L’entreprise poursuit sa consolidation dans les équipements de levage et de manutention à charges suspendues, sous l’impulsion de Guillaume Ribot, son récent repreneur. Elle revendique 200 à 300 clients dans des secteurs variés : métallurgie, armement, automobile, énergie, matériaux de construction…
C’est dans l’ancien local réaménagé d’un brasseur de bière, à Chevigny-Saint-Sauveur (Côte-d'Or), que Métis Levage a déménagé, en février dernier, son site de production et ses bureaux dijonnais. La SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle), spécialisée dans les équipements de levage et de manutention à charges suspendues, dispose d’un hangar de 800 m2 affecté à la production, et d’un second local, de 350 m2, qui accueille les opérations de maintenance, ainsi que ses services.
« Notre ancien site de Longvic était devenu vétuste, il n'avait plus fait l'objet d'investissement depuis deux décennies. Cette relocalisation nous permet d’offrir de meilleures conditions de travail et de production, tout en restant au plus près de nos clients », explique Guillaume Ribot, dirigeant de l’entreprise depuis septembre 2023.
Déménager n’a pas été chose aisée, considérant la relative pénurie de locaux disponibles au sein de la métropole dijonnaise. « Nous avons réfléchi à rénover le site existant, ou à construire en neuf, mais ces deux options se sont avérées trop coûteuses. Nous avons peiné à trouver nos surfaces actuelles, mais avons été soutenus dans nos recherches par les services de la métropole », précise le dirigeant. L’aménagement du nouveau lieu, pris en location, a mobilisé près de 250.000 euros.
Métis Levage conçoit, installe, rénove et entretient des ponts roulants, palans, potences et autres équipements spécifiques pour l’industrie, avec des capacités allant de 125 kilos à 80 tonnes. Son modèle économique repose sur un double métier : la fourniture d’équipements neufs (40 % de l’activité), et le service de maintenance, réparation et modernisation (60 %). Métis Levage totalise quatre implantations : à Arnas (Rhône) où se trouve son siège social, à Dijon où elle réalise ses productions et dispose d’un bureau, et à Bourges (Cher) et Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) pour deux agences.
Créée dans les années 1960 par le groupe familial Artru, l’entreprise est passée entre les mains de plusieurs acteurs, dont le fabricant de pompes KSB, avant d’être reprise en 2017 par Pascal Beauchamp, puis donc en septembre 2023 par Guillaume Ribot. Cet ingénieur de formation, diplômé des Arts et Métiers, a longuement évolué dans le secteur du nucléaire au sein de la société lyonnaise Reel, avant de mûrir un projet entrepreneurial. « Je voulais retrouver du sens, du terrain, du lien avec les équipes et les clients. J’ai suivi une formation très efficiente au C.R.A (Cédant Repreneur d’Affaires), l’association qui accompagne la reprise d’entreprises. J’ai ciblé une dizaine de sociétés pour finalement reprendre Métis Levage qui, avec son savoir-faire artisanal et sa proximité client, correspondait parfaitement à ce que je cherchais », confie-t-il.
Des difficultés de recrutement à cause de la pénurie de compétences

L’entreprise compte aujourd’hui une vingtaine de salariés pour un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros en 2024 (3,5 millions d’euros en 2023). Le montant devrait légèrement baisser en 2025, du fait de l’impact du déménagement dijonnais. Métis Levage revendique 200 à 300 clients dans des secteurs variés : métallurgie, armement, automobile, énergie, matériaux de construction…
La proximité avec ses clients qui fait sa force lui permet de proposer des solutions sur-mesure correctement dimensionnées. « Nos techniciens, qui travaillent en autonomie, connaissent les sites, les machines et les interlocuteurs. Ce lien de confiance constitue notre principal levier de développement. Nos clients sont très fidèles », affirme Guillaume Ribot. Mais comme beaucoup d’acteurs industriels, Métis Levage se heurte à des difficultés de recrutement et à une pénurie de compétences. « Notre modèle repose sur des profils autonomes, capables d’intervenir en maintenance ou en pose, sur des équipements très variés. Il n’existe pas de formation spécifique, nous formons nous-mêmes. Mais nous ne parvenons pas à pourvoir les postes ouverts, certains depuis plusieurs mois », souligne le dirigeant.
Dans ce contexte, la priorité de Guillaume Ribot est claire : renforcer les équipes, structurer l’organisation, et faire grandir Métis Levage sans dénaturer sa culture d’entreprise. « Je consacre 80 % de mon temps à la conception et à la vente des projets. Mais pour tenir sur la durée, il me faut recruter un appui technique et recentrer mes efforts sur le pilotage et l’animation des équipes. Le cap est là : solidifier l’existant, consolider nos bases, et être à la hauteur des défis industriels qui s’annoncent », analyse-t-il. Une trajectoire exigeante, à l’image du métier de levage.
Natif d’Ambérieux-en-Bugey et élevé dans une ferme de l’Ain, Guillaume Ribot garde un attachement profond aux valeurs du travail manuel et du monde rural. Fils d’un technicien du levage, il découvre très jeune les réalités du chantier et développe une solide culture industrielle. Après un bac technologique et un IUT en maintenance industrielle, il intègre les Arts et Métiers à Cluny (Saône-et-Loire), une école à laquelle il reste très attaché : « J’ai adoré son esprit de tradition, de rigueur et de camaraderie. Et le réseau d’alumni est un soutien précieux », confie-t-il.
Son parcours professionnel a débuté chez Reel, spécialiste des équipements lourds pour le nucléaire, où il est resté pendant 20 ans, jusqu’à devenir responsable de grands projets. Mais le besoin d’indépendance et de proximité avec le terrain l'ont poussé à entamer une reconversion. À 46 ans, ce passionné de rugby conjugue compétences techniques, fibre entrepreneuriale et volonté de transmission.

































.png)

















.jpg)







