A quelques jours du salon Euro Supply Chain, le 12 juin, nous vous proposons un dernier rendez-vous préalable sur les nouvelles dimensions de la logistique, avec la complicité du Parc Expo Mulhouse, organisateur de la manifestation. Aujourd'hui : gros plan sur SES Sterling. Spécialisée dans la transformation des matières plastiques et caoutchoutées pour l’industrie électrique, l'entreprise implantée depuis 2021 dans son nouveau bâtiment à Hésingue (Haut-Rhin) s’y est équipée d’un entrepôt automatisé qui lui a permis de gagner en performance dans sa supply chain. Elle vise un indicateur OTIF (On-Time, In-Full) à 100 %.


« Nous avons choisi d’investir 2 millions d’euros dans la technologie plutôt que dans la pierre. Pour nos besoins logistiques, nous aurions dû construire 2.500 m2 supplémentaires dans notre nouveau bâtiment qui compte déjà 38.000 m2 »
, explique Pascal Fuentes, le responsable de la logistique et de la production chez SES Sterling.

La bonne gestion des stocks et la garantie des livraisons rapides ont toujours été au cœur de la stratégie du groupe d'accessoifres de câblage et tuyauterie afin de rester compétitif. Lors de son déménagement en 2021 du centre-ville de Saint-Louis (Haut-Rhin) vers la zone périphérique du Technoparc à Hésingue, il a donc choisi d’automatiser ses process logistiques en s’équipant d’un AutoStore. De conception norvégienne, ce système consiste en un entreposage cubique automatisé. Des bacs qui peuvent être remplis de marchandises jusqu’à 30 kg sont empilés sur 15 ou 16 hauteurs et des robots autonomes les transportent. Cette solution est adaptée aux produits peu volumineux, qui constituent 90 % des produits de SES Sterling.

 

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Le fabricant a choisi une structure d’une capacité de 30.000 bacs sur 5,50 mètres de hauteur,  équipée de dix robots. L’AutoStore comprend quatre ports de travail : l'un d’approvisionnement et trois de préparation de commandes. « Au départ, nous avions opté pour trois ports, et au bout d’un an, nous avons investi pour en ajouter un quatrième », précise Pascal Fuentes.

Le nombre de bacs a également progressé, de 25.000 à 28.000, de façon à gonfler les stocks. Un opérateur remplit les bacs et une fois les commandes passées, les robots préparent les bacs et les acheminent aux opérateurs qui effectuent le picking avec des mitaines scanner en fin de ligne. « Alors qu’avant les opérateurs allaient chercher les articles dans les racks avec leurs Caddies, aujourd’hui ce sont les marchandises qui viennent à eux. Nous avons gagné en qualité de vie au travail », souligne le responsable de la logistique et de la production.

 

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Les opérateurs et opératrices restent affectés à des tâches de préparation de commandes et d'approvisionnement des bacs, dans un environnement de plus en plus robotisé. © Julie Giorgi


Grâce à ce système innovant, le groupe a également gagné en performance. Il affiche aujourd’hui un OTIF (On-Time, In-Full) de 99 %. Cet indicateur mesure le respect du délai de livraison et la conformité des commandes, sans erreur ni omission. En 2021, juste après la période Covid et après le déménagement, ce taux se situait à 83 %. La progression est donc significative.

Il en va de même, dans le sens inverse, pour les litiges. Avant l’investissement dans le stockage automatisé, le groupe en subissait parfois, certes à un taux relativement faible de 1 %. Aujourd’hui, cet indicateur est devenu quasiment nul à 0,06 %. « Notre PDG, Daniel Rollier, vise désormais un OTIF à 100 %. Nous avons déjà réussi à tenir ce score maximal sur nos produits standards sur 7 voire 13 jours », assure Pascal Fuentes.

 

Utiliser les temps masqués pour la préparation de commandes

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Stockage de grosses marchandises chez SES Sterling à Hésingue (Haut-Rhin). L'organisation telle que revue par l'industriel permet à un client basé en France qui a passé une commande avant 13h30 d’être livré le lendemain. © Julie Giorgi


Après quelques réglages et quelques pannes dues au trop grand remplissage des bacs, le groupe a réussi à optimiser l’utilisation de l’AutoStore. Il est passé de 280 bacs préparés à l’heure (le chiffre de référence du constructeur du système) à 440 aujourd’hui. Intégré à l’outil, le WMS (Warehouse Management System) communique également avec le logiciel ERP de l’entreprise. Un algorithme a permis de cibler les produits les plus souvent commandés, de façon à ce qu’ils soient convoyés plus facilement par les robots. Le système offre la possibilité de préparer 1.400 bacs en hauteur.

L’industriel haut-rhinois a également sensibilisé le service d’administration des ventes au fait d'enregistrer les commandes à certains moments de la journée. « En libérant les commandes pendant les temps masqués, c’est-à-dire à la pause de midi et après 16 h, nous avons pu augmenter nos performances de 20 à 30 % », observe son responsable de la supply chain. Ainsi, quand les opérateurs sont en pause ou ont terminé leur journée, les robots s’activent pour préparer les bacs.

 

Cessions aquisitions

 

Cette organisation permet à un client basé en France qui a passé une commande avant 13h30, d’être livré le lendemain. « La seule critique que j’émettrais concerne la durée de vie des batteries des robots : trois ans, je trouve que c’est court », fait remarquer Pascal Fuentes.

Mais aujourd’hui, le responsable et les 18 salariés du pôle logistique et expédition ne pourraient plus se passer du système de stockage automatisé. Cette équipe fait partie des 240 salariés qui travaillent sur le site d’Hésingue. En France et dans le monde, SES Sterling emploie 350 salariés et a réalisé en 2024 un chiffre d’affaires de 35 millions d’euros.

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