Etabli à Marnay, le concepteur et fabricant de machines laser pour l’industrie microtechnique vient de mettre sur le marché une solution de production modulable autonome dotée d’un palettiseur. Laser Cheval a enregistré une forte croissance de son activité depuis ces deux dernières années qui coïncident avec son intégration à Laséa, un groupe belge se revendiquant leader européen du micro-usinage laser.
Vingt-deux ans après, Laser Cheval a connu les honneurs de Micronora, le salon des microtechniques de Besançon. A l’époque, la PME franc-comtoise avait reçu le micron d’or pour Lem, une machine de marquage si compacte qu’on peut la poser sur un établi. Lors de la dernière édition cette fin septembre 2024, c’est une mention spéciale du jury que le concepteur et fabricant de machines laser de haute précision installé à Marnay, en Haute-Saône, a décrochée. Il la doit à sa plus récente nouveauté, Quartz Géode.
Modulable et autonome, cette solution de production est composée de deux éléments. D’une part, une machine Quartz équipée d’une source laser émettant à la nanoseconde ou la femtoseconde (*) pour le micro-usinage, ou bien d’une source continue pour la soudure. D’autre part, un palettiseur Géode disposant de 48 plateaux qui gère les références des pièces chargées. La machine peut ainsi être alimentée de manière automatique pendant la nuit ou durant tout un week-end.
Fruit de deux ans de recherche et développement, cette dernière innovation constitue l’aboutissement d’un processus lancé en 2010 : « Nous avons refondu complètement notre offre, de sorte à créer une gamme que nous avons voulue modulaire et évolutive sur le principe du ‘’plug and play’’ (**) », retrace Emric Verwaerde, directeur général de la PME de 42 salariés passée dans le giron du groupe belge Laséa en 2022.
Ainsi, les machines sont configurées à partir de quatre châssis de taille différentes. Ces derniers peuvent accueillir diverses sources laser (***) selon les applications envisagées (découpe, soudage, perçage, marquage, gravage, micro-usinage, décor, texturation…) ainsi que des fonctions complémentaires standardisées telles que la vision, l’éclairage et l’optique. L’ensemble étant piloté par le logiciel Lens développé en interne.

« L’objectif consistait à donner à nos clients de la souplesse pour leur permettre de faire évoluer l’outil, tout en réduisant les coûts », poursuit le dirigeant. Il s’agit aussi de répondre aux besoins croissants d’autonomie des systèmes de production, à l’image de Quartz Géode dont les trois premiers exemplaires ont été commandés par des industriels du luxe.
Croissance de 50 % sur deux ans

Regroupant l’horlogerie, la joaillerie, la bijouterie et les accessoires, ce secteur d’activité historique représente aujourd’hui plus de la moitié du chiffre d’affaires de la société. En forte progression – « + 50 % sur deux ans » - celui-ci a atteint près de 9 millions d’euros en 2023. « Nous avons bénéficié de notre positionnement sur des marchés en croissance dans le luxe, le médical et l’électronique », explique Emric Verwaerde. Le dirigeant de Laser Cheval constate toutefois un recul des prises de commandes des horlogers suisses depuis le début de cette année 2024.
Au-delà de ce ralentissement conjoncturel, il est convaincu que le potentiel du laser, encore méconnu et sous-exploité à ses yeux, est parfaitement adapté aux enjeux industriels actuels. « Cette technologie propre consomme très peu d’énergie et ne génère quasiment aucun rejet, souligne Emric Verwaerde. La chaîne de contrôle est numérique, ce qui facilite son intégration dans des process automatisés. Elle coche donc pas mal de cases pour la résolution des problématiques des industriels. »
Si la SA Laser Cheval a été officiellement créée en 1999, ses débuts remontent en fait à 1974. Il y a 50 ans, l’entreprise du Doubs Cheval Frères a vendu à un tiers sa première machine laser pour le perçage des rubis utilisés dans les mouvements de montres. Née des besoins de ce fabricant de composants horlogers, Laser Cheval s’est d’abord installée à Pirey (Doubs), près de Besançon, avant de déménager à Marnay, dans le secteur limitrophe de la Haute-Saône, en 2019.
En août 2022, son propriétaire historique, le groupe IMI, l’a cédée à son concurrent belge Laséa. Cette ancienne start-up fondée par Axel Kupisiewicz, qui en demeure l’actionnaire de référence, revendique le statut de leader européen du micro-usinage laser. Disposant également de filiales à Bordeaux, Bienne (Suisse) et San Diego (Etats-Unis), elle réunit 190 salariés et indique bénéficier de « revenus consolidés supérieurs à 41 millions d’euros. »
À Marnay, les inquiétudes qui étaient nées de ce rachat semblent s’être rapidement dissipées. « Finalement, nos activités se sont révélées complémentaires et nous avons pu conserver notre indépendance commerciale et technique », assure Emric Verwaerde, en poste depuis 2017.

(*) nanoseconde = un milliardième de seconde (10-9) et femtoseconde = 10-15 seconde
(**) que l’on peut traduire par « brancher et utiliser »
(**) laser à onde continue ou sous forme d’impulsion optique d’une durée comprise entre 50 millisecondes et 200 femtosecondes.

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