NUMÉRIQUE. Traces Ecrites News poursuit dans l'entre-deux-tours, sa série des  Si j'étais président..., qui a offert la parole à des chefs d'entreprise ou spécialistes d'un domaine d'activité.

Il ne s'agissait bien évidemment pas de peser d'un point de vue politicien sur cette campagne de la présidentielle, mais de montrer que le POLITIQUE peut - et doit - être l'affaire de tous, en utilisant l'un des biens les plus précieux qu'offre la démocratie : la liberté d'expression.

Un grand merci à nos contributeurs déjà publiés : Vincent Stenger (Meirs), Philippe Pénillard (Cleia), Jérome Richard (Réseau Concept), Guy Monteil (ENSEMM), Anne Parent (viticultrice), Patrick Jacquier (hôtelier-restaurateur).

Avant l'horloger bisontin Philippe Lebru à la fin de la semaine, la parole est aujourd'hui à Arnaud Morel, journaliste pour l'hebdomadaire Le Point et Mac4Ever.com, l'un des plus importants sites d'information français centré sur l'univers Apple.

Verbatim d'un geek accompli.

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«Si j'étais président de la République, je m'arracherais déjà les cheveux de l'incurie numérique de mes prédécesseurs, qui ont échoué à faire de la France un acteur significatif dans le monde informatique. Aujourd'hui, nous utilisons des systèmes d'exploitation américains, sur du matériel fabriqué en Chine, avec des composants japonais, coréens et chinois, et des processeurs conçus aux USA ou en Grande-Bretagne.

Si j'étais président, j'abolirais tout de suite la très archaïque loi sur l'économie numérique, et son "machin" administratif l'HADOPI. Je prendrais mon bâton de pèlerin pour convaincre les industries culturelles nationales du changement de paradigme qu'implique la numérisation des contenus, des livres, des films, de la musique, et de l'obligation d'adapter leurs pratiques.

Je leur expliquerais que le numérique permet une diffusion à très grande échelle pour un coût négligeable et que ceci implique une opportunité unique d'augmenter énormément les volumes de vente, à la double condition de baisser dramatiquement le prix de vente et d'abolir les freins à l'achat.

Pour les convaincre, je pointerais du doigt l'incroyable essor de l'industrie du logiciel mobile, indissociable de l'arrivée des App Store, ces boutiques de vente mondiales d'applications où le plus petit éditeur se retrouve face à un marché mondial de plusieurs dizaines de millions de clients potentiels, où l'acte d'achat est simple comme un click (ou un tap du doigt) et où le prix de vente unitaire a été divisé par 10, voire par 100 par rapport aux logiciels pour ordinateurs.

Je leur montrerais que ce nouveau modèle a rendu l'ancien immédiatement obsolète et a converti un grand nombre de ces fameux "pirates" à la légalité.

Pas par idéologie, simplement parce qu'il est sur ces plateformes plus avantageux de se comporter de la sorte : un logiciel vendu entre 0,79 et 5 € (pour l'immense majorité d'entre eux), un achat immédiat, une licence permissive (qui permet d'installer le même logiciel sur plusieurs machines), un système de mise à jour automatique.

Si j’étais président, je donnerais les moyens au pays de ne pas rater la nouvelle révolution de l'informatique que constituent les tablettes multitouch, notamment en matière pédagogique et d'égalité d'accès à la culture et au savoir.

Je mettrais en place une «task force» - un anglicisme à la mode, mais qui présente l'avantage de bien témoigner de l'urgence - destinée à évaluer et définir les bonnes pratiques en matière d'utilisation de celles-ci à l'école.

Je profiterais de la commande publique pour faire émerger un acteur national significatif en matière de conception de tablettes. Une tablette par écolier, un poste de contrôle par enseignant, voilà qui constitue un marché de l'ordre de 15 millions d'unités susceptible de renforcer des vocations industrielles.

Il ne serait guère difficile de convaincre du bien fondé de l'investissement : quelques milliards d'euros. Pour les élèves, des manuels numériques, interactifs, où il est possible d'accéder au savoir textuel, audio, vidéo, de manipuler les objets d'expérimentation ou les textes, de répondre à des questionnaires et évaluations. Pour les enseignants, un dispositif de suivi individualisé des performances des élèves, de leur progression, une correction plus rapide de leurs devoirs…

Si j’étais président, je concentrerais massivement les capacités de recherche du pays dans le domaine clef, crucial, que constituent les technologies de stockage de l'énergie - des batteries nettement plus performantes constituent la prochaine grande frontière technologique -, il ne faudrait pas rater ce rendez-vous.

Songez, aujourd'hui et sur le modèle de tablette le plus populaire au monde, que la batterie constitue près de 80 % du poids. Je n'abandonnerais pas non plus la recherche fondamentale en matière de micro-processeurs.

Et, dans ce secteur, j'afficherais une grande confiance dans les capacités du pays et du continent : aujourd'hui, ce sont des puces conçues par ARM en Grande-Bretagne qui équipent l'immense majorité des smartphones et tablettes.

Mais la France tient une jolie place en matière de logiciels, notamment de jeux vidéos, avec des éditeurs comme Ubisoft ou Gameloft, et de logiciels professionnels (Dassault, notamment).

Et oui, la vieille Europe a son mot à dire et des savoirs à faire briller».

Relire toute la série : Si j'étais président..., Vincent Stenger de Meirs Si j'étais-président..., Philippe Pénillard de Cleia Si j'étais président..., Jérôme Richard de Réseau Concept Si j'étais président..., Guy Monteil, professeur à l'ENSMM Si j'étais présidente..., Anne Parent, viticultrice Si j'étais président..., Patrick Jacquier, hôtelier-restaurateur
1 commentaire(s) pour cet article
  1. nummular eczemadit :

    Je suis très heureux de lire www.tracesecritesnews.fr !

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