L’entreprise de mécanique de précision basée à Nord (Doubs) dresse un premier bilan positif de sa cotation à Euronext engagée en décembre dernier. Elle estime disposer ainsi des capacités financières complémentaires à sa très bonne trésorerie pour augmenter son chiffre d’affaires de moitié en cinq ans, hors croissance externe possible.
Christian Mary est un coté heureux. Le patron d’Odyssée Technologies ne trouve que des avantages à l’entrée en bourse de l’entreprise de Nods (Doubs) opérée en décembre dernier sur le marché Euronext Growth. « Les nouvelles capacités financières qui en résultent nous permettent d’entrer dans la nouvelle dimension que nous visions dans notre spécialité, la mécanique de précision », a-t-il confié aux investisseurs réunis en visioconférence ce 13 octobre pour la publication des résultats du premier semestre 2025. Ou encore : « Par les exigences liées à la cotation, nous gagnons en professionnalisation pour l’élaboration de notre stratégie. »
Celle-ci dans le sens d’un petit groupe qui serait un peu plus diversifié qu’aujourd’hui dans les prochaines années et positionné sur des commandes unitaires plus importantes, en somme se placer dans la fourchette de la « petite et moyenne série » par laquelle Odyssée Technologies s’identifie.
La trajectoire aboutirait ainsi à un chiffre d’affaires de 30 millions d’euros en 2008, en hausse de près de 50 % par rapport aux 20,9 millions d’euros de 2024. Ce montant pourrait être renforcé à hauteur de 10 millions d’euros estimatifs par la croissance externe, une perspective belle et bien envisagée mais sans précipitation. « Nous avons déjà écarté des dossiers que nous étions disposés à étudier. Nous prendrons le temps qu’il faut. Faire de la croissance externe pour de la croissance externe serait malsain, et pourrait coûter cher si elle était contreproductive », déclare Christian Mary. Le profil, légèrement esquissé ce 13 octobre, irait, logiquement, vers une PME qui permettrait de poursuivre la diversification du portefeuille clients.
Le décollage est attendu à partir de l’an prochain. Pour cette année, la stabilité est de mise avec un montant de chiffre d’affaires à mi-2025 de 10,5 millions d’euros quasi-identique (*) à la première moitié de 2024. Ce CA est donc aussi appelé à évoluer dans sa répartition, là encore sans enclencher la révolution parmi les trois sociétés du groupe de 174 salariés : Gresset & Associés à Nods (Doubs) le siège, SN Lafourcade à Tarbes (Hautes-Pyrénées) et Précision Mécanique de Brive dans cette ville de Corrèze.
A 61 % (à mi-2025), l’aéronautique occupe une part reconnue « un peu élevée », toutefois bien moindre que les près de 100 % d’il y a quelques années. Mais ce secteur est porteur actuellement pour les pièces de systèmes hydrauliques, de systèmes de freinage et de moteurs que produisent les entités d’Odyssée Technologies. Celles-ci ont su par exemple séduire récemment la division Craft Engine de Safran qui ne figurait pas encore dans la liste des clients.
« Tout en poursuivant sa propre croissance »,insiste le président-directeur général, l’aéronautique est ainsi appelée à se voir grignoter quelques points, au profit du spatial tombé « par des circonstances provisoires » à 1 %, et plus encore par la défense terrestre (**). « Nous avons participé à la montée en puissance du canon Caesar (du groupe KNDS) et avons de nouvelles perspectives », souligne Pierre Paget, responsable du site de Nods. Par ailleurs, le nucléaire, la construction navale et l’industrie ferroviaire ont vocation à renforcer la liste déjà en augmentation des débouchés industriels (15 % aujourd’hui : pharmacie, optique…). Enfin, l'énergie pèse 6 % pour la première partie de l’exercice en cours.
Investissements chez Gresset dans le Doubs

Dans ce contexte, le programme d’investissement va maintenir sa cadence annuelle de 2 millions d’euros au cumul des sites. Chez Gresset à Nods par exemple, un nouveau centre d’usinage robotisé est entré en fonction fin 2024, et une extension du site est envisagée.
L’ensemble de PME estime disposer d’épaules assez larges pour financer de tels développements. Le résultat d’exploitation a progressé de 8,5 % sur les six premiers mois de l’année, à 1 million d’euros (***), notamment par la capacité qu’a eu Odyssée à choisir ses matières premières de façon suffisamment pertinente pour diminuer de 23 % son budget achats, « malgré la hausse des cours », relève le P-DG. Le désendettement se poursuit , les derniers remboursements de PGE (prêts garantis par l'Etat) interviendront l’an prochain. Et la trésorerie est abondante : « elle dépasse la dette, une situation exceptionnelle qui nous confère des atouts forts »., commente Christian Mary. Les capitaux propres avoisinent aujourd’hui 15 millions d’euros.
Gresset et ses sœurs s’enhardissent ainsi, pour viser par exemple « une qualification pour la production de série » pour le fabricant de missiles MBDA. Se voient-elles trop belles alors qu’elles demeurent petites parmi des concurrents de taille ? Christian Mary ne le pense pas. « Notre avance technologique, elle vient de notre réseau de PME et elle est solidement basée dans nos propres ateliers et process. Nous atteignons une part très élevée de 60 % de valeur ajoutée par rapport au chiffre d’affaires. Cela nous rend maîtres de notre destin », répond-il.
(*) une très légère hausse de 0,3 %
(**) Odyssée rassemble le militaire et le civil dans la catégorie aéronautique, faisant valoir que les frontières entre les deux applications ne sont pas étanches pour ses productions.
(***) pour un résultat net de 700 000 euros (+ 6,4 % sur un an). La répartition actuelle du capital : 60,05 % Christian Mary 38,1 % autres actionnaires, 1,86 % Luc Gaillet. Consulter l’évolution du cours de l’action



























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