Nous observons la toujours bienvenue pause d'été. Nous vous la souhaitons reposante, ressourçante et plus particulièrement cette année, propice à garder ou retrouver une forme olympique ! En attendant de nous retrouver fin août, nous vous proposons un retour sur des actualités marquantes des trois derniers mois. Aujourd'hui : Carbios. La PME française a posé, le 25 avril, la première pierre d’une usine de biorecyclage des plastiques PET (polyéthylène téréphtalate) à Longlaville dans l’ancien bassin minier du nord lorrain. Cet investissement de 230 millions d’euros va porter à l’échelle industrielle une technologie innovante utilisant les enzymes pour décomposer les molécules en leur monomères de base.
ARTICLE PUBLIE Le 3 MAI 2024. Après avoir exploité pendant un siècle les mines de fer locales, l’industrie se prépare à transformer une montagne de déchets plastiques dans le nord de Lorraine. Ce 25 avril dernier, à Longlaville (Meurthe-et-Moselle) en bordure de la Belgique et du Luxembourg, le Français Carbios a posé la première pierre de l'usine de « biorecyclage » des plastiques PET (polyéthylène téréphtalate) dont la création avait été annoncée en février 2022.
Cette PME de 95 salariés cotée en Bourse investit 230 millions d’euros pour transformer les déchets puisés dans un rayon de 400 km autour du futur site. Le projet est soutenu à hauteur de 30 millions d’euros par le plan France 2030 de l’Ademe et 12,5 millions d’euros par la région Grand Est.
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A sa mise en service à l’horizon 2026, l’usine devrait générer 70 emplois directs et autant d'indirects. Ces chiffres sont en apparence modestes au regard des milliers de travailleurs qui furent mobilisés localement autour de l’extraction du minerai de fer, définitivement arrêtée en 1997. Mais ils témoignent d’une revitalisation industrielle d’un territoire décrit par le maire de Longlaville, Hamid Toudma, comme « la route du pétrole »… en référence non à des puits gorgés d’or noir, mais au transit de véhicules vers le Luxembourg et ses carburants bon marché.
La technologie innovante brevetée par la start-up fondée en 2011 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) exploite les propriétés des enzymes, des protéines qui facilitent la survenance de réactions biochimiques. Carbios a collaboré avec des laboratoires de recherche afin de développer des enzymes capables de dégrader du plastique, « ce que la nature n’a pas encore réussi à faire » relève Emmanuel Ladent, son directeur général.
Cette « matière » fournie par la société danoise Novonesis, à raison d’un kilogramme pour une tonne de déchets, sera déposée dans quatre cuves de 300 mètres cubes chacune, pour la dépolymérisation des résidus plastiques en leurs deux monomères de base : l’acide téréphtalique et l’éthylène glycol. Ceux-ci seront commercialisés auprès de fabricants européens de PET dans des quantités qui doivent générer un revenu annuel de 150 millions d’euros pour l’entreprise, dont le chiffre d’affaires, pour l’instant en mode start-up, s’est situé à 24.000 euros en 2023.
Une partie de la production devrait rejoindre les sites allemand et hollandais d’Indorama Ventures, l’un des leaders mondiaux dans la production de PET, avec lequel Carbios finalise un accord. Le partenariat entre les deux entreprises s’est déjà traduit par le fait que l’installation de biorecyclage s’implante à Longlaville sur le site d’une usine de ce groupe thaïlandais, spécialisée dans la production de fibres PET pour l’industrie des pneumatiques.
Première usine d’une longue série
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Trois atouts jouent en faveur de la technologie enzymatique de Carbios. Elle permet de traiter « des déchets de qualité très médiocre » argumente son directeur général tout en atteignant un taux de recyclage de 90%, avec au final 51% d’émissions de CO2 en moins par rapport à la production de PET vierge d’origine fossile, selon la méthode d’analyse du cycle de vie de l’Ademe.
L’unité lorraine sera en mesure de traiter 50.000 tonnes par an. Dans le détail, Carbios compte minimiser les approvisionnements en bouteilles PET, des résidus dont la collecte est industrialisée en France depuis les années 1990 et qui sont largement recyclés par voie mécanique. Les textiles en polyester ainsi que les déchets plus complexes, à l’instar des pots et barquettes multicouches, colorés ou opaques en PET, constitueraient davantage sa cible, car ils ne sont actuellement pas ou peu triés. Des accords ont d’ores et déjà été signés avec Citeo, l’éco-organisme en charge de la filière des emballages ménagers en France et l’Allemand Landbell, opérateur pour le compte de plus de 40 organisations de responsabilité des producteurs.
« Longlaville est la première d’une longue série d’usines de biorecyclage du PET que nous comptons construire en Europe et dans le monde, par nos propres moyens ou en commercialisant notre technologie sous forme de contrats de licence auprès d’acteurs de la chimie, de la gestion des déchets, etc. », résume Emmanuel Ladent. En parallèle, ses équipes de recherche et développement œuvrent à adapter la technologie à d’autres familles de plastiques.
Avec 84% de capital flottant, Carbios a comme actionnaire de référence le groupe L’Oréal qui détient 5,6% des actions de l’entreprise via son fonds d’investissement Bold. En 2021, le géant français des cosmétiques a fabriqué un flacon de lait solaire à partir de PET bio-ecyclé par Carbios. Les produits de ses gammes sont déjà composés à 85% en PET issu du recyclage mécanique, mais ce seuil demeurerait difficile à dépasser pour des questions d’aspect et de caractéristiques techniques.
Le groupe compte atteindre les 100% pour sa marque Biotherm en 2026 grâce à la mise en service de l’usine de Longlaville. Avant cette échéance, une présérie de 50.000 flacons devrait être fabriquée en 2025 à partir de monomères fournis par le démonstrateur de Carbios installé à Clermont-Ferrand.















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