EMBALLAGE. Avec énergie, Delphine Hengy-Claude tient la barre d’Embalsace à Lutterbach (Haut-Rhin).

La fille du fondateur a mené l’entreprise d’emballage industriel en bois à une taille déjà conséquente dans ce secteur, avec un effectif de 120 salariés.

La PME se faufile au mieux dans la crise.

La  dirigeante ne le cache pas, la période traversée n’est pas la plus facile. «Nous ressentons la crise depuis septembre. Nous l’avions déjà vécue en 2009. Mais cette fois-ci, on est bien incapable de dire quand le rebond va arriver».

Ce chemin abrupt, Embalsace peut toutefois le niveler par l’effet de sa diversité. Si la PME a largement concentré son activité sur l’industrie, en particulier celle des biens d’équipement, ce secteur-là est suffisamment large pour éviter la dépendance à un trop petit nombre de clients.

Elle gère aussi la crise par ses implantations géographiques, à Lutterbach, mais aussi à Hoerdt près de Strasbourg et à Hésingue, près de l’aéroport Bâle-Mulhouse. «Des salariés passent actuellement d’un site à l’autre en fonction de l’activité», souligne Delphine Hengy-Claude.

Le centre de Mulhouse, d’où tout est parti en 1981, conserve la production des caisses. Mais le site historique était trop étroit pour envisager d’y poursuivre le cœur d’activité.

A quelques exceptions près, les caissons ronds ou rectangles d’Embalsace sont en bois. La dirigeante se fait donc volontiers l’avocate de ce matériau : moins cher que le métal, facilement recyclable, résistant à l’humidité et aux chocs de manutention…. «Le bois est très adaptable. Tous les emballages que nous effectuons sont sur-mesure ».

Nouvelle filiale Elsa

Les poids varient de quelques  kilos à 100 tonnes, sachant que la plupart des expéditions se situent entre 1 et 3 tonnes.

Elles concernent l’export, mais aussi parfois des opérations de délocalisations, au grand dam de la dirigeante d’Embalsace.

Elles partent essentiellement par camions en direction de la mer du Nord avant leur grand voyage sur d’autres continents.

Pour sécuriser le fret, Embalsace passe actuellement les audits qui doivent confirmer l’obtention du statut d’OEA (opérateur économique agrée) qui facilite les opérations de douane.

Même si, reconnaît  la dirigeante, l’OEA présente l’inconvénient de rendre l’entreprise très procédurière. La PME est également membre agréé du SEI, le Syndicat de l’emballage industriel.

Depuis deux ans, Embalsace propose à ses clients une prestation complémentaire de «petite logistique» : conditionnement, déballage, reconditionnement… exercée au sein d’une nouvelle filiale Elsa.

L’ensemble des sites et sociétés représente un chiffre d’affaires de 9 millions d’€. La crise de 2009 avait mis une fin brutale à dix ans de croissance, en provoquant une chute de 30 % de l'activité.

«Pour voir les choses de façon positive, elle nous avait permis de relever la tête du guidon et d'engager une réflexion plus stratégique qui a notamment débouché sur la création d’Elsa», souligne Delphine Hengy-Claude.

La chute avait été compensée. La présidente se dit prête à affronter la nouvelle houle qui vient.

Crédit photo : Christian Robischon

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