La société Pinette PEI (Pinette Emidecau Industrie) à Chalon-sur-Saône a été fondée en 1863. Son âgé vénérable ne l'a pas empêchée de savoir se renouveler, jusqu'à devenir un spécialiste de l’ingénierie industrielle. Fabricante de machines de thermocompression pour l'automobile, l’aérospatial, la défense, l’aéronautique ou le nucléaire, son positionnement et son expérience la font évoluer sur une scène internationale. Pour preuve, 70% de sa production est vendue à l’étranger.


A l’entrée des immenses ateliers de la société Pinette PEI (Pinette Emidecau Industrie), installée sur la zone SaôneOr de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), on voit trôner une machine de plusieurs mètres de haut nommée Tifaani, qui fait l'objet d'essais de calage. « Cette machine à la technologie innovante de formage pour l’allègement des aéronefs et les nouveaux thermoplastiques nous a été financée en partie par France Relance, pour un montant total d’un million d’euros. Pour nous développer, c’est très important de penser à ces presses du futur qui assurent la maintenance prédictive et dans lesquelless'introduit de l'intelligence artificielle qui sert aussi pour nos clients », introduit Christel Jaumotte, responsable QSE/RSE (qualité-sécurité-environnement et responsabilité sociétale de l'entreprise).

Ce savoir-faire a pris une dimension internationale. Pinette Emidecau Industrie possède deux filiales en Europe, en Italie avec sa marque Gade de fabrication de presses plieuses et en Allemagne avec Pinette Emicdecau GmbH, dans le nord du pays. De plus, des agents et ingénieurs commerciaux travaillent aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Israël, en Inde, en Corée du Sud, au Japon, en Chine, en Australie et à Taïwan.

Le groupe compte au total 170 collaborateurs et réalise un chiffre d'affaires annuel de 50 millions d’euros. Au siège bourguignon, 120 salariés génèrent un chiffre d’affaires de 35 millions d’euros.

 

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Pinette PEI fabrique des machines standards mais aussi du sur-mesure, des presses de formage et des plieuses (sous la marque Jean Perrot) ainsi que des bancs d’essai au sein de lignes de production, à destination des grands groupes de l’aéronautique, du spatial, de l’automobile et de la défense.

A l’entrée des bureaux, une maquette expose les différents types de machines fabriquées par ce spécialiste internationalement reconnu. « On ne s’ennuie jamais chez Pinette. Nos salariés de maintenance partent dans le monde entier installer nos machines ou assurer le SAV », raconte pleine d’enthousiasme Christel Jaumotte. Dans le bureau d’études, cinq chefs de projets travaillent sur les marchés décrochés par Pinette et se trouvent ainsi à l'origine de 10 % du chiffre d’affaires de la société. À partir de la signature des études avec le client jusqu’à la mise en service et à la matérialisation des machines, tout se passe dans un open space au cœur de l’atelier.

 

Du nucléaire à la prothèse de hanches

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Pinette PEI (Pinette Emidecau Industrie) fabrique des machines standards mais aussi du sur-mesure, des presses de formage et des plieuses (sous la marque Jean Perrot) ainsi que des bancs d’essai pour les grands groupes de l’aéronautique, du spatial, de l’automobile, de la défense. © Déborah Levy 


« Dans notre b
ureau d’études, on parle électricité, mécanique, hydraulique, automatisme, robotisation... Il faut concevoir le bâti mécanique des machines, les circuits hydrauliques, la confection des robots, les capteurs. Puis, nos automaticiens écrivent le programme : ici on imagine sur le papier et dans l’atelier on assemble… », décrit Alexandre Mathieu, responsable marketing et communication.

La PME fabrique actuellement, entre autres, une presse à destination d’une entreprise aux États-Unis qui travaille dans le monde de l’aéronautique. « Il nous faut entre 12 et 24 mois de développement pour une machine spéciale. Nous avons une longueur d’avance en recherche et développement par rapport à nos concurrents américains », précise Christel Jaumotte alors que nous passons devant une énorme presse qu’il est impossible de prendre en photos : le projet est strictement confidentiel.

 

Cessions aquisitions

 

Le temps de conception d’une machine est d’autant plus long pour les programmes orientés vers le nucléaire ou le secteur naval. Ce positionnement très technique et haut de gamme a un prix : à partir de 50.000 euros pour le plus petit exemplaire, jusqu’à un tarif de 20 millions d’euros. « En moyenne sur une ligne complète robotisée, on va se situer autour du million d’euro », complète Christel Jaumotte.

Et aussi étonnant que cela puisse paraître compte tenu de son activité, vous connaissez peut-être Pinette sans le savoir. En effet, la société conçoit des presses pour des applications plus grand public : la fabrication des prothèses de hanche en matériaux composites, celle de pièces sur les avions (les ailes, le fuselage, la trappe de train d’atterrissage). Et, dans un tout autre genre, celles qui confectionneront des gilets pare-balle.

 

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Dans le bureau d’études, cinq chefs de projets travaillent sur les marchés décrochés par Pinette. © Charles Siaux

 

Chez Pinette, On recrute !

« Pinette a un fort savoir-faire : les gens nous connaissent mais ne savent pas ce que nous faisons. Notre entreprise est une très belle pépite avec un vrai savoir-faire et nous avons des métiers très techniques à forte valeur ajoutée : concepteur en bureau d’études, intégrateur, automaticien, hydraulicien… », explique Julie Lacroix, responsable des ressources humaines. Et d’ajouter : « Nos techniciens SAV qui ont bac+2 ou 3 et qui se déplacent dans le monde entier ont parfois des freins à le faire dans la durée. Nous travaillons de plus en plus sur cette partie déplacement. Partir un mois et demi en Australie par exemple, ça ne plait pas à tout le monde. Mais je le dis à chaque personne que je recrute : vous allez travailler sur des projets que vous ne verrez pas dans n’importe quelle société. Nous avons un engagement fort vers l’excellence et la technicité et avons besoin de personnes extrêmement curieuses et agiles… » Parce que Pinette est une société de savoirs qu’il est difficile d’écrire, elle réalise de plus en plus des tutos sous forme de vidéos. Actuellement 12 postes sont à pourvoir.

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