Retour sur l’enquête des besoins en main d’oeuvre en Bourgogne-Franche-Comté et sur quelques focus territoriaux. Comme au niveau national, une baisse des projets d’embauche est observée, et dans l’ensemble des secteurs, y compris les plus recruteurs.
Comme chaque année, France Travail vient de publier son enquête sur les besoins en main d’oeuvre en Bourgogne-Franche-Comté, réalisée à partir des réponses de 43.000 entreprises et établissements. Les résultats régionaux révèlent une diminution de la part d’établissements qui envisagent de recruter en 2025 : 22,3 % contre 26,6 % en 2024. « La baisse touche tous les secteurs et tous les territoires » explique Odile Ferru, directrice régionale adjointe de France travail.
En un an, l’industrie manufacturière accuse un recul de 25 % des projets d’embauche, une tendance que suivent également les services (- 8 %) ou encore l’industrie agroalimentaire (-15 %). A l’échelle de la région, certains secteurs continuent cependant d'offrir des volumes de recrutement importants comme l’hôtelleri-/restauration avec 1.200 projets (*) l’agriculture et la santé-aide à la personne. Parmi les 87.350 projets de recrutements recensés au total, on retrouve surtout le secteur des services qui concentre 57 % des intentions d’embauche, puis l’agriculture et l'agroalimentaire (15 %) et le commerce (12 %).
En Côte d’Or, la force d'attraction de Dijon et Beaune
Le département de Côte-d’Or regroupe un quart des projets de recrutement de la région, qui se situent dans l’agglomération de Dijon pour la plupart d’entre eux. La capitale des ducs se positionne comme la ville au plus grand nombre d’intentions d’embauches en Bourgogne-Franche-Comté (13.100) devant Besançon (8.200) et Beaune (6.300). Les postes les plus recherchés sont les viticulteurs, les activités touristiques, de restauration, d’hôtellerie et de vente, ainsi que les aides soignants. Les employeurs expriment des difficultés à recruter dans le bâtiment et l'électricité. Les domaines phares de recrutement sont variables au niveau infra-départemental. Le secteur des services est majoritaire à Dijon tandis que celui de l’agriculture et agroalimentaire s’impose en premier lieu à Beaune, avec une proportion importante d’emplois saisonniers.
Sur le bassin de Montbard, les employeurs jugent leurs projets particulièrement difficiles à concrétiser (68 % des réponses). Le secteur pâtit d’une population plus vieillissante et de problèmes de mobilité qui peuvent être rencontrés. À Messigny-Vantoux, il arrive même que la conseillère de France Travail prenne le bus avec un demandeur d’emploi pour lever des freins psychologiques liés à l’utilisation de ce mode de transport pour se rendre à son travail.
La Saône-et-Loire dans la dynamique du nucléaire

Les projets de recrutement sont proportionnellement un peu plus nombreux en Saône-et-Loire (23,7 %) qu’au niveau régional (22,3 %), bien qu’ils soient eux aussi en baisse comparativement à l’année précédente. Le département compte entre 80 et 100 entreprises actives directement ou indirectement dans la filière nucléaire, qui recrute significativement. Même situation dans le secteur de la défense avec une quarantaine d’entreprises qui travaillent de près ou de loin dans ce domaine. Les recrutements d’ouvriers peu qualifiés en ajustement montage et assemblage automatique sont jugés peu difficiles, à une large majorité de 97 %. Toutefois, sur l’ensemble des projets, 56 % des recruteurs estiment qu’ils vont rencontrer des difficultés.
Le département présente de fortes disparités dans les besoins en main d’oeuvre , entre des secteurs plus industriels, d'autres secteurs plus agricoles ou tournés vers les services. « Le Charolais concentre des besoins importants dans les métiers humains et de la santé » précise Christophe Gay, directeur territorial de France Travail en Saône-et-Loire.
Le médico-social en force en Haute-Saône

Les entreprises sont moins nombreuses à recruter dans ce département (19,2 % contre 22,3 % au niveau régional). Le secteur social et médico-social représente 25 % des projets dont 630 postes de soignants, 470 d’aides à domiciles et auxiliaires de vie et 260 pour les infirmiers et sage-femmes. Derrière, on retrouve des ouvriers du secteur de l’industrie qui concentrent 11 % des intentions d’embauche.
Avec 2.180 postes à pourvoir, le bassin de Vesoul est celui qui recrute le plus, devant celui de Lure. « En Haute-Saône le territoire est marqué par quelques particularités, en particulier une population vieillissante, avec 30 % d'habitants à plus de 60 ans. Cela se ressent dans les analyses. On compte 30 % de demandeurs d’emplois qui sont seniors {à partir de 50 ans} » déclare Christine Clémencier, directrice territoriale à France Travail en Haute-Saône.
L’agence met en place différentes actions, tant auprès des demandeurs d’emploi que des professionnels. En lien avec la Région, elle soutient des formations continues notamment dans des secteurs qui recrutent, avec une garantie d’emploi, après la validation du projet par ses conseillers. En lien avec des municipalités, elle organise régulièrement des forums sur l’emploi, parfois sur des thématiques liés à des besoins plus importants de recrutement. Elle développe aussi des méthodes de recrutement par simulation (MRS), c’est à dire sans CV et par test concret d'aptitudes, afin que recruteurs et demandeurs d’emploi fassent connaissance autrement qu’autour d’une table d’entretien formelle.
(*) un « projet » correspond à un établissement qui prévoit de procéder à une ou plusieurs embauches.









































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