Dernier fabricant français de matériel de soudage au gaz, Hampiaux a inauguré, ce 25 septembre, ses nouveaux ateliers de production à Heillecourt (Meurthe-et-Moselle) dans l’agglomération de Nancy. Ce projet représentant un investissement de 4,5 millions d’euros illustre la dynamique impulsée par la famille Chapusot, arrivée aux commandes de l’entreprise en 2020.

 

Alexandrine Charonnat l’avait annoncé dès son arrivée à la direction générale de Hampiaux en 2020 : l’entreprise historiquement installée à Nancy allait devoir déménager à plus ou moins brève échéance dans des locaux plus fonctionnels. Les nouveaux ateliers inaugurés ce 25 septembre dans une zone d’activités de Heillecourt (Meurthe-et-Moselle), dans l’agglomération nancéienne, donnent la mesure du virage pris par l’entreprise de 45 salariés pour un chiffre d'affaires de 10 millions d’euros en 2024.

L’investissement de 4,5 millions d’euros a permis d’acquérir 4.000 m2 qui avaient hébergé une imprimerie par le passé, de les adapter à la fabrication de matériel de soudage au gaz (chalumeaux, détendeurs, etc.) et de construire une extension de 500 m2 pour un réfectoire et un hall d’accueil. La dirigeante qui pilote cette société familiale avec son frère Pierre-Antoine Chapusot, directeur des opérations, exprime une « très grande fierté » et se félicite de prouver que dans l’industrie « il est possible d’être compétitif, d’innover et de s’agrandir tout en faisant rayonner un savoir-faire de bientôt 80 ans. »

 

indu fut

 

L’entreprise fondée en 1946 se présente comme le dernier fabricant français de chalumeaux à maîtriser sa chaîne de production de la matière première au produit fini. Ses produits vendus sous la marque « Le Lorrain » ou sous des marques de distributeurs sont capables de découper des tôles jusqu’à 30 à 35 cm d’épaisseur. Ils ont notamment été employés par l’armée française pour nettoyer la zone du port de Beyrouth ravagée par une terrible explosion il y a cinq ans.

A Heillecourt, tout a été pensé pour améliorer les conditions de travail et optimiser le process de fabrication. Un nouvel espace de stockage facilite la manutention des barres de laiton et de cuivre importées longues de 3 mètres, l’indispensable matière première importée d’Italie et utilisée pour la fabrication de 2 millions de pièces par an. Ce stockage avoisine les 17 tours à commande numérique qui assurent l’usinage des barres. La dernière acquisition en date, une machine capable d’usiner des pièces de 65 millimètres de diamètre, a mobilisé 300.000 euros d’investissement. Elle sera rejointe d’ici la fin de l’année par un autre tour d’usinage représentant un budget de 250.000 euros. Enfin, l’entreprise projette également d’acquérir dans les prochains mois de nouveaux postes d’essai des détendeurs, moyennant 250.000 euros supplémentaires.

Les composants fabriqués par Hampiaux sont assemblés par une quarantaine de personnes dans des établissements ou services d’aide par le travail (Esat) ainsi que dans un centre pénitentiaire pour les produits standards de la gamme. Ils reviennent à Heillecourt pour les opérations finales d’essai, de sablage-grenaillage et de vernissage. Chacune de ces étapes bénéficie désormais d’une cellule fermée, un confort de travail non négligeable pour les salariés.  Quant aux 800 m2 d'un stockage réparti sur toute la hauteur du bâtiment,  ils améliorent substantiellement la gestion de 5.000 références.

Sept ingénieurs au bureau d’études 

hampiaux sablage
Trois cellules dédiées aux opérations de contrôle, grenaillage/sablage et vernissage des chalumeaux ont été aménagées. © Philippe Bohlinger

 Pierre-Antoine Chapusot tient également à montrer l’atelier de prototypage du bureau d’études, un espace dédié à l’innovation, avec l’objectif d’améliorer encore le confort d’usage, la sécurité, de réduire la consommation de gaz. « Nous nous apercevons que nous attirons des jeunes qui viennent de grandes entreprises, dans l’aéronautique notamment. Ils apprécient la souplesse d’une PME qui leur permet de mettre en œuvre leurs idées, en réalisant un prototype en moins d’un mois », relale-t-il.  L'effectif du bureau d’études de Hampiaux est passé d’un à sept ingénieurs ces dernières années, preuve s’il en fallait encore de la dynamique interne. Parmi eux, Samuel, un jeune Parisien formé à Ecole nationale d’ingénieurs de Metz (Enim) et auteur d’une thèse en usinage.

 

PE Mulhouse

 

Le nouvel écrin de Hampiaux devrait lui permettre de séduire de nouvelles recrues et nouveaux clients, avec l’ambition de doubler à termes sa part à l’export, actuellement située à 30 % du chiffre d’affaires. « Nous nous adaptons aux fluctuations géopolitiques. Nous étions en contact avec le Kazakhstan pour nous positionner sur le marché russe, lorsque la guerre en Ukraine est survenue. Et nous arrivions sur le marché américain quand les restrictions imposées par l’administration Trump nous ont conduits à abandonner ce projet. Désormais, c’est sur le Canada que nous nous focalisons, mais ce n’est pas simple de lancer une marque sur un nouveau marché », reconnait Alexandrine Charonnat.

La dirigeante compte sur l’expertise technique et le sens du service de son entreprise pour se démarquer sur un secteur mâture, archidominé par les acteurs asiatiques et sur lequel subsistent, outre la PME lorraine, des fabricants polonais et tchèques.

Qui est la famille Chapusot ?
hampiaux famille
De gauche à droite, Pierre-Antoine Chapusot, Alexandrine Charonnat et Thierry Chapusot. © Philippe Bohlinger

 Hampiaux a été racheté en 2020 par la holding familiale de Thierry Chapusot, président d’Equasens, un groupe nancéien de 1.500 salariés (chiffre d’affaires de 240 millions d’euros en 2024), leader des solutions numériques de santé. « J’ai travaillé dans le software toute ma vie, j’avais envie de créer un groupe industriel », confie l'entrepreneur. Il a confié les rênes de la PME à sa fille Alexandrine Charonnat, rapidement rejointe par son fils Pierre-Antoine Chapusot. Les repreneurs ont à cœur de favoriser une dynamique industrielle locale, comme en témoigne la machine teste de l’étanchéité de raccords fabriquée par le Nancéien ER Ingénierie.

Commentez !

Combien font "1 plus 10" ?