L’entreprise de 250 salariés vient de signer un accord avec un opérateur technologique en Espagne et au Portugal pour l’intégration dans ces pays de ses solutions numériques de gestion de réseaux de transport public. Elle en escompte un effet tremplin pour l’accélération de son expansion à l’international qui s'est amorcée en Amérique du nord et en Italie, à partir de sa solide base de 300 réseaux équipés en France.
Le Mâconnais Matawan continue à tisser à l’étranger la toile de ses solutions de gestion du transport public désormais bien installées en France. La société de 250 salariés a annoncé, ce 29 avril, un nouveau partenariat, en Espagne et au Portugal, avec Nunsys. Cet intégrateur d’offres technologiques va apporter la densité de ses implantations qui maille les deux pays pour le déploiement des solutions de billettique connectée de Matawan. Celles-ci ont largement fait leurs preuves en France avec quelque 300 réseaux de transports publics.
« Collaborer avec Matawan nous permet d’élargir notre portefeuille de solutions », salue dans un communiqué le président de Nunsys Group Paco Gavillan. Pour l’entreprise française, « ce partenariat marque une étape cruciale dans notre stratégie d’expansion en Europe », relève le directeur marketing Gilles Trantoul.
Matawan concrétise en effet par cet accord son objectif d’élargir le champ de ses prestations vers l’Europe du Sud. Celui-ci avait franchi deux paliers en l’espace de quelques mois l’an dernier, en Italie. Tout d’abord en juin, l’accord avec le transporteur public TPER en Emilie-Romagne génère l’équipement progressif d’ici 2028 de 10.000 points d'arrêt de bus dans les agglomérations de Ferrare et Bologne par la solution d’optimisation de la qualité de service nommée WanReport.
L'offre ainsi dénommée combine, pour les gestionnaires de réseaux, « l’information voyageurs, la génération automatique de tous les documents d’information des passagers, le contrôle des données de référence, la surveillance et gestion de l’infrastructure du réseau, le pilotage des campagnes de communication multicanal », expose Matawan, ajoutant qu’elle « fournit des mises à jour et des alertes en temps réel aux voyageurs. » Toutes les données sont instantanément transmises à une plateforme SaaS (software as a service), accessible à la fois par l'autorité locale et son prestataire de services.

Cette sorte de couteau suisse du transport public a séduit un opérateur technique transalpin, Maior, qui a décidé de l’intégrer à sa suite logicielle, de sorte à envisager le déploiement de WanReport plus largement en Italie. « Maior n’avait pas trouvé d’offre comparable sur place, ce qui vient conforter notre conviction d’avoir mis au point un concept bien différenciant », commente Pauline Dessertine, responsable marketing chez Matawan.
L’équipement dans l’Hexagone des réseaux de transport public avec cette offre de reporting et trois autres de billettique, monétique pour le paiement des voyages et de gestion des données commence ainsi à jouer son rôle recherché de tremplin vers des pays étrangers, développés économiquement mais pas nécessairement en solutions digitalisées pour les voyages en tramways, bus et trains, un domaine dans lequel la France est reconnue pour son avance dans le monde. Le développement est géré par des équipes réparties entre le siège de Mâcon employant 60 personnes et un réseau d’agences dont Besançon pour la Bourgogne-Franche-Comté, ainsi que Paris, Lyon, Grenoble et Nice-Sophia-Antipolis à la suite de l’acquisition sur place de la société Mobireport, fin 2022.
Du Canada au câble à Madagascar

L’expérience ainsi acquise s’était déjà diffusée depuis huit ans au Canada et plus particulièrement au Québec, un élargissement « naturel » en somme dans un univers francophone. Un autre rapprochement annoncé en mars dernier, toujours technique et non capitalistique, a densifié la présence canadienne, grâce à Blaise Transit, un leader local du transport à la demande. Les Etats-Unis ont suivi – pour l’instant sans impact de la frénésie de décisions et annonces de Donald Trump – et outre l’Europe du Sud, les regards de l’opérateur mâconnais pour son expansion se tournent vers la Belgique. « A tous ces marchés, nous pouvons apporter les garanties de fiabilité de solutions éprouvées depuis de longues années, dans un environnement où émergent de nombreuses start-ups, par nature de création récente », appuie Pauline Dessertine.
Pour l’heure, Matawan recense 15 clients à l’international, ce qui laisse une marge de progression en comparaison des quelque 300 en France, qui ont à nouveau généré l’an dernier une « croissance de 30 % » du chiffre d’affaires, d’un montant non communiqué.
Par ailleurs, la topographie à l’étranger génère aussi son lot de particularités, qui constituent autant d’opportunités d’élargir l’offre de Matawan à des applications nouvelles. Un exemple probant vient de Madagascar : pour relier les différents points de capitale Antananarivo, le câble téléphérique forme l’unique solution réaliste. La PME mâconnaise a pu, l’an dernier, s’agréger à l’offre de Poma le spécialiste française de renommée mondiale des remontées mécaniques. Et donc embarquer ses innovations dans les airs.
Photos fournies par l'entreprise.


















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