La directrice générale de la Fédération bancaire française, Maya Atig, a fait étape Dijon le 13 juin dernier pour rencontrer les acteurs locaux du secteur bancaire et du monde économique. Aux côtés de François de Laportalière, président du comité des banques de la fédération en Bourgogne-Franche-Comté, elle a rappelé à la fois les enjeux et les spécificités d’un modèle tricolore.
« Heureusement que ma banque était là ! » Les entreprises qui sortent d’une zone de turbulences le lui avouent régulièrement : François de Laportalière, président du comité des banques de la Fédération bancaire française (FBF) en Bourgogne-Franche-Comté (et par ailleurs directeur général de la Banque populaire Bourgogne-Franche-Comté), souligne le rôle clé que jouent les banques auprès des sociétés en difficulté, dans une conjoncture délicate.
« Les banques ont une culture de l’accompagnement et une capacité à trouver des solutions pour les entreprises en difficulté, à travers par exemple un allongement de la durée des crédits ou des moratoires. Elles ont d’ailleurs tout intérêt à ne pas voir les défaillances se multiplier », souligne Maya Atig, directrice générale de la Fédération bancaire française, en visite à Dijon vendredi dernier 13 juin. Elle estime à 200.000 les faillites évitées lors de la crise Covid, grâce aux aides de l’État. « Depuis, le nombre de défaillanes excède de 5.000 la situation d’avant 2020 », poursuit-elle.
Pour autant, souligne la représentante de la filière bancaire, les entreprises ne doivent pas hésiter à partager leurs difficultés le plus tôt possible : « Un nombre grandissant d’entreprises va directement à la liquidation aujourd’hui, constate François de Laportalière. Pour celles-là, nous ne pouvons rien faire ! »
Le crédit aux entreprises reste dynamique

Les responsables de la FBF ne tirent donc pas (encore) la sonnette d’alarme, constatant que les crédits octroyés aux entreprises restent en augmentation de 2,2 % en mars 2025. Le maintien d’un taux de crédit à un niveau raisonnable (3,9 %, contre 4,06 % pour l’ensemble de la zone euro) apporte un facteur d’explication. Quand 18 % des PME françaises ont demandé un crédit d’investissement au premier trimestre 2024, 97 % ont obtenu satisfaction, rappellent Maya Atig et François de Laportalière ; dans le même temps, les crédits de trésorerie ont été accordés à 83 % ; les proportions sont similaires pour les TPE.
Autre signe : le remboursement des prêts garantis par l’État (PGE) pendant la période Covid se déroule bien, puisque 71 % des sommes prêtées ont déjà été remboursées, « il n’est pas exact de dire que les PGE plombent les trésoreries », souligne François de Laportalière. En revanche, les mutations socio-économiques expliquent souvent les difficultés des entreprises : « Pendant les crises, on constate généralement que certains secteurs spécifiques connaissent des problèmes, or là les tensions sont visibles sur l’ensemble du tissu économique, de manière diffuse », analyse Maya Atig. « Deux phénomènes se conjugent, reconnaît François de Laportalière. D’une part un effet rattrapage de la période Covid, d’autre part une conjoncture tendue, en raison de facteurs français (la dissolution de l’Assemblée nationale qui a créé une situation caractérisée par un manque de visibilité), et d’un contexte international difficile. »
La qualité de la relation entre les entreprises et les banques est d’autant plus nécessaire en France que le modèle européen repose largement sur le crédit bancaire : les banques se sont financées à 67 % auprès de leur banque au deuxième trimestre 2024 (79 % pour la zone euro entière), contre 38 % aux États-Unis.
Quatre défis
Elles sont confrontées en outre à des enjeux majeurs. Le premier d’entre eux est probablement la transition écologique : l’encours des crédits verts et durables, qui atteint 471 milliards d’euros en 2024, a été multiplié par cinq en quatre ans. Quatre des dix banques mondiales les plus engagées dans le financement des projets d’énergies renouvelables sont françaises. Le deuxième enjeu est la transition numérique : rien qu’en Bourgogne-Franche-Comté, 96 % des clients (contre 94 % au niveau français) consultent le site ou utilisent l’application de leur établissement ; 81 % (contre 79 % pays entier) ont téléchargé au moins une application bancaire, un taux en progression de 14 points en cinq ans.
Dans le même temps, les banques en ligne réalisent une percée significative sur le marché, touchant désormais 70 % de la population en âge d’avoir un compte, et pour 13 % de cette catégorie, elles constituent l'unique établissement. Cette évolution interroge sur l’avenir de la présence bancaire physique, dans un pays marqué par le poids des agences – on en compte plus de 33 000 en France, soit plus d’une agence sur trois de la zone euro ! Certains réseaux ont commencé à baisser la voilure, à l’image de BNP Paribas, tandis que les établissements mutualistes régionaux (du groupe BPCE notamment) persistent à maintenir un maillage territorial dense.
Enfin, qui dit numérique dit enfin risque accru, avec une hausse de 12 % du nombre de transactions frauduleuses entre 2023 et 2024, et la nécessité de développer des solutions de sécurité informatique de plus en plus poussées.
1.600 agences
90,2 milliards d’encours de crédits (+ 0,1 % entre mars 2024 et mars 2025), dont 25,7 milliards pour l’équipement (+ 1,7 %), 8 milliards pour la trésorerie (- 3,8 %) et 45,5 milliards pour l’habitat des particuliers (- 0,7 %).
10.400 salariés dont 53 % de cadres (effectif de 2023).





















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