Le salon à Genève EPHJ 2024 de la haute précision a accueilli, la semaine dernière, 24.000 visiteurs venus de 11 pays différents à la rencontre de 765 exposants, soit une fréquentation en hausse de 8,7% en un an. La présence collective de la Bourgogne-Franche-Comté y a été forte, avec 25 entreprises représentées. Elles travaillent en sous-traitance pour des marques de luxe (horlogerie, maroquinerie, bijouterie) et une palette variée d'autres secteurs : médical, défense, aéronautique, machines-outils... Focus sur six d'entre elles, qui ont fait le déplacement pour trouver des clients ou des investisseurs.

 

• Ets Edmond (Mk Groupe), une signature française pour les étuis et coffrets

Entreprise Edmond
Claudio Di Vito, chargé de l'export, sur le stand d’Ets Edmond © Déborah Levy


L’histoire de Mk Groupe débute à Paris en 2010. Son président David Jankowski, développe alors des solutions de packaging pour l’univers des métiers fine food (chocolaterie, pâtisserie et épicerie fine), puis pour les vins et spiritueux et enfin pour des parfumeurs. Si le design et le prototype sont réalisés dans la capitale par un bureau d’étude et un bureau de création (20 salariés), c’est à Mâcon (Saône-et-Loire) que le chef d’entreprise a décidé d’installer une partie de sa production, en 2022, sous le nom d'Etablissements Edmond. « Au départ, nous faisions fabriquer 90% en Chine mais avec le Covid, certains de nos clients ont préféré se recentrer sur la France et l’Europe. Nous captons les marchés qui ont besoin de créativité et de réactivité », explique David JankowskiAvec un niveau de technicité élevé - les machines de fabrication, d’habillage de coffrets, de dorure à chaud, de gaufrage par exemple coûtent entre 200.000 euros et 1 million d’euros - un nouveau bâtiment de 3.000 m2 va être inauguré en septembre pour y accueillir une nouvelle ligne de production. Le site de Mâcon emploie une trentaine de personnes, pour un chiffre d’affaires global du groupe qui s'est situé à 18 millions d’euros en 2023. Mk Groupe continue de produire en parallèle en Chine, en Pologne pour l’Europe de l’Est et au Portugal, « mais nous relocalisons de plus en plus », poursuit le dirigeant. Au salon de Genève, les contacts sont très spécifiques et une grande marque de montre est passée sur le stand. Le début d’une nouvelle collaboration peut-être ?

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• Pour Précision Horlogère, le « meilleur salon depuis 11 participations »

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Franck Arnoux, directeur de Précision Horlogère, considère cette édition 2024 du salon EPHJ comme particulièrtement dynamique. © Déborah Levy 


« Je crois que c’est le meilleur salon auquel j'ai participé depuis plusieurs années. Les contacts avec les potentiels clients qui passent sur notre stand sont vraiment très bons »,
se réjouit Franck Arnoux, directeur de Précision Horlogère, société basée à Valdahon (Doubs). Il ressent ainsi une dynamique de marché à l'occasion de cette 11è participation. A la tête du fabricant d’outils coupants pour l’horlogerie et la lunetterie principalement, il a commencé l’aventure entrepreneuriale en 2011 dans son garage. Les clients qui passent sur son stand cherchent des nouveaux fournisseurs pour usiner les bracelets, réaliser des étampes et du découpage de métal dur type carbure. Aujourd’hui, Précision Horlogère compte 9 salariés.

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• Silmach se remarque !

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Silmach, à Besançon, emploie une trentaine de salariés à la fabricatio des microsystèmes Mems. © Déborah Levy


Silmach, à Besançon, emploie une trentaine de salariés à la fabrication des microsystèmes Mems - systèmes de micro-électronique mécanique - à savoir des composants de téléphone, d’appareils photo ou de haut-parleur. « Nous sommes précurseurs dans le domaine de la micromécanique en silicium et concevons, fabriquons et intégrons des MEMS performants dans les micromoteurs pour la motorisation de systèmes nomades et/ou connectés et pour les capteurs micromécaniques sans énergie pour le contrôle de santé des structures », explique Adrien Thuillier, chargé de marketing. Le salon de Genève permet à la PME de capter un potentiel de clientèle pour ses micromoteurs « dans l’horlogerie, le médicale ou les micro robots », précise son représentant à EPHJ.

Relire notre dernier article sur l’entreprise : De Besançon à Las Vegas, SilMach montre les atouts de son « coeur » silicum
 

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• Micro Erosion s'impose dans la précision haut de gamme

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Alain Laude et sa fille  © Déborah Levy


Le président Alain Laude et 25 salariés dont six membres de sa famille composent les effectifs de Micro Erosion. L'entreprise de mécanique de précision à Pontarlier (Doubs) focalise fortement son activité sur l’innovation et la R&D, en vue de sortir des solutions pour des clients haut de gamme en med tech, spatial et aéronautique. « Ils nous demandent par exemple de fabriquer des composants en titane de la pompe ventriculaire du cœur implanté dans le corps humain. Ou encore, les pièces d’un tube sous vide qui permet la communication entre les satellites », décrit Alain Laude. 50 % de la production de Micro Erosion part à l’export (Canada, États-Unis, Norvège, Pays-Bas-Belgique, Italie... ) et le marché de l'Inde connaît un impportant développement en ce moment. « Nous sommes reconnus pour savoir gérer la fabrication de pièces complexes et techniques dans des projets globaux », poursuit le dirigeant de la société au chiffre d'affaires de 3,3 millions euros en 2023. Le salon de Genève lui offre l'opportunité de rencontrer clients et prospects dans le médical ou l’horlogerie.

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• Mécanic'outils, du coupant millimétréMécanic outils

Mécanic outils est un expert du très très petit, explique Mireille Nicoud, assistante commerciale © Déborah Levy


Avec un chiffre d’affaires de 1,8 millions d’euros en 2023 et 15 salariés, Mécanic'outils, installée à Frambouhans (Doubs) produit des outils coupants en carbure (poudre de tungstène) pour les entreprises du luxe en horlogerie, maroquinerie et médical. Elle évolue dans l'univers du très petit : jusqu’à 0,20 mm. Depuis le village frontalier de 900 habitants dans le haut-Doubs où la TPE est implantée, « aller voir nos clients un peu partout en France est difficile. Or sur ce salon, nous en voyons beaucoup. Et nous nous faisons aussi connaître auprès de nouveaux prospects à la recherche de fournisseurs en mesure d'améliorer leur produit », relève Mireille Nicoud, assistante commerciale.

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Naja manufacture, des lunettes, mais pas que

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« Le plus important c’est l’envie et le plaisir de travailler ensemble, non ? », postule Stéphane Cornu, à droite, directeur général et ses collaborateurs © Déborah Levy


Lunetier jusqu’il y a 10 ans, Naja Manufacture à La Chaux-du-Dombief (Jura) a été fondé il y a 35 ans et compte une cinquantaine de salariés. Elle s'est spécialisée dans la transformation du métal, afin de pérenniser ses savoir-faire et se diversifier du marché des lunettes. Elle créé désormais des pièces pour le prêt-à-porter de luxe, comme des boutons de machettes, des broches ou autres tire-bouchons. « Ce qui est formidable c’est que j’arrive à rencontrer ici des clients potentiels que je n’arrive pas à accrocher par téléphone ou par mails. Je suis très content d’être ici pour créer de nouveaux contacts. Une image vaut mieux que de longs discours », souligne Stéphane Cornu, directeur général, qui fait sienne cette philosophie : « Le plus important c’est l’envie et le plaisir de travailler ensemble, non ? »

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