Le rendez-vous professionnel qui se tient depuis hier et jusqu’à aujourd’hui fait s’allumer en vert les clignotants pour la filière dans la région : les projets industriels (McPhy, Gen-Hy, Faurecia…) progressent conformément à leur calendrier et leur ampleur, et les jeunes sociétés tiennent aussi leurs objectifs. La perspective de 1.500 nouveaux emplois dans trois ans devient réaliste.
La filière hydrogène bouillonne bien en Bourgogne-Franche-Comté. Pour s’en rendre compte, il est encore possible de faire un tour ce mercredi 4 octobre à la troisième édition du Forum Hydrogen Business for Climate à Belfort. Quarante exposants, 70 intervenants et plus de 400 visiteurs professionnels ont répondu à l’invitation des organisateurs, le Pôle Véhicule du futur associé à l’Agence économique régionale (AER).
Se dessine, de façon réaliste, la perspective de la création de 1.500 emplois d’ici à 2026 parmi la quinzaine d’entreprises de Bourgogne-Franche-Comté, déjà installées ou à venir, dont l’activité est directement liée à l’hydrogène, sans compter la centaine d’établissements qui réalisent une part de leur chiffre d’affaires dans cette source d’énergie (*).
Autre indicateur de la dynamique en cours, le Club H2 BFC rassemble plus de 60 adhérents pour le partage d’expérience et d’informations et le Pôle Véhicule du futur, qui l’anime, dénombre la labellisation de 18 projets hydrogène mobilisant 71 partenaires pour un investissement cumulé de 500 millions d’€. « Nos groupes de travail proposent un accompagnement pour une approche multi-technologies, car on ne peut en exclure aucune par principe : électrolyse, thermolyse, pyrogazéification, pile à combustible, combustion thermique… », souligne Thierry Tournier, président du Pôle.
« La filière est installée, reconnue, et acquiert une notoriété qui va bien au-delà des limites territoriales de la région », souligne Jean-Claude Lagrange, président de l’AER. A la satisfaction des élus, elle irrigue bien les différents secteurs géographiques de Bourgogne-Franche-Comté, de Nevers avec le projet privé Oreca jusqu'aux initiatives d’origine publiques à Dijon, Auxerre ou encore Mâcon.
Le fief, « naturel », n’en reste pas moins le Nord Franche-Comté. Le territoire de Belfort à Montbéliard concentre les principaux projets, auxquels le Forum fournit l’occasion de confirmer leurs calendriers respectifs. Le directeur général d’Inocel, Jules Billiet, avance « fin 2024 » comme date de début de production des piles à combustible que la société grenobloise a choisi d’installer à Belfort au Techn’Hom, « pour 500 emplois rapidement et 700 à terme.»
Forvia (ex-Faurecia) fait monter en régime cet automne son usine de réservoirs sur le Technoland du Pays de Montbéliard, à Allenjoie (Doubs). McPhy donne rendez-vous au premier semestre 2024 pour le démarrage de son unité d’électrolyseurs de grande puissance (jusqu'à 100 MW et plus) pour 450 emplois à l’Aéroparc de Fontaine (Territoire de Belfort). Le site développera une production cumulée d’1,3 gigawatts (GW).
Financement européen en vue pour Gen-Hy

Pour Gen-Hy, le chantier de l’usine à Allenjoie et Brognard d’électrolyseurs en mode intégré (fabrication des membranes et des électrodes et assemblage final) pour des puissances modulaires (de 100 KW à 2 MW) démarre ce mois-ci. « Le bâtiment sera prêt fin 2024, puis les équipes de notre partenaire Eiffage Energie Systèmes (actionnaire à 15 % de la société de portage, Ndlr) assureront l’industrialisation en déployant leur savoir-faire en robotisation et automatisation. L’activité pourra alors démarrer dans les premiers temps de 2025, avec 43 salariés comme annoncé, effectif qui va passer à 120 à mi-2026 », décrit Patrice Molle, délégué général. Les produits qui en sortiront pourront permettre, en pleine capacité, la production de 340 MW d’hydrogène.
Le dossier voit se profiler la perspective d’un gros coup de pouce financier : le gouvernement français vient d’en valider la soumission au PIIEC (Projets importants d'intérêt européen commun) de l'Union européenne, dans son plus récent « paquet » de trois projets en France. Gen-Hy devrait ainsi rejoindre McPhy et Faurecia parmi les heureux élus du programme européen, à l’échelle du Nord-Franche-Comté.
Les start-up ne sont pas en reste. D’une part, l’usine d’H2Sys sortira de terre en 2025 à Belfort pour le passage au stade industriels des recherches prometteuses de la société sur les générateurs électriques alimentés à l'hydrogène. D’autre part, Mincatec Energy vise, selon son dirigeant Emmanuel Bouteleux, « la fin 2024 pour le passage à la petite série » de sa solution innovante de stockage solide à basse pression et avec cogénération.
Des acteurs « traditionnels » sont également stimulés : le concessionnaire automobile Nedey porte un projet de production d’hydrogène à partir de la pyrolyse du bois, en réponse à un appel à manifestation d’intérêt de l’Etat, qui suscitera la constitution d’une société dédiée avec participation au capital du conseil régional, ont annoncé ce mardi, à l’ouverture du Forum, Charles Demouge le président de Pays de Montbéliard Agglomération et Marie-Guite Dufay la présidente de région.
ADN industriel

alimentés à l'hydrogène. © Mathieu Noyer
La dynamique s’appuie sur « 30 ans de recherche locale qui nous donnent l’antériorité mais aussi l’atout présent et futur, en appui de notre ADN industriel. La combinaison de ces facteurs fait s’implanter en Bourgogne-Franche-Comté des projets comme Inocel ou McPhy pour lesquels nous sommes en concurrence avec le Grand Est ou encore Auvergne-Rhône-Alpes », affirme Marie-Guite Dufay. Le FC-Lab de Belfort, référence internationale de la pile à combustible depuis plus de 20 ans, incarne cette qualité et tradition désormais longue de recherche fondamentale et appliquée.
A ce foisonnement, il faudra apporter, non seulement les volumes d’électricité correspondants, mais aussi le personnel qualifié pour sa mise en œuvre. Tous les acteurs ont conscience de l’enjeu ressources humaines. La candidature, l’an prochain, de la Bourgogne-Franche-Comté à l’accueil d’une Ecole nationale de production pour l’hydrogène mobilise leurs énergies. Le fonctionnement de ce type de formation, en réseau et non un lieu unique, sied à la variété des cursus dispensés dans la région, jusqu'à désormais un niveau bac + 6 grâce au jeune mastère hydrogène-énergie de l’Université de technologie Belfort-Montbéliard.
(*) Ces estimations sur le nombre d’entreprises impliquées ont été produites notamment par nos confrères du Trois (www.letrois.info) qui viennent d’éditer un nouvel hors-série de référence sur la filière hydrogène en Bourgogne-Franche-Comté.

















.png)












.jpg)






























