Le leader européen des canalisations pour le transport d’eau, Saint-Gobain PAM à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle), met en œuvre le volet « investissement » de son plan de retour à la compétitivité. Les 140 millions d’€ mobilisés sur quatre ans se traduisent notamment par le recrutement de 80 personnes. Le plan de départs volontaires d’il y a deux ans et la fermeture de deux unités en Meurthe-Moselle lui aurait redonner des marges de compétitivité.


Les deux derniers hauts-fourneaux lorrains encore en activité dressent leurs carcasses d’acier à Pont-à-Mousson, ville moyenne de Meurthe-et-Moselle, à mi-chemin entre Nancy et Metz. Ils sont exploités par la branche canalisation du groupe Saint-Gobain, également appelée Pont-à-Mousson (PAM).
Le 13 décembre dernier, Ludovic Weber, directeur général de Saint-Gobain PAM, a fait un point sur la situation économique de l’entreprise qui emploie 5.700 personnes dans le monde dont 2.000 en France, essentiellement dans le Grand Est. L’actualité du groupe est marquée par un investissement en cours de 140 millions d’€ sur quatre ans et le recrutement de 80 personnes cette année.

 

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L’industriel lorrain avait fait les gros titres au printemps dernier suite à l’annonce de son projet d’ouverture du capital à un industriel ou fonds étranger. Sa maison-mère Saint-Gobain recherche en effet un « partenaire » susceptible de relancer sa branche canalisation, plutôt marginale au sein du groupe, mais surtout malmenée ces dernières années. Outre la rude concurrence indienne et chinoise, son principal marché, l’Europe, a vu son activité divisée par deux en dix ans.
« Nous sommes toujours en discussion avec plusieurs partenaires potentiels dans le monde mais aussi en Europe », indique Ludovic Weber qui juge que cette alliance a des chances sérieuses d’aboutir en 2020. Mais le dirigeant tenait surtout à évoquer le retour à la rentabilité de l’entreprise attendu pour 2020 et ses besoins en main d’œuvre.

 

Rapatriement d’une unité allemande

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Saint-Gobain PAM a robotisé le conditionnement en piles de ses tuyaux de 350 à 700 mm de diamètre. © Philippe Bohlinger

Le « Projet d’avenir » engagé en 2017 pour quatre ans, lui aurait redonné des marges de compétitivité. La feuille de route comportait notamment un plan de départs volontaires de 400 salariés sur quatre ans ; une mesure simplifiée par une pyramide des âges favorable. Le projet a également entraîné la fermeture de deux unités en Meurthe-Moselle : le moulage sous vide pour la fabrication de raccords à Foug (40 personnes) et l’agglomération de minerai de fer à Dieulouard (40 personnes). Enfin, la fabrication des tuyaux de 150 à 300 mm de diamètre a été arrêtée à Brebach en Allemagne (170 personnes). Cette activité est en cours de rapatriement à Pont-à-Mousson, afin de saturer les hauts-fourneaux.  
« Les années qui s’ouvrent apparaissent davantage marquées par l’investissement », assure le directeur-général. Sur l’enveloppe de 140 millions d’€ débloquée sur 2017-2021, le principal investissement porte sur une nouvelle ligne automatisée de revêtement intérieur/extérieur des tuyaux en fonte de 150 à 300 mm de diamètre (20 millions d’€). Engagé suite à la fermeture de l’unité de Brebach (Allemagne), ce projet devrait être opérationnel en mars 2020.

 

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C’est en vue de son exploitation que Saint-Gobain PAM recrute actuellement 80 profils, notamment des automaticiens et des électromécaniciens. Au total, 130 personnes ont été recrutées cette année, 60 en 2018. Le groupe a également robotisé le conditionnement en piles de ses tuyaux de 350 à 700 mm (5 millions d’€) et automatisé la fabrication des moules perdus en sable destinés à former les extrémités de ses canalisations (3 millions d’€).
Sur son marché européen, deux annonces éclairciraient le ciel de Saint-Gobain PAM selon Christian Bouigeon, son directeur général adjoint. Il s’agit tout d’abord du souhait exprimé par le ministère de la Transition écologique lors des Assises de l’eau de voir doubler le taux de renouvellement des canalisations d’induction d’eau en France. Ensuite, la plus grande fermeté exprimée par Bruxelles en matière de réciprocité dans les relations économiques entre l’Union européenne et la Chine.

Encore cinq implantations industrielles dans le Grand Est 

Saint-Gobain PAM en France, c’est 2.000 salariés et cinq implantations industrielles, toutes situées dans le Grand Est.  Le groupe dont le siège se trouve à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle) a conservé l’essentiel de ses usines dans un rayon de 30 km autour de cette ville, berceau de l’industrie des canalisations en fonte ductile. Seule exception à la règle, l’usine de Bayard-sur-Marne (180 salariés) qui produit en Haute-Marne des canalisations et raccords pour le bâtiment.
À Pont-à-Mousson, 750 salariés assurent la fabrication des canalisations de gros diamètre (150 à 2000 mm) pour le transport d’eau potable. Les tuyaux de dimension inférieure sortent quant à eux de l’usine de Foug (350 personnes).
À Blénod-lès-Pont-à-Mousson (280 salariés), Saint-Gobain PAM fabrique des plaques en fonte destinées à la voirie (plaques d’égouts, grilles d’évacuation des eaux pluviales, plaques rectangulaires pour les câblages).
Enfin à Toul, 60 salariés produisent la robinetterie d’induction d’eau (vannes, poteaux incendie, etc.).
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À Pont-à-Mousson, la fabrication des moules perdus destinés à former les extrémités des tuyaux a été automatisée. © Philippe Bohlinger

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