Le fabricant autrichien qui vient de célébrer le trentième anniversaire de sa présence en France confirme par des investissements et des attributions de capacité la place privilégiée qu’y tiennent ses six usines d’Alsace, de Franche-Comté et de Bourgogne, dans le cadre du nouveau duo qu’il forme avec Terreal.

Solidement ancré en France, Wienerberger, le fabricant de tuiles et briques en terre cuite et leurs accessoires, confirme les régions de l’Est comme ses piliers suite au changement de dimension opéré l’an dernier. En reprenant son concurrent hexagonal Terreal, le fabricant autrichien s’est imposé comme le leader national, aux implantations désormais également réparties sur l’ensemble de la France, à travers 25 sites de production, du Nord à l’Aude et du Maine-et-Loire au Bas-Rhin. Elles emploient 2.300 salariés pour un chiffre d’affaires annuel oscillant entre 550 et 600 millions d’euros.

Avec trois implantations chacune, les régions Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté ne sont plus dominantes en nombre, mais toujours en « statut. » Elles attirent à elles les investissements structurants et les mouvements de capacités. « L’intégration de Terreal s’est accompagnée d’une redéfinition de certaines de nos lignes de production, de façon à rendre notre appareil industriel moins consommateur d’énergie et plus proche des points de livraison », décrit Frédéric Didier, directeur général de Wienerberger France.

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Cette approche a été favorable au coin du pays situé à l’Est. Ainsi, la tuilerie de Seltz (Bas-Rhin) a rapatrié vers elle une ligne de l’Ouest. Dans l’Yonne, l’usine de tuiles de Pontigny, proche du bassin parisien, s’est également renforcée par des productions venues du sud, des unités dans l’Aude.

Pontigny, qui fabrique les tuiles Aléonard utilisées notamment pour les monuments historiques, a également été précurseur pour un autre enjeu majeur : la décarbonation. Ce site a en effet mis en place, depuis l’an dernier, la technologie de la start up Eco-Tech Ceram pour le captage, le stockage et la réutilisation de la chaleur fatale des fours. Les calories excédentaires des six fours intermittents du site s’accumulent dans un système « Eco Stock » conçu pour les restituer au moment opportun aux séchoirs de déshydratation des tuiles. Ceux-ci n’ont alors plus besoin de gaz pour fonctionner.

Wienerberger Pontigny recup chaleur

L'usine de tuiles Aleonard à Pontigny (Yonne) se situe à l'avant-garde de la décarbonation avec son système de récupération de chaleur fatale mis en service en 2024.


Quant au site régional hérité de Terreal, Chagny (Saône-et-Loire),  il est doté depuis trois ans d’un échangeur thermique récupérant l’énergie du four pour les transférer dans le broyeur de l’argile, un investissement qui s’était alors élevé à 2 millions d’euros. « Ce site bénéficie d’une localisation idéale pour nous, en porte d’entrée vers Lyon. Et il possède l’atout de deux unités complémentaires : l’une pour le marché  du neuf, l’autre pour la rénovation », poursuit le dirigeant français du groupe autrichien. Il traverse, dès lors, des situations diverses en ce moment où la construction neuve atteint des points bas (« on construit 250.000 logements aujourd’hui en France alors qu’il en faudrait 450.000 », déplore le fabricant),  à l’inverse des réhabilitations en vogue.

Atteindre la neutralité carbone en 2050 

Wienerberger briques precuisson
A Achenheim, les briques façonnées à partir de marne et de loess sont précuites.
Wienerberger briques postcuisson
Puis en sortie du four qui les a portées à une température de 880 degrés, elles prennent leur forme définitive.


La chasse au C02 est bien engagée
, en tout cas. « Nous nous situons sur la trajectoire fixée, pour le groupe et notre filiale, de réduction de 25 % des émissions en 2026 par rapport à 2020 (*), puis de 40 % en 2030 en vue de la neutralité carbone en 2050 », a rappelé Frédéric Didier, ce 9 juillet lors de la célébration des 30 ans de présence tricolore de Wienerberger. Cet anniversaire a été organisé à Achenheim, le village bas-rhinois près de Strasbourg où l’histoire française du puissant groupe autrichien (20.000 salariés, chiffre d’affaires de 4,5 milliards d’euros) a commencé, par le rachat du producteur alsacien Sturm. Wienerberger a rejoint un long passé, l’unité de briques voisine de Betschdorf (Bas-Rhin) qui était comprise dans cette transaction fondatrice, remonte par exemple au XVIème siècle ! Pontigny, elle, date de 1872.

Achenheim fait cohabiter opérateurs et cadres dirigeants sur un emplacement commun au siège France et à la briqueterie.  Celle-ci dévoile une diversité atypique. « Elle cumule 60 références de briques pleines et creuses (d’une production totale de 170.000 tonnes/an) pour tous usages du bâtiment, un sur-mesure qu’on ne retrouve nulle part ailleurs », relate Xavier Bonmarchand, ingénieur process. « Cœur du réacteur », piloté par un système du Bourguignon Cleia qui en constitue un spécialiste mondial, le four au gaz de 180 mètres de long est reparti pour de longues années grâce à sa rénovation partielle (les deux-tiers) pour 5 millions d’euros en 2016.

 

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Cette enveloppe fut une - petite partie – de l’effort consacré à la France, que le président-directeur général  de Wienerberger Heimo Scheuch chiffre à « plus d’un milliard d’euros d’investissements » en trente ans. Il va se poursuivre, à hauteur de « plusieurs centaines de millions d’euros » jusqu’en 2030, en premier lieu pour les besoins de la décarbonation.  

Une présence complète en France  

Devenu le deuxième marché en importance de Wienerberger derrière les Etats-Unis, la France concentre un appareil industriel dense du spécialiste autrichien de la terre cuite. Les usines de briques se situent en Alsace à Achenheim et Betschdorf, ainsi qu’à Pont-de-Vaux (Ain), Fines-lèz-Raches (Nord), Durtal (Maine-et-Loire), Chasseneuil (Charente), Colomiers (Haute-Garonne), Lasbordes (Aude), Rieussec/Saint-Amans-Soult dans le Tarn.
Les tuileries sont localisées à Seltz (Bas-Rhin), Lantenne-Vertière (Doubs), Pontigny (Yonne), Chagny (Saône-et-Loire) aux Mureaux en région parisienne, à Bavent (Calvados), Roumazières (Charente), Montpon (Dordogne), Labastide d’Anjou, Saint-Martin et Castelnaudary dans l’Aude. Deux unités d’accessoires complètent le panorama à Genay (Rhône) et Mazamet (Tarn). Lantenne-Vertière abrite également l’un des deux centres français de recherche-développement.      

(*) sur les scopes 1 ( émissions directes de gaz à effet de serre) et 2, relatif aux émissions liées à la consommation d’électricité    

Photos fournies par l'entreprise 

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