L’établissement financier a annoncé, le 23 avril, la création de la Banque de la Transition Energétique (BTE). Des livrets et des comptes à termes spécifiques permettront d'abonder des crédits de transition énergétique sur le territoire régional, de manière fléchée et tracée.


BTE, pour Banque de la Transition Energétique : ainsi se nomme la nouvelle marque de la Banque Populaire de Bourgogne-Franche-Comté et de l’Ain. Inspirée par son homologue et voisine d’Auvergne-Rhône-Alpes, son nouvel outil permet de tracer les financements des épargnants dédiés à l'économie verte, pour les utiliser en vue du financement de projets dans la région. Le tout, accompagné par une équipe spécialisée et un réseau de partenaires.

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 De gauche à droite : Arnaud Caulier, directeur de développement à la Banque Populaire BFC et Pays de l'Ain ,Pierre-Henri Grenier, directeur exécutif de la BTE Auvergne-Rhône-Alpes, François de Laportalière, directeur général de la banque régionale, Olivier Poiseau, directeur de la BTE BFC. © Sabrina Dolidze


Ce 30 avril, la BTE de Bourgogne-Franche-Comté-Pays de l’Ain lancera ainsi un livret de transition énergétique, basé sur un taux de rémunération classique. Le principe : chaque euro épargné sur ce compte apportera un euro de crédit à des projets de rénovation énergétique, de production d’énergie verte et d’investissements durables, sur le territoire d'intervention de la banque. Le livret vient s’ajouter à un compte à terme déjà existant sur ce sujet. Il sera possible ensuite de suivre ces projets sur un site internet mis à jour mensuellement, une volonté de l'établissement bancaire de « jouer carte sur table en toute transparence » sur le pilotage de cette épargne voulue particulièrement vertueuse.

Il mise sur cette visibilité pour susciter la réorientation de la collecte vers ces comptes dédiés ou attirer de potentiels clients par des engagements respectueux de l’environnement. François de Laportalière, directeur général de la Banque Populaire BFC, prévoit le déploiement de « plus de 500 millions d’euros de financements verts dans les prochaines années », dont 100 à 200 millions d’euros d’ici la fin 2024, précise Arnaud Caulier, directeur de développement à la BPBFC.


Dirigée par Olivier Poiseau, l’équipe de la BTE Bourgogne-Franche-Comté est composée, à moyens constants, de cinq salariés formés à la transition énergétique. Ce quintette travaillera avec les collaborateurs des agences territoriales, mais il sera surtout dédié à l’accompagnement des clients, entreprises et particuliers, vers un réseau d’experts sur l’ensemble du territoire régional. Aujourd’hui, cinq de ces partenaires sont identifiés, dont le réseau Opéra, tandis que cinq suppplémentaires devraient les rejoindre prochainement, le temps d’être agréés par la commission adhoc de la banque. Le réseau reçoit la mission d’aider les clients à bien comprendre le marché de l’énergie, analyser leurs besoins, décrypter les différentes offres et les conseiller.

L’équipe d’accompagnement de la Banque Populaire vers les projets verts n’est pas nouvelle. Elle avait été mise en place dès 2022 et avait déjà délivré plus de 150 millions d’euros de financements sur le territoire. La mise en place de la BTE doit permettre de poursuivre et d’intensifier ces engagements.
 

Les enjeux de l’investissement dans la décarbonation 

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Pierre-Henri Grenier, directeur exécutif de la BTE Auvergne-Rhône-Alpes (à gauche) et François de Laportalière, directeur général de la Banque Populaire BFC et Pays de l'Ain. © Sabrina Dolidze


A partir de son origine en Auvergne Rhône-Alpes en 2020, la BTE commence à essaimer un peu partout dans les agences de la Banque Populaire en France. Sa montée en puissance s’inscrit dans un contexte de prise en compte croissante des enjeux environnementaux, par l’effet de la conjoncture et de la règlementation, qui confrontent les entreprises à des changements de modèle radicaux. Elles ont déjà dû faire face à la volatilité et la hausse du prix de l’énergie et les plus importantes vont aussi dévoir se conformer à la directive européenne Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD). Celle-ci pourrait aussi avoir un impact sur les PME si elles souhaitent rester compétitives.
 

CIRCUIT PRENOIS


Le rapport Pisari-Ferry de mai 2023 sur les effets macro-économiques de la transition énergétique annonce des chiffres étourdissants, mais bien réels : 66 milliards d’euros, soit le montant annuel évalué comme nécessaire pour accompagner les entreprises françaises vers cette mutation à l’horizon 2030, l’équivalent de 2,4% du PIB annuel. Sur ces chiffres, 80 à 89% sont liés à des investissements, le reste étant compensé par des gestes de sobriété énergétique.

Pour Pierre-Henri Grenier, directeur exécutif de la BTE Auvergne-Rhône-Alpes, « l’adaptation c’est ici et maintenant. Nous devons accompagner nos entreprises vers un climat et des températures qui vont changer. En tant que banques, nous sommes une partie de la solution. » 

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