La PME de micromécanique escompte concrétiser sur le plan commercial son entrée, réussie sur le plan technique depuis deux ans, dans l’activité pointue dite de « décoration » des mouvements de montres. Elle confirme en parallèle ses diversifications qui lui permettent de perpétuer une aventure industrielle familiale débutée il y a 60 ans.


La nouvelle participation de Roland Bailly au salon de l’horlogerie et de la haute précision EPHJ de Genève cette semaine du 11 au 14 juin revêt un enjeu particulier pour la PME de Besançon (Doubs). Fidèle depuis 2006 à ce rendez-vous majeur du secteur, la spécialiste de la micromécanique compter y poser les jalons pour transformer en succès commercial l’enrichissement récent de son offre à l’activité de décoration.

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A présent, Roland Bailly enrichit son savoir-faire de la « décoration », un ensemble de travaux d'extrême précision sur l'esthétique des mouvements de montres, plus particulièrement les masses oscillantes des calibres. © Laurent Cheviet


Ce travail sur l’esthétique et l’aspect des montres, au niveau de leurs mouvements, est mené à bien dans les ateliers bisontins depuis deux ans. Il place Roland Bailly comme l’unique acteur français détenteur de ce savoir-faire pointu qui s’est perdu au fil des décennies, comme tant d’autres avec la délocalisation et le déclin de la production locale. « Notre personnel s’est minutieusement formé auprès des manufactures expertes, comme La Joux-Perret à La Chaux-de-Fonds. De plus, l'acquisition d'équipements pour la décoration a constitué un point phare de notre investissement de 200.000 euros engagé en 2022 », souligne Thierry Bailly, le président de l’entreprise familiale créée par son père Roland en 1964, il y a donc exactement soixante ans.

Perlage, satinage, soleillage, ciselage, ajourage…les termes dédiés et plus ou moins spécifiques s’enchaînent dans la bouche de Thierry Bailly pour décrire rapidement le procédé. La PME commence à engranger les commandes, auprès des maisons françaises, en premier lieu Humbert Droz-Reparalux qui en a donné le déclic. Elle souhaite aller plus loin, dans tous les sens du terme. « Peut-être que nous allons susciter aussi l’intérêt des horlogers suisses, à un moment donné », avance Thierry Bailly. Ce qui constituerait une reconnaissance majeure dans ce milieu où la réputation et la présentation de références sont essentielles.
 

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La diversification vient confirmer le positionnement de l'entreprise bisontine de 30 salariés sur des prestations haut de gamme qui s’était affirmé depuis 2006, dans la mouvance de l'évolution de l’horlogerie européenne. Elle vient s’ajouter à une autre, plus ancienne, qui a ouvert à la PME des marchés complémentaires : l’injection plastique, puis la confection des moules permettant la fabrication des pièces issues de ce procédé.

Cette activité, dans laquelle le dirigeant range également la nouvelle de décoration, représente désormais 40 % du chiffre d’affaires, situé à 4 millions d’euros annuels. L’horlogerie, qui en demeure le pilier de débouchés, en fut à l’origine dès le tournant des années 1960/1970, lorsque la révolution des montres Swatch a poussé la filière vers une telle spécialité. « Elle nous permet aussi de nous déployer sur d’autres marchés que l’on peut qualifier de pointe et de précision, comme l’électronique, la défense, le médical dont l’ophtalmologie », souligne Thierry Bailly.

 

L’intégration des savoir-faire, un point fort

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L'activité majoritaire et qui a bâti la notoriété de la PME reste la réalisation des bols vibrants, ensembles périphériques aux lignes d'assemblage qui permettent de contrôler la bonne position des pièces. Roland Bailly a investi ces dernières années dans un robot pour améliorer son process. © Laurent Cheviet


Les autres 60 % de chiffre d’affaires proviennent de l’activité des bols vibrants qui a assis la notoriété de Roland Bailly. Rapidement après les premières années dans la sous-traitance micromécanique horlogère, le fondateur avait orienté son entreprise vers la conception et fabrication de ces ensembles qui interviennent en périphérie des lignes d’automatisation afin d'acheminer à elles les pièces devant être assemblées puis de valider, par un signal de vibration, leur bonne position, leur bonne orientation, etc.

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Quant à la répartition géographique du chiffre d’affaires, celui-ci provient à 35 % de l’export : Suisse, reste de l’Europe et plus loin dans le monde. Thierry Bailly identifie un point fort au milieu de la concurrence que son entreprise rencontre : « notre fonctionnement en mode intégré. Nous maîtrisons l’ensemble des savoir-faire, depuis la définition avec les clients grâce à notre bureau d’études jusqu’à la mise en œuvre. Notre clientèle apprécie grandement ce profil complet », décrit-il. Outre les investissements matériels, cet atout est consolidé par des plans de formation interne, et le recours autant que possible à l’alternance pour l'initiation des jeunes appelés à prendre la relève au sein de la PME.

Cette suite, Thierry Bailly y songe aussi pour lui-même, à savoir la perpétuation du management familial, alors qu’il approche de la soixantaine. Au moins l’un - l’une en l’occurrence - de ses quatre enfants déclare son intérêt à incarner une troisième génération à la tête de Roland Bailly, de même que Thierry avait succédé à son père en 2003.

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