intégralité, dans les 80 millions d'€ de fonds qu’elle a su lever en octobre dernier pour ce projet, auprès de trois de ses investisseurs d’origine, Habert Dassault Systèmes, Eren Group - une société active dans les énergies renouvelables - Innovacom, et auprès de deux nouveaux : Bpifrance et le groupe Seb (via sa société d'investissement SEB Alliance) dont le président Thierry de La Tour d’Artaise avait justifié la participation au tour de table par l’enjeu d’innovation pour le petit équipement domestique. Les autres actionnaires au capital d’Iten sont les fonds Demeter et Kreaxi.
C’est donc une entreprise au modèle économique reposant sur l’apport de capitaux qui se présente comme un nouveau phare à Chalon-sur-Saône. Elle cultive le mutisme sur ses effectifs et son chiffre d’affaires arguant de du caractère « non significatif » de cette donnée pour la deeptech qu’elle est. À charge pour elle de réussir son entrée dans une nouvelle dimension.
















.jpg)





.png)




































