L’entreprise de l’économie sociale et solidaire Ville à Joie a été retenue par Novapec, un programme de soutien à l’innovation de l’Association pour l’emploi des cadres Apec, pour son projet « Rebond Rural ». Cette expérimentation en matière d’emploi dans la Nièvre bénéficie à huit jeunes diplômés venus d'en dehors du département. L’objectif consiste à accompagner ce groupe dans un projet professionnel pour que ses membres restent dans la Nièvre, en veillant à ce qu'ils répondent bien à des besoins locaux.
Sous le nom « Rebond Rural », Ville à Joie vise à accompagner huit jeunes diplômés (bac + 3 minimum) durant quatre mois en vue de leur trouver une activité professionnelle dans la Nièvre. Soutenus financièrement dans le cadre de l’appel à projet Novapec de l’Apec (Association pour l’emploi des cadres), ces sélectionnés, recrutés dans d’autres départements, bénéficient d’un coaching personnalisé, de formations collectives, d’immersion et de réseautage de proximité pour les soutenir dans leur projet professionnel et les aider à s’installer sur place.
Pour être retenus, ces projets doivent correspondre aux besoins locaux du département. Ce point a particulièrement retenu l’attention de Novapec, explique Jean-Marc Darragon chargé de mission à l’Apec Bourgogne-Franche-Comté. « Nous faisons d’un côté le constat d’entreprises ne parvenant pas pas à recruter, et de l’autre, de jeunes diplômés qui veulent revenir dans leur région mais ne concrétisent pas leur intention. Le Rebond Rural permet de trouver cette adéquation entre l'offre et la demande », expose-t-il.
L'initiative est également scrutée avec attention par France Travail. Ville à Joie, SAS créée il y a 5 ans et reconnue entreprise de l’économie sociale et solidaire (ESS), compte bien profiter de cette expérimentation nivernaise pour développer un modèle qui pourrait se dupliquer dans d’autres départements et devenir ainsi un interlocuteur privilégié en matière d’emploi des jeunes en zone rurale.
Un projet bien ficelé pour accompagner les jeunes

Les jeunes sont accompagnés à la fois de façon collective et individuelle. Une fois sélectionnés, ils démarrent une formation d’un jour et demi, avant de bénéficier d’un accompagnement personnalisé. Trois personnes en particulier sont aux manettes chez Ville à Joie dans ce cadre. Marius Drigny, le président fondateur de la société, est en charge de la partie institutionnelle, Mariann s’occupe de l’organisationnel tandis qu'Elie gère la partie financière.
Les bénéficiaires sont ensuite mis en relation avec les professionnels en adéquation avec leurs démarches. « Si on a quelqu’un qui veut travailler dans le bois de chauffage, on lui trouve des entreprises qui travaillent dans cette spécialité, voire même des entreprises qui exploitent les forêts ; idem s’il veut se lancer dans un foodtruck. Mais surtout, nous leur parlons dans un langage de jeunes ! », décrit Marius Drigny. Pour cela, la structure prend appui sur sa trentaine de salariés, qui interviennent sur les activités classiques de l’entreprise.
Ville à Joie s’apprête à lancer une importante campagne de communication, sur Instagram et au sein des établissements d’enseignement supérieur. Très méthodique et astucieux pour capter son public, Marius Drigny veut s’appuyer sur les réseaux en ligne autour des facultés afin d'identifier les étudiants à Toulouse, Dijon, Paris…et de communiquer auprès d’eux. « Nous espérons toucher 20.000 à 30.000 jeunes qui verront passer l’info. Sur cette base, nous attendons une trentaine de candidatures. Nous choisirons ensuite les huit les plus adaptées et qui nous paraissent les plus déters ! » Traduire détermines, pour les lecteurs plus âgés…
Un réseau de partenaires bien implanté en milieu rural

L’activité principale de Ville à Joie consiste en la création d’événements dans des petits villages très ruraux. Son siège est à Livry dans la Nièvre. Elle génère un chiffre d’affaires de 1 million d’euros, avec un effectif de 30 salariés.
À 27 ans, Marius Drigny a eu l’ingénieuse idée de fonder cette activité en s’inspirant de la vie de sa grand-mère, habitante d’un village déserté par les commerces et les services publics. L’entreprise y conçoit des animations itinérantes pour recréer du lien social entre les habitants, les commerces et les services… Concrètement, il s’agit de grandes tablées sous des barnums où les personnes viennent manger et boire un verre, en somme, se retrouver autour de stands de commerces de proximité itinérants et des services publics invités par la structure. Tout ce public se retrouve dans la joie et la bonne humeur, sous le son de la musique dans une ambiance « thé dansant. »
Cette année, Ville à Joie organise 380 manifestations de ce type dans les vingt départements de France les plus ruraux. Elle mobilise aujourd’hui plus de 600 partenaires qu’il s’agisse de collectivités, d’administration, d’entreprises et de commerçants, qu’elle pourra solliciter pour son nouveau projet.
Novapec est un programme lancé au niveau national par l’Association pour l'emploi des cadres en 2023. Doté d’un budget de 4 millions d’euros en 2025, il permet de soutenir des projets innovants d’intérêt général qui s’inscrivent dans l’une des trois missions du mandat de service public de l’Apec, à savoir :
- la solidarité et l’inclusion, promouvoir des projets favorisant l’égalité des chances et le recrutement durable et inclusif
- le développement des territoires, dont la lutte contre la désertification démographique
- l’accompagnement vers la transition écologique et énergétique.
Le public cible concerne les jeunes diplômés à partir de bac+3 et plus (jusqu’à leur première insertion professionnelle), les cadres et les TPE-PME.
















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