Reprise par Nathalie et Stéphane Coulot en 2016, la petite manufacture de matelas, sommiers et têtes de lit haut de gamme à Chemaudin-et-Vaux (Doubs) bénéficie d’une notoriété grandissante auprès des architectes d’intérieur et des hôteliers. Labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant, Literie Bonnet s'est réorientée vers la production sur commande. Elle s’est lancée dans l’écoconception, afin d'améliorer l’empreinte environnementale de sa fabrication opérée en mode artisanal.
Fondée en 1955 à Besançon (Doubs) par Maurice Bonnet, la manufacture de literie du même nom, qui fête ainsi ses 70 ans cette année, semble avoir trouvé une seconde jeunesse depuis sa reprise, en 2016, par Nathalie et Stéphane Coulot. Le couple, qui possédait auparavant une douzaine de magasins de l’enseigne « Maison de la Literie », a revu le modèle économique de la petite structure artisanale de 13 salariés dont les ateliers et le showroom bordent, depuis 2010, l’échangeur de l’autoroute A36 à Chemaudin-et-Vaux, au sud-ouest de l’agglomération bisontine.
Positionnée sur le « milieu et haut de gamme » selon ses termes, la fabrique de matelas, sommiers, têtes de lit et petit mobilier a fermé tous les comptes de ses revendeurs. « Pour refaire leur chambre, les gens qui ont du pouvoir d’achat ne vont plus dans les magasins, ils recourent à un architecte », justifie Nathalie Coulot. En conséquence, Bonnet travaille désormais à la commande - à partir du catalogue ou pour des projets sur-mesure - et sa clientèle se compose principalement d’architectes d’intérieur et d’hôteliers. « Nous nous sommes installés dans une toute petite niche. C’est ce qui nous permet de ne pas trop souffrir de la crise du marché de l’ameublement », estime la dirigeante. En 2023, la société a enregistré un chiffre d'affaires d'« un peu plus de 2 millions d’euros », son bilan 2024 étant en cours de clôture.
Clients de luxe

Forte du savoir-faire de ses matelassiers, tapissiers et ébénistes dans la mise en œuvre de matières nobles (laine de mouton, poils de chameau, crin de cheval, latex naturel, soie, ressorts ensachés en coton…), la manufacture indique collaborer avec de « grandes maisons de luxe.» Elle a décroché des contrats prestigieux ou insolites, comme l’équipement d’un yacht qatari amarré dans le port grec du Pirée, ceux d’un chalet alpestre seulement accessible par hélicoptère ou encore ceux de l’hôtel Bürgenstock au bord du lac de Lucerne, en Suisse, l’un des plus grands cinq étoiles d’Europe… « On aime bien les challenges », souligne Nathalie Coulot, dont l’équipe a même confectionné un sommier pourvu d’un écran de télévision escamotable.
La PME doubienne est très active sur Instagram. Sur ce réseau social, elle soigne sa vitrine virtuelle, complémentaire de son showroom dans la capitale, situé sur le touristique boulevard Haussmann (*). En 2023, elle a bénéficié d’un coup de projecteur supplémentaire en obtenant le label Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV), « un marqueur fort, très recherché dans le microcosme parisien », constate l’énergique gérante.

Literie Bonnet ne s’est pas pour autant endormie sur ses lauriers, puisqu’elle s’est lancée dans une démarche d’écoconception, récompensée par l’Agence économique régionale (AER-BFC) lors de la dernière édition de son événement Créer Demain, fin novembre dernier. Avec l’aide technique du laboratoire d’études textiles Cetelor d’Epinal (Vosges) et financière de l’Ademe, la manufacture a créé une gamme de matelas garnie de laine recyclée, ce qui permettrait de réduire de 36 % son bilan carbone.
Elle a aussi entrepris de donner une seconde vie aux 100 m3 de chutes de production qu’elle jetait annuellement. Broyés et mélangés, ces déchets de mousses, textiles ou latex servent désormais à rembourrer une nouvelle ligne de coussins de décoration. En cours de déploiement, ce process a été expérimenté en partenariat avec l’association d’insertion Frip’Vie située dans le Pays de Montbéliard.

Via son holding HCP Gestion, le couple Coulot a acquis, en septembre dernier, une seconde manufacture de meubles franc-comtoise : les sièges Chaillard à Voray-sur-l’Ognon (Haute-Saône). Fondée en 1905, la PME de 17 salariés pour un chiffre d'affaires de 2,5 millions d’euros appartenait depuis 2016 à Générale Française de Literie, une société basée dans la Sarthe. Le rachat de ce fabricant de fauteuils médicaux et canapés offre de « belles synergies » avec Literie Bonnet, selon Nathalie Coulot. « Nous proposons désormais une gamme complète pour la chambre, qui nous rend incontournables pour nos prescripteurs », affirme la dirigeante qui a présenté une première ligne de canapés convertibles au salon Maison & Objet mi-janvier à Paris.

(*) Literie Bonnet disposait également d’un showroom à Bâle qui vient de fermer. Elle prévoit cependant de rouvrir un autre point de vente en Suisse, à Lausanne ou Genève.

















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