INSERTION PAR L’ÉCONOMIQUE. De très nombreux métiers de l’industrie manquent de tête comme de bras.

Conséquence : des postes qualifiés demeurent vacants par dizaines de milliers. Ce qui est, avouons-le, un rien aberrant, pour rester poli, en période de hausse sensible du chômage.

Confrontées à ce type de difficultés, les entreprises n’hésitent plus à féminiser de nombreux postes.

A l’exemple de Siag, au Creusot (Saône-et-Loire), qui forment trois soudeurs, en interim pendant un an avec l'agence d'insertion Bourgogne Interim.

Pardon, trois soudeuses.

Cliquez sur les photos pour les agrandir.

«Il est bien temps d’avoir un ministère du Redressement Productif, alors que ces trente dernières années tous les gouvernants successifs n’ont eu de cesse de désindustrialiser la France; l’industrie a une mauvaise image auprès des jeunes; les formations professionnelles sont bien souvent considérées par les enseignants du général et les parents comme des voies de garage ; nos filières de formation pourraient accueillir jusqu’à 30% d’étudiants en plus…», tous ces propos, combien de fois les avons-nous entendus.

Alors, martelons-le, les métiers industriels sont l’avenir de notre pays, ils offrent des opportunités de carrières intéressantes et sont de mieux en mieux payés.

Car les entreprises de transformation manquent de tête comme de bras pour pléthore de postes qualifiés. Aussi, n’hésitent-elles plus à féminiser leurs troupes.

Chez Siag France, fabricant de mâts et de fondations éoliens implanté au Creusot (Saône-et-Loire), trois des onze personnes actuellement en alternance appartiennent au sexe dit, à tort, faible.

Brigitte, Sylvie et Corinne - nous n’indiquerons que leur prénom -, se forment depuis le mois d’avril dernier pour être soudeuses dans la spécialité MAG (soudure à l'arc au fil sous protection gazeuse).

Embauchées comme intérimaires pour un an avec Bourgogne Interim, elles enchaînent trois semaines en entreprise et une au centre de formation ITC à Montchanin, commune toute proche.

«Il faut les modérer dans leur fougue tellement elles sont motivées et souhaitent aller vite, au risque de brûler des étapes», souligne Marina Curveur, la responsable des ressources humaines chez Siag.

La mixité favorise une meilleure ambiance de travail

À écouter Corinne et Brigitte, l’enthousiasme est bel et bien au rendez-vous. Les deux jeunes femmes connaissaient déjà l’industrie, mais dans d’autres secteurs et à des postes peu qualifiés, avec des contrats souvent temporaires.

Corinne qui a un frère soudeur en avait fait presque une vocation. Brigitte a pour sa part saisi l’occasion de faire autre chose. «La crise de la quarantaine», confesse t-elle et «l’envie de fuir des ambiances uniquement féminines jugées très agressives».

Nos apprenties soudeuses avouent toutefois que le travail est physique et parfois même assez dur, d’autant qu’elle tournent en trois-huit.

«Il n’y aura aucune différence sur les postes lorsqu’elles seront autonomes, nous avons juste créé à leur attention des locaux sanitaires séparés», ponctue Marina Curveur.

«Nous misons beaucoup sur elles, car nous investissons énormément en temps. Aujourd’hui, elles sont à mi-parcours de leur formation avec un tuteur en permanence à leurs côtés et, si tout se passe bien pour la suite, elles seront intégrées en CDI», assure Sophie Haag, co-dirigeante de Siag France (*).

On ne peut que l’espérer, car depuis leur venue, le management de l’entreprise assure ressentir une très forte volonté des personnels masculins de favoriser leur intégration et leur évolution professionnelle.

Filiale de l’Allemand éponyme, Siag emploie 100 personnes au Creusot et réalise 20 millions d’€ de chiffre d’affaires.

Sa maison-mère spécialisée aussi bien dans l’éolien off-shore que terrestre s’appuie sur un effectif de 1 700 salariés et atteint les 150 millions d’€ d’activité. Le fabricant compte comme principal client le turbinier Repower.

(*) Avec Stéphane Dejuane.

Crédit photos : Siag France

Pendant le mois de l’économie sociale et solidaire, retrouvez toutes les semaines, un reportage sur une activité d’insertion. Relire : l’interview de Patrick Tuphé, le président de l’union régionale des entreprises d’insertion de Bourgogne La clause d'insertion joue gagnant chez Sita

Commentez !

Combien font "1 plus 10" ?