Aubert & Duval, à Imphy, dans la Nièvre, est spécialisé dans la production des poudres de superalliage, la refusion et l’usinage de pièces métallurgiques pour les marchés de l’aéronautique, du nucléaire et de la défense. Sur le chemin vers le département à l'ouest de la Bourgogne-Franche-Comté, halte également à Nevers, au Village by CA, à la rencontre d'un duo de jeunes entrepreneurs passionnés de leur territoire. Ils proposent un modèle de mise à disposition d'un réseau d'experts techniques qualifiés pour les besoins des petites entreprises dans toute la France.


« Ici, nous fabriquons les plus extraordinaires produits métallurgiques »
, s’exclame Rémi Lasserre, directeur de l’usine Aubert & Duval à Imphy, dans la Nièvre. Arrivé depuis un an sur ce vaste site d'1,6 hectare classé Seveso - où il est interdit de prendre des photos et même des notes sur son téléphone portable - le dirigeant l'assure : « d’un point de vue technique, Aubert & Duval, c’est le Graal de la métallurgie. Les superalliages fabriqués ici partent par exemple dans les moteurs des avions civils ou militaires.» 

Le site nivernais du groupe métallurgique français travaille à 75 % pour l’aéronautique et pour l'autre quart pour le nucléaire et la défense. « Nous fabriquons aussi des arbres d'entraînement des moteurs des Formule 1 notamment. Nous allons usiner les rotors des hélicoptères ou encore des barres anti-vibrations pour les échangeurs nucléaires autour des EPR qui vont aspirer les vibrations sismiques… », poursuit le directeur.

 

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Avec ses 190 salariés, il affiche un chiffre d’affaires d’environ 28 millions d’euros en moyenne par an. Il constitue ainsi une pièce maîtresse d'Aubert & Duval, qui est détenu à parts égales par Airbus, Safran et Tikehau Capital depuis avril 2023, ainsi que par l’État. Onze autres sites de production sont implantés en France et deux en Espagne et en Inde. En 2023, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires total de 693 millions d’euros.

 

15 jours pour fabriquer une pièce

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« Le secteur du nucléaire étant extrêmement exigeant, tout se fait à la main », explique Anthony Bertrand, responsable des ressources humaines © Aubert & Duval 


Sur le site de production d’Imphy, la boucle froide est dédiée à la production des arbres, à la mise en forme des barres antivibratoires, au parachèvement, à l’usinage et aux contrôles et essais. « Un an de formation est nécessaire à nos usineurs pour maîtriser parfaitement la programmation de la machine. Aux bruits ils vont repérer si tout tourne correctement… », explique Anthony Bertrand, responsable des ressources humaines. Il faut en moyenne 15 jours pour fabriquer une pièce qui passe sur huit machines différentes (tour, foreuse, scie, cuve…).

Anthony Bertrand parle même d’« orfèvrerie », car la fabrication de certaines pièces s'effectue manuellement. « Le secteur du nucléaire étant extrêmement exigeant, tout se fait à la main », y compris les boîtes de transports en bois où les barres sont emballées et séparées précautionneusement.

L'effectif de production, de 45 ans de moyenne d’âge, compte cinq femmes. Un bon début par rapport à la situation de longue date, selon Anthony Bertrand : « Il y a encore cinq ans, il n’y en avait pas une seule », rappelle-t-il. Depuis trois ans, en outre, Aubert & Duval a ouvert à la reconversion 40 postes pour des profils très différents. Sans demander une qualification technique initiale particulière. Le responsable des ressources humaines, l'assure : « Le plus important, c’est le savoir être. »

 

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Tim Industrie, des free-lances au service de l’industrie

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Joris Chapeau à gauche et Quentin Servat le décralent :  « Nous souhaitons passionnément réhabiliter l’honneur de l’industrie française. » © Déborah Levy

Joris Chapeau et Quentin Servat ont de grandes ambitions pour l’industrie. Ils l’ont même incarnée en faisant adopter à leur structure, incubée au Village by CA de Nevers, le nom de Tim Industrie. « Timê en grec, signifie honneur. Nous souhaitons passionnément réhabiliter l’honneur de l’industrie française », explique Joris Chapeau.

Avec Quentin Servat, ils se connaissent depuis les années lycée. Tous deux natifs de la Nièvre, le premier a d’abord travaillé dans l’industrie aérospatiale - chez Safran, à Toulouse - puis en Bourgogne en tant qu’ingénieur en bureau d’études, en production puis comme technico-commercial. Le second a effectué son début de carrière chez Thalès à Cholet (Maine-et-Loire) et Gennevilliers en région parisienne, à un poste d'ingénieur dans un laboratoire de développement de matériel pour la défense. Mi-2023, ils créent ensemble Tim Industrie, dans le but de fournir aux entreprises des free-lances qualifiés : techniciens, ingénieurs et cadres pour la production, l’ingénierie, la supply chain, le service maintenance, commerce ou RH. « Nous voulons créer un réseau de champions de l’industrie. Notre vivier compte 300 free-lances qualifiés un peu partout en France (en majorité dans la Nièvre et en Bourgogne) que nous proposons aux industries sur des temps plus ou moins longs, voir des CDI », poursuit Joris Chapeau. 

Profils seniors
« Certaines sociétés de prestations classiques travaillent avec des jeunes sans compétence. Nous, c’est tout le contraire. Nous cherchons des profils seniors pour remettre du hard skill (NDLR : compétences « dures ») et de l’engagement dans les territoires industriels », ajoute-t-il. Depuis sa création, Tim Industrie a embauché une alternante RH et les deux garçons rêvent de dupliquer d’autres bureaux ailleurs en France. Mais pour l’instant, « nous nous concentrons sur la Nièvre. Il y a de belles pépites industrielles et nous sommes très attachés à notre territoire. »

 

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