L’Écomusée d’Alsace basé à Ungersheim, dans le Haut-Rhin a soufflé ses 40 bougies début juin. Ce site atypique, musée vivant, mêlant salariés et bénévoles, parvient à attirer toujours autant de visiteurs : 200.000 l'an dernier. Sa priorité va désormais à la rénovation de son patrimoine bâti. Le programme des travaux s’étalera sur les dix prochaines années.


A l’origine de l’Ecomusée d’Alsace, il y a la volonté d’un groupe - surtout des étudiants en histoire et en archéologie - d’agir pour sauvegarder les bâtiments traditionnels de la région. Dans le Sundgau, au sud de l’Alsace, ce collectif mené par Marc Grodwohl restaure des maisons abandonnées et en démonte d’autres, vouées à la destruction. Il se constitue en association en 1973, sous le nom de Maison Paysanne d’Alsace.

Le potier © Jean-Michel Froment PC_Illzach
250 bénévoles se dévouent pour perpétuer et montrer le savoir-faire artisanal, comme la poterie. © Ecomusée d'Alsace


Se retrouvant dans l’impossibilité de conserver certains bâtiments sur place, l’association se met en quête d’un lieu pour les reconstruire à l’identique. Le terrain est trouvé en 1980 quand la commune d’Ungersheim met à disposition une friche industrielle des Mines de Potasse. La création de l’Ecomusée est lancée. Il ouvre ses portes au public le 1er juin 1984. Jack Lang, ministre de la Culture, participe à son inauguration.

À ses débuts, le musée ne compte qu'une vingtaine de bâtisses, dont certaines inachevées, mais le succès est au rendez-vous. Cette année-là, il accueille 75.000 visiteurs. Les Alsaciens adhèrent à cette aventure et donnent des milliers d’objets : meubles, vêtements, photographies, autes documents...
 

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Aujourd’hui, l’Ecomusée possède 84 maisons sur 97 hectares, emploie 50 salariés et accueille chaque année environ 200.000 visiteurs.
Ces entrées constituent 80% des recettes de l’exploitation. Le reste des financements provient des subventions des partenaires institutionnels, principalement la CEA (Collectivité européenne d'Alsace), la région Grand Est et la Fondation du Patrimoine. « Les finances sont saines et la fréquentation stable. L’Ecomusée se porte bien aujourd’hui. Depuis un an, le climat social s’est nettement amélioré ainsi que la cohésion d’équipe. Nous avons plus de visibilité et de moyens », assure Emmanuel Kakiel, le directeur du site.

 

Projets de rénovation et de RSE

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La « maison de Koetzingue » est la première à avoir été construite à Ungersheim, en septembre 1980. À travers son remontage, Henri Goetschy, alors président du conseil général du Haut-Rhin, a testé les compétences et la ténacité des bénévoles de Maison Paysanne d’Alsace. La réussite de ce challenge a permis la mise en place d’un partenariat durable entre le département du Haut-Rhin et l’association. Et la maison pionnière trône fièrement sur le site aujourd'hui en participant à le rendre bien vivant. © Comediens St Theobald


Il a été nommé en mai 2023, pour mettre fin à la crise organisationnelle que connaissait alors le musée. Et pour garantir l’avenir du site, Emmanuel Kakiel prévoit un vaste programme de rénovation du patrimoine bâti, étalé sur les dix prochaines années.

La première construction à en bénéficier sera la maison du vigneron. Datant du début du XVIIIe siècle, elle constitue un témoin emblématique du patrimoine viticole en Alsace. Mais ce bâtiment vieillissant nécessite d’importants travaux de restauration : couverture, charpente, huisseries, peinture... Un budget de 434.000 euros a été approuvé pour sa rénovation, financé en partenariat avec la Fondation du Patrimoine et les investisseurs institutionnels de l’Ecomusée.
 

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En parallèle de cet ambitieux programme de rénovation, le directeur souhaite poursuivre la transmission des savoir-faire et la montée en compétence des salariés. Cette ambition se concrétise par des actions pédagogiques avec des établissements scolaires de la région, et grâce à une offre de formation professionnelle en éco-construction hébergée au cœur du musée et à la recherche de mécènes.

Dès 2025, Emmanuel Kakiel prévoit également d’inscrire le site dans une démarche RSE (responsabilité sociétale des entreprises). « L’objectif consiste à donner accès au site à tous en travaillant sur l’accueil des personnes à mobilité réduite, sur des programmes d’insertion professionnelle. Nous allons aussi nous engager dans la réduction de nos émissions carbone, de développement de l’éco-rénovation et l’agroécologie », annonce le directeur. Une feuille de route bien remplie pour pérenniser l’Ecomusée dans les années à venir.
 

L’Ecomusée en chiffres

Direction EK Photo
 Nommé directeur en mai 2023 dans le but de mettre fin à la crise organisationnelle que connaissait alors le musée, Emmanuel Kakiel prévoit un vaste programme de rénovation du bâti.  © Ecomusée d'Alsace

200.000 visiteurs par an
84 bâtiments représentatifs de l’Alsace rurale
97 hectares de terrain
100.000 objets de collection
250 bénévoles
50 salariés
5.000 espèces vivantes répertoriées

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