La start-up nord-franc-comtoise continue à peaufiner la mise au point de ses robots miniatures. Prometteuse, la technologie recherche cependant encore des usages commerciaux à haute valeur ajoutée pour des clients qui soient convaincus de l’adopter. C’est ainsi que Phigi prospecte désormais dans l’univers du spatial, ayant constaté que son innovation gagnait en pertinence dans le vide, et au fur et à mesure que la gravité baisse. Jusqu’à donner rendez-vous dans la station internationale ISS à la fin de la décennie.
Si la terre se refuse à vous, pourquoi ne pas tenter l’espace ? Un tel raisonnement, la start-up Phigi de Montbéliard (Doubs) le fait sien. Depuis près d’un an, elle entre dans l’ « écosystème » du spatial, ainsi qu’elle le nomme, afin d’y implanter ses solutions très innovantes de structures de confection et assemblage de mini-robots.
A partir de 2020, la petite équipe d'aujourd'hui 5 personnes constituée autour de Rémy Tribhout et de ses associés Julien Bourgeois et David Blaauw, a mis au point et perfectionné son process reposant sur des microbilles équipées du plus petit ordinateur au monde réunissant matière physique et digital, le « phygital. ». Ce terme inspire son nom à la société constituée en 2022 en résultante des travaux de recherche, eux-mêmes issus notamment du laboratoire Femto-ST à Montbéliard, où Rémy Tribhout et d’autres de ses associés ont œuvré.
L’offre ainsi déployée aboutit à des robots - très - miniatures : « leur dimension ne dépasse pas 4 millimètres pour un poids de 25 milligrammes », décrit le fondateur de Phigi. Alimentée par des microcellules photovoltaïques, la technologie « qu’on peut comparer à un argile électronique », associe un écran de supervision et de l’électricité statique pour le mouvement l’électrostatique.
Très prometteuse, elle n’a cependant pas encore trouvé son marché. « Les prospections n’ont finalement pas été concluantes sur terre dans le prototypage rapide, nous avons eu du mal à faire valoir la valeur de nore technologie », confirme Rémy Tribhout. Lui et ses collègues ont pris alors un temps pour se poser, qui a coïncidé peu ou prou avec leur arrivée à l’été 2024 dans les locaux de Numerica après un passage par le Mattern Lab de Sochaux aux portes désormais closes.
« Nous avons dressé le constat que notre technologie gagnait en efficacité au fur et à mesure que l’on perdait en gravité. Dès lors, nous avons décidé de viser des environnements de faible ou d’absence de gravité, comme l’orbite terrestre. »
Et c’est ainsi que le plan de développement se réoriente vers l'univers spatial : proposer ces micro-robots pour assurer l’interconnexion entre des objets et ainsi effectuer des livraisons sur orbite ou des interventions de maintenance sur des satellites de sorte à en augmenter la durée de vie, voire même assurer des nettoyages grâce aux électrodes dont les microrobots sont recouverts pour chasser les poussières spatiales dans un environnement lunaire (la régolithe). Et surtout, assurer des arrimages entre des structures au moyen de ces tout petits engins qui permettent de fonctionner en mode d’interface adaptable dit « non-standard », une facette qui n'est pas couverte par les technologies d’arrimage actuelles.
Contacts établis avec les agences spatiales

Fort de ses brevets, Phigi travaille à passer du stade de pré-MVP à celui de MVP pour « Minimum Viable Product » attestant d’un degré de preuve d’une innovation. La jeune pousse part ainsi à la conquête des référencements et de premiers contrats dans ce secteur d’activités, en s’appuyant sur, ses contacts désormais bien établis avec le CNES (Centre national d'études spatiales), l’agence spatiale japonaise JAXA, et bientôt son homologue européenne l’ESA grâce à son incorporation au programme d’incubation ESA BIC (Business Incorporation Center).
Cette odyssée doit aussi être financière ; au million d’euros qu’elle avait déjà levé, Phigi entend ajouter « quelques millions » à court-moyen terme, « les fonds deep tech constituant probablement la cible la plus pertinente pour notre profil », selon Rémy Tribhout. « Nous recherchons également des partenaires techniques : des fournisseurs de composants et des intégrateurs, avec lesquels pouvoir passer des contrats de développement », ajoute le jeune dirigeant.
La start-up nord-franc-comtoise se donne en tout cas du temps et elle estime en disposer. Le rendez-vous pour admirer ses micro-robots sera lointain en distance mais aussi dans une certaine mesure en temporalité : l’horizon 2029 est fixé pour « une démonstration à bord de la station internationale ISS, d’abord en ambiance pressurisée puis non-pressurisée. » C’est alors et là que Phigi voudrait prendre son envol. Vers l’infiniment prospère ?
Photos fournies par l'entreprise.



























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Est-ce que l'ancien projet de micro robots étudiés par FEMTO est à l'origine de ce très prometteur projet?