Nous vous souhaitons d'avoir passé de belles fêtes et profité d'un repos bienfaiteur au terme d'une année 2023 sans doute intense. Nous vous retrouverons dès demain pour de nouvelles actualités économiques de 2024. En attendant, nous vous proposons de revenir sur quelques informations marquantes depuis deux mois dans les entreprises de Bourgogne-Franche-Comté et du Grand Est. Aujourd'hui : Oncodesign Precision Medicine. Le laboratoire pharmaceutique dijonnais de médecine de précision contre les maladies inflammatoires et le cancer a engagé les études cliniques de sa première solution thérapeutique. Il s'est créé fin 2022 après scission des activités de services d'Oncodesign.


ARTICLE DÉJÀ PUBLIÉ LE 7 DECEMBRE 2023. C’était son rêve, dès le départ de l’aventure Oncodesign en 1995 : découvrir un jour de nouvelles thérapies pour lutter contre le cancer.
Philippe Genne, fondateur et président-directeur général d’Oncodesign Precision Medicine (OPM), peut à présent afficher un large sourire : le premier candidat-médicament né des recherches de la société dijonnaise est entré en développement clinique, ainsi qu'annoncé le mardi 5 décembre.

OPM 101, son nom de code, est engagé en « phase 1 volontaires sains » depuis le mois de février dernier. La première administration, chez huit personnes, s’est bien passée et le deuxième palier d’étude s'amorce, ses premiers résultats sont attendus au deuxième trimestre 2024.

Le candidat-médicament est un inhibiteur de kinases : sa mission consiste à « désarmer » ces enzymes qui peuvent causer le développement de cancers lorsqu’elles sont dérégulées. « Avec OPM 101, nous ciblons la kinase RIPK2, peu étudiée mais dont nous avons prouvé qu’elle jouait un rôle important dans l’inflammation et le cancer, ce dernier ayant une composante inflammatoire importante », explique Philippe Genne. Prochaine étape : l'administration à des patients, en vue de traiter les très douloureuses inflammations du côlon contre lesquelles les traitements actuels ne répondent qu’imparfaitement.

 

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En organisant une conférence de presse à Paris le 5 décembre dernier, Philippe Genne et ses deux associés, Jan Hoflak, directeur scientifique, et Karine Lignel, directrice des opérations, ont tenu à rassurer le monde économique dans son ensemble et les actionnaires d'OPM en particulier : née fin novembre 2022 de la scission des activités de services et de recherche d’Oncodesign, la nouvelle entité n’a pas chômé en 2023.

Il y a un an, en effet, naissaient Oncodesign Services d'une part, qui a depuis quitté la bourse après une offre publique d’achat d'un fonds du groupe Edmond de Rothschild, et OPM d'autre part, qui s’est cotée sur Euronext. Les deux entreprises sont voisines : Oncodesign Precision Medicine s’est construit son nouveau siège social juste à côté du bâtiment historique abritant les équipements d’imagerie, dans le technopôle Mazen-Sully à Dijon. Elle emploie 22 collaborateurs (de 7 nationalités différentes, précise Philippe Genne), dont 11 docteurs.

En quelques mois, cette « start-up qui a tout d’une grande », selon la description de son dirigeant, a collecté pas moins de 21 millions d’€ ; la dernière opération, remarquée, lui a permis de décrocher 6 millions d’€ d’emprunts bancaires, une somme rarement accordée à des entreprises de cette taille, « ce qui atteste de la confiance que nous inspirons », estime le P-DG. Le modèle économique de l’entreprise est assis. La trésorerie d’OPM se montait à 13,35 millions d’€ fin octobre, dans un secteur d’activité gourmand en fonds et qui reste soumis à un calendrier sur le temps long : en dix ans, 65 millions d’€ ont été investis dans les projets de recherche.

 

Un partenariat avec Servier pour un projet de plus de 300 millions d'€

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La jeune biotech fait appel à plusieurs plateformes technologiques et à l'intelligence artificielle pour avancer dans ses recherches.

 

En 2023, Oncodesign Precision Medicine s’est donc mise en ordre de marche, structurant ses équipes et surtout les plateformes technologiques (Nanocyclix, Oncosniper, et plus récemment Promethe) de détection de nouvelles cibles thérapeutiques et de production de médecine de précision, sur lesquelles elle va appuyer son développement, en tant que « pure player » biopharmaceutique.

OPM 101 et sa petite sœur OPM 102, qui entre en phase préclinique, en sont les produits. Mais le laboratoire dijonnais a également lancé un autre programme baptisé OPM 201, développé par le groupe Servier pour des patients atteints de la maladie de Parkinson – un projet d'un montant de 310 millions d’€, actuellement en phase clinique, dont  les premières conclusions sont attendues courant 2025.

 

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Un autre sujet commun avec le laboratoire français nourrit de grands espoirs, sur le traitement du cancer du pancréas. Quant à Promethe, il s'agit d'un projet de pharmacoimagerie né dans le prolongement de Pharmimage, cluster dijonnais d'étude par imagerie de l’efficacité des traitements anticancéreux, « que nous mettons en oeuvre ici, en Bourgogne-Franche-Comté », souligne Philippe Genne.
 

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Philippe Genne concrétise son rêve de mise au point de solutions de lutte contre les cancers
qui a été le vecteur de sa fondation d'Oncodesign en 1995.


L'entreprise, par ailleurs engagée dans le pôle de compétitivité parisien Medicen, n’a pas tourné le dos à sa terre historique. Ni à sa stratégie de conclusion de partenariats aussi bien avec les acteurs privés (Ipsen, Sanofi, Sengine, Bristol-Myers Squibb, UCB…) qu’avec les académiques. « Nous avons déposé quatre dossiers pour des financements publics de projets de recherche, explique le dirigeant d’OPM. Deux ont d’ores et déjà été retenus, pour un montant total de 11 millions d’€, l’un dans le cadre d’un appel à projets de Bpifrance, et l’autre au titre du fonds européen Feder. » L'année 2024 s'annonce ainsi tout aussi intense pour le nouvel acteur des biotechs.

Photos fournies par l'entreprise

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