L’association de démocratisation de l’art lyrique Labopéra Bourgogne produira, fin juin au Zénith de la capitale régionale, une version de Carmen de Bizet originale dans son montage : sa préparation mobilise depuis plus de six mois des centaines de jeunes en formation technique pour faire apporter leurs compétences en cours d’acquisition aux décors et à l’organisation du spectacle. Cet « opéra coopératif » recherche encore des fonds pour boucler sereinement son budget. Ayant convaincu plusieurs entreprises, il compte faire vibrer la corde sensible d’autres.


Un projet culturel à la fois d’envergure et de dimension très humaine cherche encore ses cofinanceurs pour boucler son budget… pourquoi pas parmi les entreprises ? Le Labopéra Bourgogne prépare en ce moment la représentation, les 24 et 25 juin, du célèbre Carmen de Georges Bizet, au Zénith de Dijon dans une configuration originale : l’opéra coopératif, mobilisant les compétences de jeunes, musiciens mais pas que.

« Cette initiative réunit 435 élèves de 16 à 22 ans de formations techniques et professionnelles : ils participent à la conception et à la réalisation des décors, costumes, coiffures, maquillages, vidéos ou travaillent sur les aspects de restauration, d’accueil du public, de gestion et de communication », expose Maxime Pitois, directeur artistique et musical du Labopéra. « Ils bénéficient ainsi d’une  expérience professionnalisante dans un univers qui leur est en général étranger », ajoute-t-il.

 

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Depuis plus de six mois, soit le début de l’année scolaire en cours, ces lycéens, apprentis et étudiants s’investissent donc, dans le cadre de leur cursus, dans la préparation du rendez-vous en y apportant les compétences respectives qu’ils sont en train d’acquérir dans leur établissement. Sont associés, notamment, les lycées dijonnais Le Castel, Les Arcades, Les Marcs d’Or et Simone Weil, ainsi que la Futura Ecole formant aux métiers de la coiffure et de l’esthétique.

Au total, la concrétisation de ce Carmen particulier mobilise 700 personnes, en ajoutant les danseurs, les figurants et quelque 200 musiciens qui multiplient les répétitions : 125 choristes dont 46 enfants de la Maîtrise de Dijon (du collège Sainte-Bénigne), 65 instrumentistes professionnels (membres de l’orchestre Dijon Bourgogne, professeurs de conservatoires et écoles de musique) et amateurs de haut niveau venant de l’orchestre Ribaupierre de Vevey en Suisse, sans oublier 10 solistes professionnels.

L’objectif consiste à monter l’opéra de Bizet en deux représentations publiques et payantes au Zénith de Dijon – les organisateurs visent 6.000 spectateurs – mais aussi à inviter 1.800 écoliers et collégiens et une centaine de personnes en situation précaire à la répétition générale du 23 juin, de façon à ouvrir leur esprit à l’art en général et au lyrique en particulier.

 

Retenu parmi 67 candidatures par La Fabrique Opéra nationale

costumes
Des élèves et leurs enseignants confectionnent les costumes qui serviront aux représentations de l'opéra fin juin.


Pour l’association Labopéra, ce rendez-vous marque un temps fort dans sa mission générale de démocratisation de l’art lyrique qu’elle s’est fixée depuis sa création toute récente, en février 2022. L’initiative pour Carmen a d'abord franchi le cap de sa reconnaissance par une structure-sœur nationale : la Fabrique Opéra, association d’intérêt général qui a déjà diffusé cette formule d’opéras coopératifs depuis quinze ans à différents endroits en France (Orléans, le Périgord, l’Ile-de-France…) suite à une première expérience concluante à Grenoble. « Nous avons été retenus dans son dernier appel à projets comme l'une des trois candidatures acceptées sur 67 déposées, et Dijon sera la première à se réaliser, avant la Bretagne et Montpellier les années prochaines », souligne Maxime Pitois.

Le budget du projet a été chiffré à 280.000 €. Il repose pour moitié sur les recettes attendues de la billetterie des deux spectacles au Zénith. Pour les autres 50 %, Labopéra Bourgogne est parti à la chasse aux financements, avec quelques succès à hauteurs plus ou moins conformes aux espérances parmi les collectivités locales. Elle a fait appel aussi aux contributeurs privés : particuliers et entreprises.

Plusieurs de celles-ci ont répondu positivement, comme Suntec le fabricant de pompes de chauffage à Longvic,  Néos le concepteur à Beaune d’installations de traitement de déchets, la Chocolaterie de Bourgogne, ainsi que les banques CIC et Caisse d'épargne Bourgogne-Franche-Comté. Pour rasembler les 30.000 € manquant au bouclage de son budget, c’est donc auprès des entreprises que la structure poursuit son appel à participation. Celle-ci entre dans le cadre fiscal du mécénat synonyme de réduction d’impôt. « Nous leur proposons d’associer leur nom à une initiative participative débouchant sur un résultat de haut niveau : ce ne sera pas de l’opéra low cost », appuie Maxime Pitois.  

 

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L'initiative vise un autofinancement à 50 % par les recettes de billetterie des deux représentations.

Photos fournies par l'association.

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