En cette fin avril, le Musée Courbet, établi à Ornans (Doubs), fête ses 50 ans sous le statut départemental qui a été instauré pour lui, cinq années après sa création effective. Durant ce demi-siècle, il a étoffé tant ses espaces d’exposition que ses collections et son public, devenant ainsi une institution culturelle et artistique dans la petite ville. Avec les sites qui lui sont associés sur place, il attire plus de 85.000 visiteurs.
C’est la plus grande collection publique de Courbet au monde : « 63 œuvres », précise Benjamin Foudral. Depuis 2020, il est directeur du Musée Courbet d’Ornans. Si l’équipement est passé sous la direction du conseil départemental du Doubs en 1976, il avait été inauguré quelques années plus tôt, en 1971, par l’Association des Amis de Gustave Courbet, devenu aujourd’hui Institut Courbet.
Le lieu dédié à l’« artiste du pays » n’a plus tout à fait le même visage qu’il y a un demi-siècle. De quelques œuvres exposées dans l’hôtel Hébert, où le peintre a vécu, il s’étend aujourd'hui sur 1.000 m². « C’est un musée un peu hors normes dans cette petite ville rurale, remarque Benjamin Foudral, avec une collection que nous envient beaucoup de grands homologues. »
Au fil des années, l’hommage à l’artiste s’est également étendu plus loin à Ornans et environs, à travers la création d’un « Pôle Courbet. » Celui-ci i inclut aujourd'hui trois autres sites : l’atelier de l’artiste, ouvert au public ; sa ferme familiale, à Flagey, lieu d’expositions, de résidences et d’animations culturelles ; et des sentiers de randonnée dans la Vallée de la Loue, qui retracent les sources d’inspiration du célèbre peintre. « Il y avait quelque chose à jouer aux niveaux patrimonial, touristique et économique », rapporte Benjamin Foudral, qui dirige l’ensemble de ce pôle, constitutif selon lui d’un « maillage territorial fort. »
Plus de 85.000 visiteurs déambulent ainsi chaque année dans les différents lieux dédiés à l’artiste, dont 50.000 dans le seul musée..Le conseil départemental reste le principal financeur, grâce à une dotation annuelle, qui s’élève à 1,3 million d’euros en 2026 pour l'ensemble du Pôle. Des concours complémentaires peuvent s'ajouter ponctuellement, en provenance de l’Etat ou d’autres collectivités, pour des projets spécifiques.
Les collections, elles aussi, se sont étoffées depuis 1976, fruits d’acquisitions au fil du temps. Parmi les plus remarquables et remarquées : Le Chêne de Flagey. En 2022, les contributions des collectivités publiques, mais aussi de particuliers, d’entreprises et de mécènes permettent de racheter ce tableau à son détenteur japonais. Coût de l’opération : 4 millions d'euros.

Moins médiatisée, la donation du Veau blanc, n’en est pas moins « émouvante », estime Benjamin Foudral. « C’était un geste de libéralité hors norme d’un salarié du Département, qui a souhaité que ce tableau, dont il était dépositaire, rejoigne les collections publiques », décrit le directeur. Et l’histoire du musée est bien sûr marquée par le retour ponctuel en 2014 de L’Origine du monde, le célébrissime tableau prêté par le Musée d’Orsay, le temps d’une exposition.
Des liens avec des institutions muséales nationales et internationales
« Nous avons été l’un des premiers musées à bénéficier d’un contrat de partenariat avec Orsay dans le cadre de sa politique territoriale », précise Benjamin Foudral. Signé en 2014, il a été renouvelé depuis, ouvrant la voie à des échanges d’œuvres, mais aussi à des projets scolaires et d’autres collaborations. « Cela nous permet d’être plus ambitieux dans nos projets d’expositions, souligne le directeur, et l’image d’Orsay rend plus facile l'obtention de certains prêts auprès d’autres institutions. »
Les échanges inter-muséaux ne se limitent effectivement pas à celui des quais de Seine : fort de son appellation « Musée de France », le site d’Ornans collabore avec d’autres structures. « Nous avons la chance de présenter chaque année des œuvres de musées internationaux, notamment des États-Unis, poursuit Benjamin Foudral, et l’année prochaine, nous accueillerons l’ensemble des œuvres de Courbet conservées aux Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique. »
2027 sera d’ailleurs l’occasion d’un nouvel anniversaire : les 150 ans de la mort du peintre (né en 1819), survenue en Suisse à La-Tour-de-Peilz. « Nous préparons cet événement activement, s’enthousiasme le directeur du musée, qui évoque un nouveau partenariat, avec le Petit Palais : « Nous présenterons une exposition autour de Juliette Courbet, sœur de Gustave, qui avait donné une grosse partie de sa collection au Petit Palais. Certaines de ces œuvres reviendront à Ornans à l’été 2027. »

L’Institut Courbet. Il est l’héritier de l’association Les Amis de Gustave Courbet, créée en 1939, et qui fut à l’origine de la création du musée. Il demeure aujourd'hui propriétaire de certaines des œuvres exposées à Ornans. Il détient également un fonds documentaire relatif à l’artiste, et se charge de l’appréciation scientifique des œuvres de celui-ci.
Les Amis du Musée Courbet. Créée en 2013 à l’occasion du rachat du Chêne de Flagey, cette association se dédie à l’animation du musée, sous de nombreuses formes : organisation de conférences, animations théâtrales et musicales, ateliers avec des écoliers… « Nous organisons aussi des visites guidées pour nos adhérents, mais également pour les élus, les commerçants… pour faire d’eux des ambassadeurs du musée », explique son président, Patrick Racine.
Les Nouveaux Mécènes de Courbet. Fondée en 2017, cette association est davantage centrée sur le mécénat. Elle porte l’objectif de « l’acquisition de nouvelles œuvres de Gustave Courbet, pour enrichir un fonds patrimonial qui doit être consolidé », selon son site web.



































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