Nous marquons la pause des congés de printemps cette semaine et vous proposons un retour sur des informations que nous avons diffusées depuis fin février. Aujourd'hui : Need Robotics. Créée en 2020, la start-up établie à Sens a constitué le début d'un groupe après une première acquisition. Elle veut continuer à grossir dans le but de récupérer de nouveaux marchés à l’international dans le domaine de l’automation. Face à une certaine frilosité du marché à adopter sa solution, elle propose un nouveau service : la location de robots entre entreprises.
Article publié le 31 mars 2025.
Need Robotics, ou la réunion des experts en mécatronique. Au croisement de la mécanique, de l’électronique et de l’informatique, cette jeune entreprise de Sens (Yonne) programme des robots et des systèmes associés afin qu’ils effectuent des tâches automatisées pour des entreprises, des artisans et des sociétés de services. L'entreprise de 5 salariés, fondée par Ned Cekik en 2020, a franchi une importante étape de croissance l’an dernier en rachetant MGO Méca, une PME de 30 salariés basée à Traînel (Aube) et en région parisienne, rassemblée désormais avec Need Robotics dans le holding Need Technology.
Le groupe ainsi constitué ne compte pas s’arrêter là. Il est actuellement en pourparlers pour racheter une société d’infogérance. Il se fixe l’objectif d’acquérir deux nouvelles entreprises d’ici à 2030 afin d'élargir la place à l’international qu’il a commencé à occuper par sa première croissance externe : MGO (Mécanique Générale de l'Orvin), rebaptisée NSteel Engineering, réalise 80 % de son chiffre d’affaires à l’export.
Fort d’un chiffre d’affaires situé à 3 millions d’euros au cumul de ses deux sociétés, Need Technology projette d’investir 1,5 million d’euros dans un nouveau bâtiment de 800 m² accompagné d’un plan de modernisation de ses moyens de production sur trois ans. Ce nouvel espace servira notamment au montage des cellules et permettra d’accueillir un palettiseur de tubes de 18 mètres de long. Il réunira l’activité des entreprises du holding : l’informatique industrielle à travers la gestion du parc matériel et du process des machines, des services d’ingénierie avec un bureau d’études en mécanique, électricité et automation, ainsi que des services d’intégration pour monter des machines équipées d’automatismes et de robotique.
Des robots pour l’hôtellerie-restauration et la santé

Ces premières opérations semblent porter leurs fruits. Ned Cekik a été contacté par Louvre Hotels, filiale du Chinois Jin Jiang International qui possède plus de 10.000 établissements dans le monde, sous des enseignes comme Campanile, Kyriad ou Golden Tulip. Le dirigeant icaunais retient de cet échange que « ce groupe a besoin de déployer ses robots en France. » Une belle opportunité pour lui, dans un secteur qu’il connaît bien. Il y a trois ans en effet, Need Robotics s’est fait connaître par le développement d’un robot pour l’hôtellerie soutenu par des aides publiques.
Le N2D2, de son petit nom, est toujours en fonction au Campanile Smart de Lyon. Il a été programmé pour être autonome et se relier aux différents éléments électroniques de l’hôtel. « Un client peut ainsi lui demander d’appeler l’accueil pour dire qu’il a besoin d’une bouteille d’eau, le robot amène celle-ci dans la chambre, il sait appeler l’ascenseur tout seul, monte, puis envoie un sms au client pour lui annoncer qu’il est devant sa porte », décrit Ned Cekik. N2D2 peut aussi guider les clients à leurs chambres. Et selon la demande de ceux-ci, il est doublement programmé avec des activités de services le soir, et d'autres de ménage le matin par exemple.
L’entreprise a su aussi s'ouvrir les portes de l’univers de la santé, en créant un robot capable de décontaminer l’aile d’un hôpital par le recours aux rayons UV-C (ultra-violets de courte longueur d'onde) qui permettent de lutter contre les microbes et les risques infectieux.
Un modèle programmé de Need Technology coûte entre 75.000 et 550.000 euros. L’investissement est conséquent, aux yeux notamment des industriels français qui restent frileux sur cette technologie, selon Ned Cekik. L'entrepreneur déplore « le manque de confiance dans l’automatisation, un attentisme, le souci de ne pas prendre de risques. » Pour contrecarrer cette tendance, l’entreprise a développé Shareabot, un outil qui permet de partager des robots. Une entreprise qui dispose d’un modèle sans l’utiliser peut ainsi le mettre à disposition d’une autre société, de sorte à en tirer un revenu de location. De son côté, l’utilisateur qui n’est pas prêt à effectuer cet investissement important peut tester le produit à moindre frais. D’un point de vue comptable, plus besoin de se préoccuper d’amortissements, le produit passe en ligne Capex.
Et, à l’usage, l’entreprise utilisatrice finira peut-être par trouver cet outil indispensable. C’est en tout cas ce qu’espère le dirigeant, convaincu qu'il se situe au coeur d'un véritable enjeu dans le secteur industriel : « La robotique peut répondre à une flexibilité opérationnelle importante, nous avons des robots qui sont capables de changer de préhenseur et de programmation en fonction des exigences de chaque ligne de production », argumente Ked Cekik.

Ned Cekik se présente comme un autodidacte. Après avoir effectué un début de carrière chez Alstom, il a travaillé dans un bureau d’études de Saint-Gobain avant de créer sa société en 2020, persuadé que « l’automatisation constitue un enjeu du futur qui a sa place dans l’économie actuelle .» Le groupe Saint-Gobain est alors devenu son premier client. L’activité d’origine consistait en de la vente de prestation intellectuelle. C’est ensuite que la société s’est mise à acheter des robots, en fonction des besoins des clients, pour les programmer : « on prend le robot dans sa caisse et on le fait vivre dans l’environnement du client », résume le fondateur de Need Robotics.
Photos fournies par l'entreprise.


































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