Le groupe français a entamé les travaux de près de 6 millions d’euros d’une unité de pré-traitement des biodéchets à Fameck (Moselle), autour d’un déconditionneur qui extrait de leur contenant les produits jetés. Quelque 27.000 tonnes rejoindront ainsi chaque année des méthaniseurs proches, pour se transformer en biogaz et en fertilisants agricoles.

A Fameck (Moselle), le groupe Suez repousse les limites du recyclage des biodéchets. L’unité qu’il y mettra en service va permettre de transformer en fertilisants et en biogaz les produits alimentaires qui sont encore emballés lorsqu’ils sont jetés. La valorisation suppose de séparer contenant et contenu. Tel est l’objet du « déconditionneur » dont les travaux ont été lancés et ont fait l’objet d’une cérémonie début juillet.

L’investissement atteint 5,7 millions d’euros, en bénéficiant d’une aide de 840.000 euros de l’Ademe. Il s’accompagne de la création de 5 emplois. Cette unité de « pré-traitement » va ainsi sortir les déchets de leur emballage : des invendus de grandes surfaces, des restes de cantines et d’autres points de restauration collective comme les hôpitaux, des chutes de fabrication de l’industrie agroalimentaire… Ils seront alors transformés en une sorte de « soupe » qui sera portée à une température de 70°C, de sorte à éliminer les éléments pathogènes et ainsi à garantir un produit hygiénisé.

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Ils prendront la direction de leur destination finale : non plus un centre d’enfouissement ou d'incinération, mais un méthaniseur agréé pour leur accueil. Là, ils produiront d’une part du biogaz réinjectable dans les réseaux publics d’énergie, d’autre part une matière organique, fertilisante, répondant aux normes pour être répandue dans les exploitations agricoles. L’unité devrait démarrer son activité à la fin de cette année ou début 2026. Elle dispose d’une capacité autorisée de 27.000 tonnes. « De façon effective, elle va démarrer sur une base de 24.000 tonnes annuelles, ce qui laisse une petite marge de montée en puissance, l’atteinte de la pleine capacité ne tardera probablement pas », souligne Romain Pautrat, chef de projet chez Suez France.

La matière proviendra pour un tiers environ des collectivités et pour deux-tiers des entreprises. « Les caractéristiques ne sont pas identiques, mais c’est justement la mixité des flux qui est intéressante pour la sortie d’une matière de qualité », souligne Guillaume Huck, responsable méthanisation-déconditionnement Grand Est chez Suez.

Au centre d’un tissu économique dense 

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La nouvelle unité vient compléter les nombreuses prestations de traitement de déchets concentrées sur le site "Ecopôle". © Mathieu Noyer


Sur son site d’accueil, ce process de pré-traitement rejoint l’ « Ecopôle » que le groupe de services à l’environnement a déployé pour des activités multiples : tri des déchets d’activités économiques, centre de transfert, unité de préparation des combustibles solides de récupération (CSR) aujourd’hui envoyés sur le site Alsachimie dans le Haut-Rhin pour alimenter en vapeur le complexe chimique de Chalampé, puis, dans quelques mois, vers l’usine Solvay de Dombasle-sur-Meurthe (Meurthe-et-Moselle).

La pré-existence d’une telle infrastructure a joué son rôle dans son choix pour la nouvelle prestation, mais pas exclusivement. « Fameck présente surtout l’intérêt d’une position centrale au sein du bassin de 400.000 habitants auprès duquel les biodéchets seront collectés, dans un bassin économique dense », expose Yves Schwinn, directeur Lorraine des services aux collectivités locales chez Suez. La réussite technologique, environnementale et économique repose  en bonne partie sur l’industrie agroalimentaire, compte tenu de sa part attendue dans les volumes entrants. La collecte doit s’effectuer « dans un rayon prioritaire de 50 km », selon Guillaume Huck, dont l'agglomération de Metz. 

De telles unités de déconditionnement émergent à divers endroits en France, chez Suez et ses concurrents, à un rythme qui est accéléré par les obligations de tri et recyclage des biodéchets, inscrites surtout dans la loi antigaspillage Agec de 2020. Au sein de Suez, l’unité Valorest à Strasbourg entame sa rénovation-extension pour passer de 17.000 à 25.000 tonnes annuelles à fin 2025, et une autre verra le jour début 2026 à Toul (Meurthe-et-Moselle), d'une capacité prévue de 15.000 tonnes par an.

PE Mulhouse

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