Elle conçoit des machines de rivetage pour une clientèle internationale. Société familiale de plus de 100 ans d'âge, Guillemin a su conforter son expertise au fil de sa longue histoire, pour répondre aux demandes de plus en plus précises de ses clients. Avec un chiffre d’affaires annuel de 5 millions d’euros, elle gère aujourd’hui une production maîtrisée, dans le but de concilier à la fois le bien-être de ses salariés…et de leurs machines.


C’est un marché de niche. L’entreprise Guillemin basée à Longvic (Côte-d'Or) près de Dijon, est spécialisée dans l’assemblage automatisé de composants et dans le rivetage. Elle intervient en particulier dans l’aéronautique pour produire des machines de rivetage et de dérivetage des freins d’avions mais aussi des petits roulements de la fusée Ariane.

On retrouve ses équipements dans l’assemblage d’échelles, de disjoncteurs, de fixations de ski, de crochets des mousquetons ou de pinces médicales, ainsi que dans les composants de l’industrie automobile.. La longueur des machines conçues varie suivant les éléments à assembler, elle peut aller jusqu’à 20 mètres.

La PME dijonnaise fabrique peu de grosses machines mais préfère travailler à son rythme de sorte à s’assurer d’une qualité optimale pour le client. Situé à 5 millions d’euros en 2024, son chiffre d’affaires provient pour près de la moitié de contrats à l’étranger. L’année dernière, Guillemin s’est dotée d’un laboratoire d’essais un espace utile et elle a investi au cours des deux dernières années dans un espace de banc de test pour contrôler ses procédés mécaniques.

 

G construction

 

L’entreprise conçoit et fabrique ses machines sur demande. Dans certains cas les clients présentent des cahiers des charges précis et connaissent déjà bien au préalable la façon d’assembler leurs pièces, le nombre d’opérateurs nécessaires, etc. Ils viennent alors pour contrôler leur pièce et son état de fonctionnement.

D’autres fois en revanche, leur idée est plus imprécise, elles ne savent pas comment leurs pièces peuvent être assemblées ou alors rencontrent un problème. « Dans ces cas, nous les aidons dans leur conception de pièces à identifier les points importants pour que l’assemblage automatique s’opère facilement. Nous pouvons aller jusqu’à modifier la pièce du client s’il le souhaite » explique Christine Croslyj, présidente de la société. Chaque travail est unique, et même lorsque l’entreprise travaille sur une machine qu’elle connaît, elle va chercher à chaque fois de nouvelles façons d’améliorer son fonctionnement.

 

Interventions sur des machines presque centenaires

atelier montage
Deux bureaux d'études en mécanique et mécanismes assurent la conception mise en oeuvre ensuite dans les ateliers par les monteurs, câbleurs et autres spécialistes de Guillemin.


Cette entreprise de 110 ans d’expérience a toujours cherché la fabrication de machines durables dans le temps. « Certaines fonctionnent toujours ! » souligne la présidente « nous en avons changé une ces dernières semaines en France, elle datait des années 1930. » Parmi les 30 salariés, Guillemin compte un bureau d’études en mécanique et en un autre en mécanismes, ainsi que des monteurs, des câbleurs, des chargés d’affaires et commerciaux, des dessinateurs.

La PME manifeste la volonté de travailler en cohérence, à échelle humaine, en vue d’une meilleure efficacité insiste Christine Croslyj, qui estime que « la machine sera bien faite si l’équipe fonctionne bien. » La dirigeante rapporte la fierté du personnel à fabriquer ces machines et leur ressenti, a contratio, face à des clients peu scrupuleux : « quand ceux-ci n’entretiennent pas les machines, ils en deviennent malades, c’est rageant pour eux. Nous avons connu par le passé un tel client, au point que j’ai interdit à mon commercial de les visiter. C’était des gens maltraitants vis-à-vis de leurs machines, de leurs salariés, et de nous-mêmes aussi par conséquent.»

 

batiment
La société créée par Charles Guillemin en 1911 et reprise dans les années 1970 par Brice Croslyj le père de la dirigeante actuelle est installée à Longvic (Côte-d'Or) en périphérie de Dijon.

 

Histoire de familles, depuis 125 ans

 Christine Croslyj est la fille de Boris qui a racheté l’entreprise dans les années 1970. Celle-ci a été créée par Charles Guillemin en 1911 dans l’assemblage. Pour le compte d’un de ses clients, le fondateur a développé la première machine de rivetage à frappe, qui a rencontré un grand succès. Guillemin est alors passé du statut de sous-traitant à celui de producteur.

Dans les années 1970, son créateur cède l’affaire à Boris Croslyj qui trouve les outils à frappe efficaces mais bruyantes. Le père de Christine décide de construire des machines qu’il nomme «S» comme silencieuses.. Dans les années 1990, les demandes des clients évoluent et font apparaître de nouveaux besoins comme l’automatisation de l’assemblage, le contrôle, le vissage, la pose de graisse. Aujourd’hui, la PME de Longvic continue de s’adapter pour répondre aux besoins de plus en plus précis de ses clients. 


Photos fournies par l'entreprise.

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