Les sociétés nancéiennes Atlabs et Prothérium innovent au service des plus fragiles ; la première en facilitant la communication entre les familles et les seniors peu à l’aise avec le numérique, la seconde en planifiant la production à grande échelle de « radiomédicaments » contre le cancer.


Fondée en 2013, la société Atlabs de Vandoeuvre-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle) a développé une solution baptisée « Linote », pensée pour faciliter la communication entre les familles et leurs aînés peu à l’aise avec les outils digitaux. Créée par Anthony Tresontani, elle commercialisait jusqu’à présent son offre en recourant à des tablettes numériques du commerce auxquelles elle adjoignait un support et des enceintes.

 

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La nouvelle tablette développée pour Atlabs intégrera des enceintes ainsi qu'un module anti-écho. © Philippe Bohlinger


L’entreprise de 15 salariés (chiffre d’affaires de 2 millions d’euros en 2024) innove cette année en lançant sa propre tablette, imaginée pour répondre aux besoins spécifiques de ses clients. Pilotée à distance par les proches via une application mobile, Linote se veut d’une grande simplicité d’usage. Elle permet à son utilisateur de décrocher des appels simplement en se présentant devant l’écran, ou de déclencher l'affichage et la lecture vocale d'un message. Elle rappelle aussi les anniversaires, les rendez-vous médicaux, facilite la lecture de photos, de vidéos, etc. Un bouton d’appel d’urgence peut également être paramétré par la famille.  

La nouvelle tablette développée spécialement pour Atlabs intégrera des enceintes ou encore un module anti-écho. Selon le fondateur de l’entreprise, ingénieur de formation, « c’est un vrai plus pour notre société qui compte plus de 5.100 tablettes actives, majoritairement en France, au domicile de personnes âgées voire très âgées. »  Le service est commercialisé via un abonnement incluant la location de la tablette pour 49,99 euros ou 37,99 euros par mois, selon respectivement qu'elle comprenne ou pas un abonnement Internet.

 

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Née avec la vague des start-ups du numérique des années 2010, l’entreprise a bénéficié d’un engouement pour son produit pendant la pandémie de Covid-19 : les familles ont alors trouvé dans Linote un moyen de garder le contact avec leurs proches âgés, sans enfreindre les mesures sanitaires. La société a également survécu au lancement de produits concurrents comme « Portal » développé par Facebook ou  « Ardoiz » par La Poste. « Nous tirons notre épingle du jeu car nous ciblons les personnes vraiment réfractaires aux outils numériques. Nous sommes également les seuls acteurs présents sur le segment des 90 ans et plus », analyse Anthony Tresontani.  

 

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Anthony Tresontani, fondateur d’Atlabs en 2013. © Philippe Bohlinger

 

Thérapie ciblée administrée par voie veineuse  

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Les dirigeants de Prothérium : de gauche à droite, Richard Zimmermann, expert en médecine nucléaire, Gilles Karcher, professeur de médecine nucléaire, Jean-Bernard Deloye, radiopharmacien. © Prothérium  


En Meurthe-et-Moselle, le projet innovant Prothérium veut faciliter la mise sur le marché de nouveaux « radiomédicaments » contre le cancer. Il est porté par Gilles Karcher, professeur de médecine nucléaire au CHRU de Nancy, Richard Zimmermann, expert en médecine nucléaire et Jean-Bernard Deloye, radiopharmacien.  « Certaines molécules sont capables de reconnaître des cellules cancéreuses et de se fixer sur elles. En leur adjoignant un atome radioactif (fluor 18, gallium 68, zirconium 89, etc.), nous pouvons faciliter la détection de ces tumeurs via l’imagerie mais aussi administrer une radiothérapie directement au niveau de la tumeur », détaille Gilles Karcher.  

Appliqué depuis plusieurs années aux cancers de la thyroïde et de la prostate notamment, ce traitement administré par voie veineuse s’ouvre depuis peu à d’autres types de cancers. Le groupe d’intérêt économique public-privé Nancyclotep cofondé par Gilles Karcher réalise à l'hôpital nancéien des recherches et premiers essais cliniques sur l’homme de ces nouvelles générations de radiomédicaments.

 

Cessions aquisitions

 

Il a débouché sur la création de la société Posifit pour la production de petites quantités de radiomédicaments, à Strasbourg et dans quelques mois au CHRU de Nancy. « Les PME innovantes nord-américaines, asiatiques et australiennes qui souhaitent mettre leurs radiomédicaments sur le marché en Europe vont rechercher des moyens de production locaux, après validation de leurs essais cliniques. Avec Prothérium, nous voulons leur offrir une solution clé en main, afin qu’elles puissent fabriquer les 50 à 200 doses par jour dont elles auront besoin pendant les premières années de commercialisation », poursuit le scientifique.  

Les trois associés ont identifié les 7.200 m² d’une ancienne surface commerciale à Gondreville (Meurthe-et-Moselle), à l’ouest de Nancy, pour installer deux premiers modules de production. Afin de réunir les 12 millions d’euros nécessaires au financement de leur projet, ils tablent sur le soutien de partenaires industriels et financiers : fonds du plan national France 2030, de Groupe ILP (Institut lorrain de participation) fonds opéré par la Région Grand Est, et prêts bancaires. La société Prothérium, en cours de création, louerait ses modules aux sociétés pharmaceutiques qui se chargeraient de la production, chaque module nécessitant une quinzaine de personnes pour son fonctionnement. 

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