Les deux « écocentres » mis en route dans le chef-lieu de la Nièvre, respectivement il y a bientôt un an et début septembre, sont conçus pour faciliter le dépôt de déchets de sources de plus en plus diverses, en le rendant plus rapide et plus cohérent. Ces transformations font figure d’exemple bien au-delà du périmètre local, pour une nouvelle vie des déchèteries.

Ne l’appelez plus déchèterie, mais écocentre. Et il est vrai que les deux nouvelles installations ainsi dénommées à Nevers (Nièvre) rompent avec l’image – et souvent encore, la réalité – de sites au bitume cabossé où la circulation des voitures et des personnes n’obéit à aucune règle. Nevers Agglomération vient de les mettre en service pour un investissement de 13 millions d’euros HT (*), en en confiant la conception et la construction à un groupement conduit par Suez.

Après le site des Grands Prés ouvert à l’est de l’agglomération mi-octobre 2024, le dispositif est complété depuis début septembre par l’homologue des Pré-Poitiers pour les secteurs ouest. « Des déchets, on passe à des devenirs : des matières qui entament une nouvelle vie », salue Fabrice Berger, le vice-président de la communauté d’agglomération. L’engagement porte sur une valorisation en matières de 70 % des volumes accueillis.

 

G constru 2bis

 

L'évolution du profil marque d’abord un changement de dimension : sur des superficies de 1 et 2 hectares bien supérieurs aux standards du genre, les sites offrent aux particuliers – seul « public » accepté, les professionnels disposant d’autres exutoires  locaux – la possibilité de déposer pas moins de 33 types différents de déchets. « D’ordinaire, le chiffre se situe vers la vingtaine. Cette densification permet de répondre d’emblée à l’émergence des nouvelles filières de responsabilité élargie des producteurs (REP), comme en dernier lieu celles des articles de sports et loisirs et des articles bricolage et jardinage. Le tri est également affiné au sein des matériaux », souligne Delphine Perrot, directrice Bourgogne-Franche-Comté de Suez.

Sont autorisés, dans les écocentres nivernais,  le dépôt des huiles alimentaires, des pneus usagés, des radiographies médicales, des isolants en laine de verre ou de roche, les batteries automobiles, les stylos, les cartouches d’encre, des ampoules et néons et des textiles, outre les « piliers » classiques : métaux, cartons, gravats, etc. Le retour à l’envoyeur s’applique en revanche aux pneus jantés, aux extincteurs, aux Dasri (déchets d’activités et de soins à risques infectieux, en clair les seringues), entre autres.

Le « saut » qualitatif est surtout attendu dans la gestion des circulations. Il repose sur une initiative presque unique en France : le « drive. » Autrement dit, la transposition au déchargement de déchets (ou de « devenirs ») du principe désormais très répandu de chercher sa commande de nourriture sans sortir de son véhicule. Ici, le conducteur s’extrait quand même de son véhicule, mais sans s’attarder : il peut occuper l’une des cinq places permanentes de stationnement situées au droit d’un espace de récupération de son dépôt.

Fréquentation en hausse 

ecocentre nevers suez
Les bennes dédiées sur le nouveau site des Prés-Poitiers, ouvert au public en septembre 2025. © Suez

Ce système se combine avec la dépose en  mode conventionnel de points d’apport volontaires, pour les textiles et le verre par exemple, ou dans des alvéoles. Deux d’entre elles, pour les végétaux et les gravats, sont abritées sous le « préau des matériaux » qui met à disposition des usagers, gratuitement, des matériaux de constructions récupérés sur l’écocentre par les agents, désormais appelés « valoristes. ».

L’objectif principal des différents travaux se résume dans le mot de fluidification  : « Réduire le temps d’attente qui était excessif et donc dissuasif constitue une priorité, qui se traduit par un engagement contractuel pour Suez », souligne Fabrice Berger. Ce délai de latence avant de pouvoir décharger ne doit désormais ne pas excéder 15 minutes, « alors qu’il pouvait se situer à une heure et plus encore », relève Delphine Perrot.

 

istratech

 

Les écocentres de Nevers Agglomération entendent aussi poursuivre un but économique. A double titre : faire travailler trois entreprises de l’économie sociale et solidaire qui sont partenaires, et donner un coup de pouce au pouvoir d’achat des habitants, qui peuvent racheter à bas prix à la « Resourcerie » sur place leurs matériaux réparés, reconditionnés…

La collectivité et son prestataire tirent un premier bilan jugé positif : sur le premier semestre 2025 dans le premier écocentre des Grands Prés, ils recensent 26,5 tonnes captés et réemployés qui partaient auparavant à l’enfouissement, en décharges. Et la fréquentation a augmenté d’un tiers.      

(*) subventionné par le programme européen Feder-FSE+ de Bourgogne-Franche-Comté

Commentez !

Combien font "9 plus 5" ?