En 2020, les résultats des trois établissements financiers mutualistes régionaux sont bons, voire excellents et ce, malgré la crise sanitaire. Leur forte implication dans le tissu économique et leur fine connaissance des acteurs locaux l’expliquent. Mais pas que ! Une certaine forme de solidarité autant sociale qu’économique se fait jour, en ce qui concerne les pertes d’exploitation pour l’une, l’aide aux jeunes pour l’autre, l'appui plus prononcé aux collectivités locales pour une troisième… Avec, autre concordance commune : verdir l’économie.

 

• La Banque Populaire réinvestit le marché des collectivités locales

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De gauche à droite : Michel Grass, président de la Banque Populaire de Bourgogne-Franche-Comté, Patricia Bauchery, directrice d'exploitation et Bruno Duchesne, directeur général. © Traces Ecrites


Bruno Duchesne, directeur général jusqu’à ce vendredi soir 30 avril, ne pouvait pas rater sa sortie pour une heureuse retraite. Et cet homme de 62 ans s’est surpassé avec une véritable master class sur la sortie de crise des pays développés, évoquant une Chine déjà en surchauffe économique, des Etats-Unis en rebond progressif grâce à une campagne de vaccination massive, et une vieille Europe à la traîne d’une relance véritable.
On l’écouterait des heures simplifier le complexe, rendre agréable l’abscons et clarifier l’amphigourique. Tous les journalistes présents à sa dernière conférence de presse consacrée aux résultats de la banque ont salué ce « professeur » qui a porté en neuf ans l’établissement mutualiste de 1.826 collaborateurs à 20,3 milliards d’€ de total de bilan. Car la crise sanitaire a encore fortifié ses finances par souci d’épargne des clients particuliers, maintien en compte courant de la plupart des prêts garantis par l’Etat (PGE) qu’elle a distribué à hauteur de 8.500 unités pour 900 millions d’€, et baisse des frais de gestion.
Sur 2020, la Banque Populaire réalise 381,4 millions de chiffre d’affaires (+1,1%) et 72 millions de bénéfices, en recul de 11,5%. Au final, son ratio de liquidité affiche +67% et celui de solvabilité 23,2%, soit plus double de la norme européenne imposée. L’année en cours se veut marquée par deux stratégies appuyées qui consistent en un fort développement de l’ingénierie financière des entreprises avec le capital investissement, l’aide aux fusions acquisitions et le soutien dans le cadre de procédures collectives (ndlr : dépôts de bilan). L’autre porte sur le réinvestissement du marché des collectivités locales, principalement les plus importantes, avec l’appui de la filiale Crédit Foncier et à hauteur de 100 millions de crédits accordés.

jpjuliaJean-Paul Julia, nouveau directeur général

Il fallait quelqu’un de costaud pour succéder ce lundi 3 mai à Bruno Duchesne. Michel Grass, président de la Banque Populaire de Bourgogne-Franche-Comté, dit qu’avec Jean-Paul Julia, il a trouvé le professionnel qu’il fallait. Agé de 49 ans et diplômé de l’ENA, ce dernier commence son parcours comme haut fonctionnaire à la direction régionale de l’industrie en région lyonnaise.
Puis, comme beaucoup d’énarques, il intègre à Paris différentes directions centrales : Budget, Trésor, Comité de restructuration industriel. Un petit tour ensuite au FMI, à la Banque mondiale et au cabinet de Michel Sapin lorsqu’il était ministre des Finances, le font enfin se poser depuis 2015 comme membre exécutif de la Bred, filiale du groupe BPCE, organe commun aux Banques Populaires et Caisses d’Epargne.

