La PME familiale prolonge son plan de modernisation et automatisation né de l’implantation d’une nouvelle ligne à 1 million d’euros en 2021. Elle a connu une belle croissance dans la tuyauterie de dépoussiérage industriel, qu’elle espère confirmer. La conjoncture se tend mais Gindro compte ses atouts immuables de qualité de service et de fiabilité.
Mis bout à bout, les tuyaux d’aspiration produits par Gindro l’an dernier depuis la Haute-Saône permettraient de relier son chef-lieu Vesoul à Luxeuil-les-Bains par exemple. Les quantités sorties de ses ateliers représentent l’équivalent de 40 kilomètres. La PME de Montbozon est parvenue à maintenir ce niveau historiquement élevé, qui avait été rendu possible par son investissement d’1,1 million d’euros dans une nouvelle ligne en 2021. « Depuis, nous poursuivons notre modernisation, à raison de 200.000 euros par an. Elle a abouti notamment à se doter l’an dernier d’un poste de soudure laser de dernière technologie, pour une découpe plus fine », relève Sébastien Gindro.
Pour l’avenir immédiat, le président de l’entreprise familiale affiche certes la prudence qui s'impose dans la conjoncture très incertaine du moment. « Jusqu’à la fin de l’année dernière, l’activité tournait bien, et même à plein régime en décembre. Le tableau des commandes était rempli, alors qu’aujourd’hui, vous pouvez constater qu’il est bien plus vide », fait-il observer.
Le trou d’air ne devrait pas se ressentir significativement dans le prochain bilan, l’exercice décalé prenant fin au 31 mars. Celui de 2023/24 s’est conclu à un niveau de 6,4 millions d’euros, conforme aux standards récents de Gindro, mais consacrant la nette progression réalisée depuis le début du siècle. Entré en 1995 dans l’affaire fondée 34 ans plus tôt par son grand-père, Sébastien Gindro se remémore un chiffre d’affaires de 2,5 millions d’euros en 2003 puis de 4,5 millions d’euros en 2009, l’année du regroupement à Montbozon des capacités industrielles jusqu’alors également implantées dans le village proche de Beaumotte-Aubertans. Les effectifs, eux, restent stables à 45 salariés, la progression d'activité résultant de l'automatisation et de la modernisation des équipements de production.
La mutation a plus encore porté sur la destination de la transformation des tôles en acier brut, acier galvanisé et inox opérée avec dextérité dans les ateliers haut-saônois. Les boîtes aux lettres normalisées qui représentaient la moitié du chiffre d’affaires il y a une quinzaine d'année n’en occupent plus qu’une part « marginale » dixit le dirigeant, compte tenu de la baisse du courrier et d’un taux d’équipement proche du maximum. En revanche, les tuyaux d’aspiration ont accéléré leur marche en avant pour approcher d’un total de 6 millions d’euros, soit plus de 80 % du total. Ils constituent le cœur d’activité ayant succédé assez rapidement au plissage de pare-chocs de voitures qui avait motivé la création de Gindro en 1961. C’était un autre temps, celui des pare-chocs en inox…

Le fonctionnement en dépression de ces tubes sert notamment au dépoussiérage d’installations industrielles. La généralisation de l'impératif d'iun tel nettoyage ouvre à la PME les portes de tous les secteurs d’activités, sur le principe. Elle fait valoir ses positions fortes dans l’agroalimentaire notamment. Elle effectue aussi ses premiers pas dans le nucléaire, pour des pièces de systèmes de filtration. « Nos soudeurs ont passé les certifications requises », relève le dirigeant. La PME s’est également lancée avec succès dans les pièces de tôlerie tels les capoteurs et connecteurs. Elles représentent désormais un chiffre d’affaires annuel proche d’1 million d’euros.
Délai donné, délai tenu

L’utilisateur final, Gindro traite cependant peu avec lui. « Nous ne travaillons qu’à hauteur de 10 % en direct, auprès de clients dotés de leur propre service de maintenance », signale Sébastien Gindro. Situés en position intermédiaire, les bureaux d’études en aéraulique, ainsi que les fabricants et installateurs (la PME ne pose pas par elle-même) de systèmes de filtration composent son portefeuille principal. Une catégorie dans laquelle figure le presque voisin Cattinair à Luxeuil-les-Bains (Haute-Saône), que Gindro a contribué à sauver en participant en 2016 à sa reprise.
Dans un contexte économique plus tendu, le président de Gindro continue à afficher de la confiance. Il la fait reposer sur les atouts que sa PME cultive au fil du temps : polyvalence des salariés, précision du travail de soudure, de roulage, etc. – que leur diamètre varie de 60 millimètres à 1 mètre, les tuyaux conservent une très fine épaisseur d’1 à 3 mm – « qualité de service » et fiabilité. « Délai donné, délai tenu » forme le slogan qu’exprime le dirigeant.
« Nous renforçons également nos moyens informatiques autour d’un ERP, ainsi que la politique commerciale », ajoute-t-il. Conscient que, pour un temps au moins, il faudra aller « chercher » le client davantage que les dernières années qui avaient été tirées par la croissance économique et par le retour de capacités en France grâce à la réindustrialisation.


En matière de tuyauterie industrielle, Sébastien Gindro est au départ un autodidacte. Mais après une faculté de sciences, il a vite baigné dans cet univers en rejoignant l’entreprise familiale, en 1995. Le cursus de l’Ecole des managers des CCI, deux ans plus tard, a posé les jalons de sa prise de responsabilités en vue de la succession.
Une première étape s’est imposée en 2003 au décès de l’un de ses oncles, qui comptait parmi les fils du fondateur ayant repris la PME. A son tour, Sébastien Gindro en a pris les rênes, en 2016.
Il souligne sa volonté d’appliquer les principes de la RSE à l’entreprise dans la mesure des possibilités de celle-ci, comme sur la rémunération et l’ergonomie des postes. « Je m’attache notamment à cultiver la polyvalence des opérateurs, de sorte à ce qu’ils continuent à trouver un intérêt à leur travail chez nous et à ne pas se laisser gagner par le sentiment d’en avoir fait le tour au bout de quelques années », confie-t-il.










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Belle PME familiale, portée par les valeurs de Sébastien.