 

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• La Caisse d’Epargne joue la carte jeune et la carte verte

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De gauche à droite, Éric Fougère, président du COS de la Caisse d'Epargne Bourgogne-Franche-Comté, Jean-Pierre Deramecourt, président du directoire, Cédric Mignon, pôle banque de détail et Isabelle Brouté, pôle banque du développement régional. © Traces Ecrites

 

Rien n’est simple durant cette pandémie pour les jeunes en études. Les petits boulots ont quasi disparu, les stages s’arrachent du néant et des queues d’étudiants pointent devant les centres d’aide alimentaire. La Caisse d’Epargne, au-delà de l’intégration de 110 alternants et stagiaires cette année, accorde des micro-crédits d’urgence et des crédit conso étudiants. Respectivement de 300 à 3.000 € et de 300 à 5.000 €, ces prêts sans intérêt, sans garantie et sans frais de dossier, sont remboursables jusqu’à 48 mois. « Nous apportons également notre concours à la création d’épiceries solidaires sur les campus universitaires », assure Cédric Mignon, responsable de la banque de détail.
Très social de par son origine, l’établissement coopératif qui repose sur la participation de 213.000 sociétaires, revendique en ce sens le statut d’une banque utile, ardemment défendu par Eric Fougère, le président du conseil d’orientation et de surveillance (COS). De son côté, Jean-Pierre Deramecourt, le président du directoire, ne dit pas autre chose en présentant les résultats 2020 de sa banque (1.620 collaborateurs). « Nous sommes également solides avec un chiffre d’affaires de 322,5 millions d’€ et un résultat net de 66 millions, qui ne baissent respectivement que de 2 et 0,7% », indique le dirigeant qui a su en presqu’une décennie transformer l’image d’une caisse dédiée aux dépôts par celle d’une banque de développement territoriale, avec une part de marché entreprises passée de 6,46 à près de 9,59%, et qui fait aussi valoir ses droits à la retraite.
Ce qu’illustre Isabelle Brouté, la responsable du pôle banque du développement régional, à l’aune de projets financés à hauteur de 300 millions pour les entreprises et 150 millions pour les collectivités locales. Sans oublier 2.645 PGE accordés pour un montant de 310 millions. « En 2021, nous axons sur deux grandes priorités avec 40 millions injectés dans le haut débit et 150 millions dans l’hydrogène vert », précise pas peu fière la banquière.

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• Le Crédit Agricole Champagne Bourgogne entre au capital des entreprises hyper-vertes

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De gauche à droite, Laurent Haro, directeur général adjoint du Crédit Agricole Champagne Bourgogne, Emmanuel Vey, directeur général, Jean-Yves Remillet, président, et Florence hallard DRH/Communication. © Crédit Agricole

 

La banque leader au sein du monde agricole avec pas moins de 12.000 exploitations qui lui font confiance dans l’Aube, la Côte-d’Or, la Haute-Marne et l’Yonne, affiche un bilan 2020, certes en léger recul, crise sanitaire oblige, mais plutôt bons. Le chiffre d’affaires frise les 330 millions d’€ (-18%), préservant un résultat brut d’exploitation de 128 millions d’€, un bénéfice de 74 millions, tout affichant un étonnant un ratio de solvabilité de 21,9%.
Au-delà, la banque mutualiste (600.000 clients, 1.728 salariés) a joué son rôle de développeur économique avec un coût du risque (pertes sèches potentielles de 22 millions) et une production de crédits de 2,3 milliards, dont 800 millions aux entreprises, professionnels, agriculteurs et collectivités locales. A cela s’ajoute, l’octroi de 3.000 PGE (Prêts Garantis par l'Etat) pour 400 millions d’€.
Ces résultats ne doivent pas masquer d’autres actions comme l’appui à hauteur de 2,6 millions pour les pertes d’exploitation agricoles lorsqu’elles n’étaient pas prévues au contrat d’assurance. « Il faudra d’ailleurs revoir en profondeur le système assurantiel en raison des aléas climatiques de plus en plus fréquents sous peine de lendemains qui déchantent », affirme Jean-Yves Remillet, le président de la banque.
Autre engagement, cette fois-ci sur 2021, la création d’un fonds de 100 millions d’€ pour entrer au capital d’entreprises qui favorisent la transition énergétique. « C’est une volonté très forte de notre caisse », souligne Emmanuel Vey, le directeur général. La jeunesse n’est pas non plus oubliée avec cette étonnante plateforme 100% digitale, baptisée Youzful et destinée à favoriser l’orientation et les recrutements. « Nous conduisons cette initiative en lien avec Pôle Emploi, le journal L’Etudiant et les entreprises de notre caisse », précise Florence Hallard, la DRH.

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